• Cinéma
  • News
  • Sorties cinéma
  • Horaires et salles
  • Bandes-annonces
  • Prochainement
  • Top cinéma
  • Galeries photos
  • Dossiers
  • Glamorama

Sarah Kazemy : en Iran, le mensonge "est un mode de survie"

10/02/2012 - 16h15
  • 19
Sarah Kazemy : en Iran, le mensonge "est un mode de survie" © Abaca

L'actrice d'En secret, histoire d'amour entre deux filles dans le Téhéran actuel, raconte un tournage mouvementé et la schizophrénie iranienne.

Premier long de l'américano-iranienne Maryam Keshavarz, Prix du Public à Sundance 2011, En Secret est sur nos écrans depuis mercredi : l'histoire de l'amitié amoureuse entre deux amies dans le Téhéran d'aujourd'hui. Entre la stricte vie publique et les fêtes clandestines, entre le confort de la famille et l'oppression des mollahs, les sentiments entre Atefeh (Nikohl Boosheri) et Shirin (Sarah Kazemy) vont être mis à l'épreuve lorsque le frère d'Atefeh se met à devenir membre de la police des moeurs. Premier rôle au cinéma pour Sarah Kazemy, franco-iranienne de 24 ans, elle nous raconte le tournage camouflé et les nécessités du mensonge dans l'Iran d'aujourd'hui.

Propos recueillis par Sylvestre Picard.


En secret raconte l'amour entre deux filles dans l'Iran d'aujourd'hui : on imagine que le tournage n'a pas dû être de tout repos.

En fait, nous n'avons pas tourné en Iran, mais au Liban. Ca s'est bien passé, mais ça s'est fait difficilement. Les relations entre le Liban et l'Iran ont toujours été difficiles. Ce qui posait problème, c'est qu'on racontait l'histoire de deux Iraniennes : la même histoire avec deux Suédoises, ça serait passé tout seul. Même si l'homosexualité n'est pas tolérée au Liban.


Comment avez-vous pu tourner, alors ?

Maryam Keshavarz, la réalisatrice, a dû faire un faux scénario, un script bidon de quatorze pages qui racontait la même histoire mais sans drogues, sans homosexualité, sans rien en fait. Une histoire d'amitié banale. On a eu les autorisations, mais on tournait dans la peur de se faire attraper. Beaucoup de quartiers sont sur écoute. La police est d'ailleurs venue deux fois sur le tournage, aux moments les plus gênants : la scène de fantasme où Atefeh s'imagine avec Shirin, avec son décor un peu glam, ils ont cru qu'on tournait un film porno. L'autre fois pendant le doublage de Sex And The City : comme on était sur écoute et que, dans cette scène, on imite des bruits de jouissance, ils ont débarqué assez vite.


Vous avez dû improviser ?

Forcément. On tournait en pellicule, en une seule prise : la seule exception, c'était quand il y avait un cheveu sur la caméra. Là, on devait refaire la scène. Mais c'était tout. Même les scènes de séduction entre Nikohl et moi ont été faites en one shot. D'autant que je ne suis pas une comédienne de formation : j'ai étudié la littérature moderne avant de faire du droit. Maryam ne recherchait pas de comédiens confirmés, c'était un casting un peu sauvage.


Cette histoire de faux scénario fait écho au thème du film, un amour secret épié par la société.

C'est une mise en exergue des faux semblants, des mensonges. Ca en devient de la schizophrénie. En Iran, le mensonge est un mode de survie, c'est naturel.  A l'école, si on nous demande si nos parents ne boivent pas d'alcool et font bien la prière, on répond par réflexe que oui, ils ne boivent pas, et oui, ils sont religieux. On n'a même pas l'impression de mentir. Dans un pays "normal", comme la France, les parents apprennent à leurs enfants à dire la vérité. En Iran, les parents apprennent à leurs enfants à mentir, ou plutôt à composer. On leur inculque tout ça très tôt :  je fais une généralité, mais c'est peut-être pour cela que les Iraniens sont très intelligents, il y a une grande finesse dans leur façon de penser.


Vous parlez de mensonge, de double discours, même de doublage de films : le thème du double, de la dualité, revient sans cesse dans En secret.

Tout à fait. La musique fait écho à ce thème, par exemple : il y a des chants traditionnels, du rap iranien, Beethoven, Bach... Nikohl a grandi au Canada, Maryam et moi avons une double nationalité. Il y a les racines, et le regard porté vers l'Occident. Ma mère est française, mon père est iranien. Elle a grandi à New York. Moi, j'y allais pour les vacances d'été. On a le même regard des Iraniens issus de la diaspora, un regard élevé ailleurs mais qui a été bercé par la culture iranienne.


Comme c'est un film situé en Iran, on s'attend à un message politique. Votre personnage déclare pourtant "l'activité politique n'a rien de si romantique..."

J'essaye de détacher l'histoire de l'Iran. Ca se déroule dans un contexte oppressif, certes, mais qui pourrait se retrouver n'importe où. Evidemment, il devient politique quand on le confronte à son décor, mais ce n'est pas un documentaire : le décor vient donner un ton, mais ne définit pas le sujet. En Iran, tous les aspects de la vie quotidienne des gens deviennent politiques parce qu'ils sont réglementés par cette politique oppressive. Donc forcément, sans le vouloir, le film devient politique. En faisant ce film, nous nous sommes engagées car nous ne pouvons plus retourner en Iran. Là-bas, il y a d'ailleurs peu de tournages clandestins, car le risque est vraiment trop grand : tourner un film, c'est risquer sa vie.


