Rencontres du troisième type a 40 ans : 5 choses à savoir sur le classique de Spielberg

Rencontres du troisième type

Retour sur le plus grand film de Steven Spielberg.

Rencontres du troisième type fête les 40 ans de sa sortie américaine, et il demeure quatre décennies plus tard une des œuvres les plus importantes de la filmographie de Spielberg, qui s'est entouré des meilleurs pour ce projet démesuré : Vilmos Zigmund à la photographie, John Williams à la bande-son et Douglas Trumbull (2001 : l'odysée de l'espace) aux effets spéciaux. Sans oublier le casting qui réunit Richard Dreyfuss et François Truffaut. Sony Pictures en a profité pour ressortir cette année Rencontres... en 4K et Ultra HD, dans diverses éditions, dont un superbe coffret collector qui s'éclaire et joue la musique du film !

Rencontre troisième type - édition 40e anniversaire

Les films de Steven Spielberg classés du pire au meilleur

Pour l’occasion, on s’est replongés dans le grand entretien que nous avait accordé le cinéaste, en 1986, où il revenait longuement sur la genèse et le succès de ce monument du cinéma SF. Morceaux choisis :

Spielberg a refusé que Schrader soit crédité

Rencontres du troisième type est au départ un scénario de Paul Schrader, un cador du genre à qui l’on doit notamment Taxi Driver. Son travail n’a pourtant pas impressionné Spielberg, bien au contraire.

"Sans être insultant pour Paul [Schrader], je ne sais pas si on pouvait appeler ça un scénario !", lâchait Spielberg à Première en 1986. "Paul, de son côté, et sans que je m’en mêle du tout, avait en effet écrit un texte intitulé "Skywatch" ou quelque chose comme ça… C’était l’histoire d’un officier de police, très catholique, qui faisait ses adieux à la vie et à ses amis, persuadé qu’il allait être, un jour, enlevé par un ovni et emmené dans l’espace… Il y avait deux cinquante pages qui tenaient plus du roman que du scénario. Je n’en ai pas voulu et ces pages n’ont vraiment aucune ressemblance avec mon travail sur Rencontres…

Ce scénario de Paul Schrader était aussi différent, si vous voulez, que La fièvre du corps de Lawrence Kasdan peut l’être de La guerre des étoiles de George Lucas ! Aussi ai-je été surpris quand Paul a exigé d’être crédité au générique comme scénariste et qu’il a fait appel à la Guilde des écrivains pour l’obtenir. Mais la Guilde qui a lu nos deux scénarios n’a pas retenu sa plainte et m’a accordé, à moi seul, le crédit de scénariste. Cela m’a fait extrêmement plaisir car dans les litiges opposant écrivains et réalisateurs, ce n’est pas toujours aussi fréquent."

 

Spielberg a eu un mal fou à boucler le scénario

Conséquence du désaccord avec Schrader, Spielberg s’est retrouvé seul à l’écriture du film, qui fut pour lui la partie la plus compliquée du projet :

"L’écriture du scénario a été la chose la plus éprouvante, parce que je l’ai écrit seul et que je n’en ai pas l’habitude. Je préfère travailler avec quelqu’un qui me renvoie la balle, avec qui c’est stimulant d’échanger des idées, de confronter ses propres idées… J’ai écrit Rencontres… seul, cinq nuits par semaine, de minuit à six heures du matin, pendant quasiment un an. J’ai écrit, écrit, réécrit, réécrit encore…"

 

Spielberg n’osait pas contacter Truffaut

Le célèbre réalisateur François Truffaut incarne Claude Lacombe, un scientifique français, dans Rencontres du troisième type, mais il a failli ne jamais apparaître dans le film car Spielberg était persuadé qu’il essuierait un refus !  

Rencontres du troisième type

"En fait j’avais écrit le rôle pour Truffaut mais j’étais sûr qu’il dirait non… sans même lui donner une chance de me le dire. J’en étais tellement persuadé que j’ai offert le rôle à Lino Ventura, Yves Montand… à travers leurs agents, sans les rencontrer. Puis j’ai rencontré Depardieu, Philippe Noiret, Michel Piccoli. J’ai quand même demandé son numéro de téléphone à un ami. Il savait qui j’étais parce ce qu’il avait aimé Duel. Nous avons commencé à parler, avec un interprète, et je n’aurais jamais osé espérer ce qui a suivi. Il m’a demandé de lui envoyer le script très vite et m’a dit qu’il lui tardait vraiment de le lire. Une semaine après que je lui aie fait parvenir le scénario, il a envoyé un télégramme à la productrice du film, Julia Philipps, en lui disant : ‘Suis intéressé par le film. Quand commence-t-on ?’"

 

Spielberg et Lucas avaient passé un deal

Rencontres du troisième type est sorti aux Etats-Unis en 1977, six mois après La Guerre des étoiles, mais la concurrence a bien évidemment été saine au nom de l’amitié entre Steven Spielberg et George Lucas. Les deux cinéastes, qui ne s’attendaient pas à rencontrer un grand succès avec leurs films respectifs, avaient même trouvés un accord pour amortir un éventuel échec au box-office.

"Il y a toujours eu une concurrence amicale entre les équipes techniques de Rencontres… et La guerre des étoiles. On comptait même les nombres de séquences de d’effets spéciaux qu’on avait les uns les autres ! Mais, franchement, ni George ni moi n’étions vraiment sûrs de nos films et de leur succès potentiel. George pensait que son film allait rapporter quinze millions de dollars à travers le monde et c’est tout ! On était si peu sûrs de ce qu’on faisait que nous avions pris des parts, réciproquement, chacun dans le film de l’autre. Avec mes parts dans La guerre des étoiles, j’ai d’ailleurs gagné plus d’argent que George avec les siennes dans Rencontres… [rires]"

S’il a évidemment bien moins performé que le premier Star Wars, Rencontres du troisième type connu un franc succès au box-office, avec 300 millions de dollars de recette pour un budget de 20 millions.

 

Pourquoi il y a deux versions

Deux ans après la sortie du film, Spielberg se lança dans un nouveau montage de Rencontres… Et pour cause. Le metteur en scène n’assumait pas la première version du film, qu’il avait livré sous la pression du studio.

"Columbia allait mal financièrement et attendait impatiemment la sortie du film, on m’avait pressé de le terminé à une date bien précise. Du coup, j’avais dû faire beaucoup de compromis dans la salle de montage. J’avais alors le sentiment que ce n’était pas le film que j’avais voulu. Après les succès du film, j’ai demandé à Columbia de me laisser le remonter et d’en faire MON film, et de me laisser retourner quelques scènes du scénario original que je n’avais pas eu le temps ni l’argent de tourner à l’époque, parce qu’on m’avait coupé les vivres. Ils m’ont laissé faire et c’était amusant…

 


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