REVIEW - Reality : le triomphe de l'art dans un monde de (télé)réalité

19/05/2012 - 18h02
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Notre critique de Reality, le film de Matteo Garrone présenté hier en Compétition à Cannes.

Le Pitch : Luciano est un jeune poissonnier napolitain qui n’a qu’une obsession : remporter le casting d’une téléréalité italienne pour satisfaire ses enfants. Problème, il se prête si bien au jeu que son aventure vire progressivement au drame existentiel.
 
Ca vaut quoi ? Dès le début, Reality affiche son ambition : un carrosse tiré par des chevaux galope à travers la campagne napolitaine, s’arrête devant des grilles et pénètre dans la cour d’un château. Problème : l’ensemble est fake et le chateau est en fait une usine à mariage pathétique. Un conte de fée alors ? Oui, mais moderne, dans la grande tradition de la comédie italienne des 60’s ; une mise en abyme qui mélange l’esthétique MTV et la comedia dell arte (les loufiats en livrée et le chateau en carton pâte) pour devenir une fable acide sur ses contemporains. Avec un sujet didactique très clair : l’illusion et la réalité, le sacré et le profane, l’aliénation mentale et la servitude sociale...

Dans une séquence finale assez balèze, on voit le personnage pénétrer les coulisses du jeu et la folie du héros rejoindre la démence spectaculaire de l'émission. Garrone s’impose donc en héritier de Scarpetta et Filippo. Il manque sans doute un peu de grinçant à sa comédie, un peu de violence sociale aussi (les pauvres sont tous gentils, les bimbos superficielles), mais plus que son sujet - un peu has been (sérieusement, un film sur le loft en 2012 ?) - ce qui frappe, c’est la volonté de Garrone de faire triompher le cinéma à coup d’images et de plans monstrueux (l’introduction et la conclusion notamment), épiques, et d’affirmer la suprématie, dans ce monde de faux semblants, de l’art. L’un des plus beaux travelling du film prend ici tout son sens : quand commence les castings de l’émission, la caméra passe du panneau Cinecitta aux tentes de la production du Loft transalpin installées dans l’ancien studio de cinéma. Toute la nostalgie et l’amertume de Garrone contenu en un seul plan; et sa haine farouche d’un monde clinquant qui a perdu ses repères...
 
La scène : l’introduction qui plante le décor du conte moderne dès le premier traveling sur Naples, ou le travelling de fin dans lequel on voit le héros s’installer confortablement dans une des pièces du loft, trouvant ainsi sa place dans un monde de faux semblant.  
 
GG

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