Bande-annonce de En secret, qui sort aujourd'hui en salles :

 
En savoir plus
En secret
  • La fiche film de En secret
  • Toutes les news de En secret
  • OK
Ils ont aimé
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
Je prends mon courage à 2 mains et vous remercie d’avance de ne plus utiliser le mot schizophrénie à mauvais escient. En tant que maman d’un jeune schizophrène de 24 ans, je tiens à vous signaler que cette très grave maladie mentale n’est pas un dédoublement de la personnalité . Chaque fois que je lis des personnes aussi cultivées et intelligentes que vous employer le mot « schizophrénie » dans un contexte négatif et inapproprié, je me rends compte combien il est difficile de se battre contre la stigmatisation de cette terrible maladie.
  • 4
  • 0
Anonyme | le 11/02/2012 à 01h43 | Signaler un abus
Votre réponse...
j'ai vu le film: nul pour moi! pas aimé, pas realiste, accent bidon des acteurs, on voit que la realisatrice ne connait l'Iran qu'a travers ses vacances qu'elle a passé en tant qu'americaine d'origine iranienne...enfin le theme est certes courageux, mais vraiment je n'en ressors pas du tout avec une bonne impression!
  • 3
  • 0
Anonyme | le 11/02/2012 à 21h21 | Signaler un abus
Votre réponse...
"On a le même regard des Iraniens issus de la diaspora, un regard élevé ailleurs mais qui a été bercé par la culture iranienne." je capte pas trop le delire là, donc si j'essaye de comprendre la nana ne connait pas l'Iran, elle a juste un regard etranger de nana qui a vecu en France et passe un été las bas, et elle se permet de se dire qu'elle peut mieux comprendre ELLE?? Tout comme la realisatrice d'ailleurs! de toute façon ça se voit dans le film, film irrealiste! Okay denoncer c'est bien, mais ne pas raconter n'importe quoi. Surtout que les valeurs proner dans le film ne sont pas du tout els meilleurs: drogue, alcool...okay deux lesbiennes, c'est bien, mais a part ça le vide.
  • 1
  • 0
Anonyme | le 10/02/2012 à 21h25 | Signaler un abus
Votre réponse...
mais non bien sur là bas , comme ailleurs ou comme ici, tout le monde est gentil , les gens sont tous des bisounours qui ne prennent pas d'alcool, qui ne se droguent pas , qui ne sont pas violents et qui sont tous parfaitement "tolérant " face à l'homosexualité.... ou sans aller aussi loin face à toute forme d'altérité. hum hum il y a beaucoup de réalité en ce monde et celle qui je viens de décrire et à laquelle vous semblez très attaché camarades anonymes , n'est qu'une infime partie du monde réel , si toute fois elle existe. ce film est un film et pas un documentaire ! Il met l'accent sur une des réalités sociales humaines mais en le romançant .... sachant ça je n'arrive vraiment pas à trouver un sens à vos commentaires . la critique est une bonne chose lorsque qu'elle est réfléchie et constructive
  • 0
  • 0
Anonyme | le 21/05/2012 à 02h41 | Signaler un abus
Votre réponse...
Encore un film destiné à faire passer les musulmans pour des sauvages monstrueux ! Et je suis d'accord avec 20h14 !
  • 0
  • 0
Anonyme | le 10/02/2012 à 22h38 | Signaler un abus
Votre réponse...
J'ai remarqué moi-même que certains de mes coms ne passent pas tous également.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 10/02/2012 à 21h11 | Signaler un abus
Votre réponse...
Sarah Kazemy n'apprecierait elle pas que la verité soit dite en ce qui la concerne? Pathetique.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 10/02/2012 à 20h45 | Signaler un abus
Votre réponse...
@20H06 tu es une des personnes ayant posté un com' au debut ou pas?
  • 0
  • 0
Anonyme | le 10/02/2012 à 20h34 | Signaler un abus
Votre réponse...
Dommage j'avais lu des commentaires très interressant sur l'actrice elle même et le film, mais on se croirait dans un site totalitaire, il faut assumer un peu, si c'est ça j'irai lire autre part, on ne peut même pas debattre, même pas discuter, la seule chose qui reste c'est les commentaires se demandant ou sont passé leur commentaires precedent.
  • 0
  • 0
atis222 | le 10/02/2012 à 20h27 | Signaler un abus
Votre réponse...
effectivement AUCUN commentaire n'etait raciste, de ce que j'ai pu lire il n'y avait que des commentaires parlant du film qui ne plaisait pas ou qui ne refletait pas la realité, ou de l'actrice elle même. Bizarrement quand on critique une autre actrice de tous les noms, les com' ne sont pas retiré, mais là juste deux petite critiques ou realité sur l'actrice et le film et tout est effacé, alors si comme ça été dit avant ce sont les lecteurs qui signale, c'est que en effet Kazemy n'apprecie peut etre pas ce qu'on dit sur le film vu qu'elle debute a peine sans être connu;ça ne m'etonnerai pas que elle ou un de ses collegues n'apprecient pas les commentaires qu'ils lisent.
  • 0
  • 0
atis222 | le 10/02/2012 à 20h22 | Signaler un abus
Votre réponse...
Cannes live !
  • Reese Witherspoon, enceinte et canon 27/05/2012 - 12h58
  • R. Witherspoon reine du red carpet 27/05/2012 - 11h22
  • A Cannes aujourd’hui : hommage exceptionnel au cinéaste Claude Miller, best-of et palmarès Programme du jour à Cannes 27/05/2012 - 10h04
  • Il faut sauver le soldat BHL 27/05/2012 - 09h39
  • VIDEOS - Le Best Of de Cannes 2012 en 120 secondes Cannes 2012 en 120 secondes 26/05/2012 - 21h27
> Tout le Festival de Cannes