REVIEW - L'Antisémite : le nanar bien nommé de Dieudonné

10/04/2012 - 17h22
  • Partager sur :
  • 70
REVIEW -  L'Antisémite : le nanar bien nommé de Dieudonné

Alors que la Licra demande déjà son interdiction, zoom sur L’Antisémite, premier film de Dieudonné, aussi mauvais techniquement que problématique idéologiquement.

Tiens le revoilà, lui, le « Banni » du cinéma français. Viré par la porte, il revient par la fenêtre. Depuis une petite semaine, le premier film de Dieudonné se retrouve donc dispo un peu partout sur le net. Son titre : L’Antisémite. Bien, bien, bien… Fort logiquement on a affaire ici à un « nanar de comique télé », qui s’inscrit dans une grande tradition, aux côtés de L’Ame Sœur (de Bigard), T’Aime (De Patrick Sébastien) ou des Cléfs de bagnole (de Baffie). A ceci près que L’Antisémite repousse encore un cran plus loin l’amateurisme technique inhérent au genre, tout en se doublant d’un fond idéologique parfaitement rance.

L'excuse du 25ème degré

Ça commence sur les chapeaux de roues avec une reconstitution façon « actualités Gaumont » de la découverte d’Auschwitz par l’armée US à la fin de la guerre. Séquence où les camps sont finalement représentés comme une succursale du Club Med, et les crematoriums comme les restes d’une énorme barbecue party entre déportés. Trois minutes à peine pour se mettre dans le bain du révisionnisme ambiant, en attendant quelques instants plus tard l’apparition en guest de Robert Faurisson présenté ici comme un sympathique historien incompris. Après ce prologue qui donne le « la », il s’agit de se mettre à raconter une histoire, et non plus de faire n’importe quoi avec la grande, et c’est là que passée l’hallu initiale, les galères commencent pour Dieudonné. Le pitch : poussé par sa femme mourante, un antisémite maladif accepte de se faire psychanalyser par un thérapeute juif. Tout se complique quand on entend le premier « Coupez ! », et que l’argument de base se met à servir de prétexte pour raconter un tournage foireux et apocalyptique.
  
Noyé sous un fatras méta imbitable (film dans le film, virage mockumentary, doppelganger de Dieudo interprété par lui-même, embardées gonzo-trash), L’Antisémite se met à ressembler à une sorte de Ca tourne à Manhattan parasité par des mises en abîme infernales. Naviguant dans un brouillard fictionnel à couper au couteau, le film reste suffisamment opaque pour brandir à chaque débordement l’excuse du 25ème degré. De la mise à distance comme principe de, euh, cinéma. Dès lors tout est possible, comme ce moment où  Alain Soral, toujours au bon endroit au bon moment, débarque dans le rôle d’un producteur juif flanqué d’un imper en cuir - qui évoque immanquablement ceux de la Gestapo - mais siglé ici d’une étoile de David. Qu’est-ce qu’on se marre, bon sang…

Un film inoffensif parce qu'avant tout irregardable

Alors voilà ça distribue les taquets dans tous les coins, pas que pour les juifs du coup, non ça serait dommage, Dieudo en garde un peu sous le coude pour la grande famille du cinéma français et, ce qui dans son esprit équivaut à peu près au même, les pédés de tous horizons. 80 minutes, avec ça pour seul programme, forcément ça tire un poil en longueur. Heureusement tout se finit bien, sur une énorme jam en public où Dieudo et ses copains reprennent le Chaud Cacao d’Annie Cordy (refaçonné ici en « Shoah- nanas ») devant une foule en délire.

Les inévitables procès et demandes d’interdiction du film arrivent déjà - la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme a saisi mardi 10 avril le tribunal de grande instance de Paris pour faire interdire le film au motif qu’il serait « raciste et antisémite » -, ainsi que les inéluctables tweet-clash et autres polémiques 2.0 qui vont généralement de pair avec ce genre de package à la con. Seul hic là-dedans, L’Antisémite est un film absolument inoffensif, parce qu’avant tout irregardable, arythmique, nanardeux tendance interminable (on s’y est repris à cinq fois et deux jours pour en venir à bout). Si c’est de la propagande, alors c’est la plus mal confectionnée de toute l’histoire. Ici on préfère l’envisager comme l’œuvre terminale d’un type complètement cramé, devenu malade à force de tourner en boucle, même plus capable de griffonner une vanne potable sur 90 minutes de show. Pour lui c’est triste ; pour nous, une perte de temps. Circulez y a plus rien à voir.

