Seule la terre : un Brokeback moutain rural [Critique]

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Une romance gay fiévreuse doublée d'une auscultation mélancolique de la jeunesse paysanne. 

Johnny se biture tous les soirs dans le pub de son petit village natal du Yorkshire pour oublier son quotidien morne de fils de fermier. Nettoyer l'étable, aider les moutons à mettre bas, s'occuper de la grange, réparer les enclos des bêtes... Autant de tâches difficiles et ingrates que le jeune homme ponctue à coup de pintes de Bombardier et de shots de Saint George. Sa vie bascule le jour où débarque Gheorghe, un immigré roumain engagé par son père pour l'aider à la ferme.

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Ang Lee meets Ken Loach
Seule la Terre vaut mieux que son postulat de départ labellisé Brokeback Mountain britannique. Certes, une romance homosexuelle fiévreuse plante ici aussi son décor dans une nature sauvage, loin de tout regard. Mais le long-métrage de Francis Lee scrute encore plus l'ennui d'une jeunesse grandie dans des patelins de cent habitants et le poids de la responsabilité familiale qui tombe sur les épaules des descendants d'exploitants agricoles. Une fatalité professionnelle qui fait partir en fumée les rêves de ces adolescents devenus trop vite des adultes. Il y a forcément du Ken Loach dans cette approche du monde prolétaire, mais où les briques rouges des maisons ouvrières et les reflets d'acier des usines auraient été remplacés par l'immensité verdoyante des collines déchirant le ciel brumeux. Un havre de paix où l’amour résonne en écho, parfois dans une bicoque décharnée, parfois autour d'un feu improvisé en plein milieu d'une plaine fantomatique. Ce minimalisme champêtre enveloppe de son écrin cotonneux cette puissante romance passionnelle qui est aussi la promesse d'une vie meilleure. 


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