Romain Thoral

  • 70
Prochainement au cinéma
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
Je ne connaissais pas ce film. Cet article me donne envie de me le procurer! Ceux qui soutiennent la liberté d'expression avec les caricatures de Charlie Hebdo sont les premiers à cracher sur Dieudonné. Le deux poids deux mesures est flagrant! Et dire que tout cela a commencé à partir d'un sketch où il se moquait d'un extrémiste juif !!! Pitoyable...
  • 62
  • 5
Anonyme | le 10/04/2012 à 23h01 | Signaler un abus
Votre réponse...
Romain Thoral, je te connais pas mais t'en a une sacrée grande gueule! il y a un point sur lequel tu as raison, le film n'est pas terrible, c'est vrai. Maintenant essais dont de faire mieux avec moins de 100000€ tu ferais même pas une pub de 3 min alors ferme la un peu ta grande bouche a cracher du venin, tu t'ais renseigné sur le budget? ensuite sur le fait que dieudo est cramé, continue de rêver, il est le plus gros vendeur de billet de spectacle en france...cramé, tu veux dire au sommet!
  • 32
  • 13
Anonyme | le 11/04/2012 à 22h17 | Signaler un abus
Votre réponse...
non messieurs, ce journaliste de première n'est pas un "manipulé des sionistesfrancsmaçonsjuifsextraterrestres" dont même mon ordi est fatigué d'afficher ces complots en pagaille, ceci étant dit parlons du film, car mis à part la propagande quenelliènne dont certains font l'apologie sans voir le film (!! -mais c'est nous les moutons du système hein-!!) ce film est sur la forme une grosse daube, un scénario original mais peu convaincant, des acteurs horriblement mauvais où l'on se sent largué dès le premier "cutcutcut" de la folle producteur (caricature homophobe au passage) le tout sur un fond de propagande antisémite avec des clichés judéo-sionistes qui ressortent des archives du troisième reich...
  • 17
  • 19
Anonyme | le 11/04/2012 à 09h06 | Signaler un abus
Votre réponse...
Il est dommage que comme très souvent, les pseudos journalistes du web critiquent Dieudonné sur la base de "ce qu'on leur a dit" et non, en réfléchissant un minimum. Dieudonné est un humoriste qui a beaucoup de talent, et qui a le cran de critiquer l'un des rares sujets que l'on ne peut critiquer sans être classé comme rasiste.
  • 18
  • 2
Anonyme | le 21/05/2012 à 19h18 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ce critique cinéma a-t-il le choix ? Il sait parfaitement que s'il disait du bien, ou simplement pas trop de mal du film, voire trouvait simplement qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat, il retrouverait ses affaires dans le hall de "Première" Immédiatement. Pas dans deux heures : Immé-dia-te-ment. Avec impossibilité de retrouver un boulot ou que ce soit, même dans une poissonnerie industrielle ou une station de lavage de voiture.
  • 16
  • 3
Anonyme | le 11/04/2012 à 14h17 | Signaler un abus
Votre réponse...
Soyons honnête, je suis aussi un fan de Dieudo, et son film est merdique, point barre. Y'a pas à parler d'quenelle anti-système ou que sais-je, le journaliste ici dis juste une vérité. Ce film n'a aucun intérêt. Contrairement à la majeure partie de ses spectacles. Pour moi c'est une grosse déception.
  • 9
  • 7
Anonyme | le 11/04/2012 à 12h22 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ha oui on voit l'objectivité des sio... euh pardon... journalistes, on dirait A.S Lapix après s'être faite sauter par son sioniste de mari qui lui a commandé d'écrire ce torchon. Sachez monsieur Thoral que dieudonné est bien meilleur dans son métier que vous ne le serez jamais dans le votre et que même après avoir été stigmatisé par vos amis sionistes il est toujours plus populaire et attire plus de monde que vous ou votre torchon pour beaufs incultes. De plus le style d'écriture est vraiment mauvais et pue la mauvaise foi, je faisais mieux au collège personnellement....
  • 11
  • 7
Anonyme | le 29/04/2012 à 11h54 | Signaler un abus
Votre réponse...
Tu vois Monsieur le critique, tu as beau déglingué le film de tous les côtés, il n'en reste pas moins que les commentaires ne vont pas dans ton sens. Tu es affligeant de malhonnêteté. Que tu n aimes pas Dieudonné ok, mais la tu dois juger un film, pas son auteur. Les commentaires montrent que tu te trompent de cible. Le film est nul je te le concède mais restes-en la. Pourquoi verses tu dans la haine gratuite. Que t'a fait cet homme? Penses tu mieux manger demain grâce a ta critique? Celle-ci n est qu une illustration d'un cerveau formaté, preuve d'un amphigourisme suprême. Essaye au moins de comprendre d'ou vient cet homme et détache toi de la mainmise populaire a son sujet. Tu vaux mieux que ça petit critique. Si tu veux le césar de ta discipline, apprends a distinguer analyse objective et rationnelle a adoubement de ceux qui te payent. Releve toi petit, bats toi, montre ce que tu as dans le ventre meme si démaille pole emploi doit t acceuillir. Tu n es qu un critique de cinema, pas l Evangile. Je te souhaite le meilleur petit, un jour tu seras grand. Quand tu liras mon commentaire en buvant ton cafe ce matin, la malbac au bec, tu réfléchiras et te diras que critique et cirque ne forment qu un.
  • 6
  • 4
Anonyme | le 14/04/2012 à 02h29 | Signaler un abus
Votre réponse...
Moi j'ai aimé
  • 11
  • 0
Anonyme | le 12/04/2012 à 12h56 | Signaler un abus
Votre réponse...
Effectivement, le rythme est mal géré et ça rends le film un peu ennuyeux. Reste deux "grands" moments: la scène d'ouverture -la découverte des camps-, et la scène avec Faurrisson: les seules scènes qui n'auraient pu figurer dans un one man show avec le même impact; ces deux scènes qui résument parfaitement les obsessions de DIeudonné, deux scènes qui justifient des poursuites judiciaires. Après tout le provocateur (il n'y a aucune noblesse, aucun prestige dans la provocation rappelons le) cherche avant tout à provoquer, donc autant lui donner la récompense recherché, un procès ! Tant qu'à faire un film, Dieudonné devrait livrer une oeuvre sérieuse et affronter ses obessions sérieusement et cesser de se réfugier derrière l'humour, au moins deviendrait-il un homme. Mais bon, son fond de commerce étant ce qu'il est, il a le troupeau qu'il mérite...
  • 7
  • 13
Anonyme | le 11/04/2012 à 09h32 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ils ont aimé