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REVIEW - Et si Tintin était le chef d'oeuvre de Spielberg ?

13/10/2011 - 09h51
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REVIEW - Et si Tintin était le chef d'oeuvre de Spielberg ?

On nous promettait la révolution Tintin. C'est ce qu'on a vu hier en avant-première. Retour sur un film étourdissant et radical.

Par François Grelet

Ça doit être une question de vitesse. Pourquoi rédiger un texte sur Les aventures de Tintin : le secret de la licorne, quelques heures à peine après la fin de la projo de presse, qui avait lieu ce matin dans un grand cinéma des Champs Elysées ? “Parce que c’est internet, coco, la course aux clics, les twittos sont déja sur le coup, allez, plus vite quoi, balance-la ta critique. 140 signes espace compris, hein”. Pourquoi est-ce aussi compliqué de rédiger un texte sur Le Secret de la licorne quelques heures à peine après la fin de la projo de presse, qui avait lieu ce matin dans un grand cinéma des Champs Elysées ? Là aussi parce que c’est allé un peu trop vite. Ils écrivaient quoi les twittos des 90’s quand ils se sont pris The Blade ou Time And Tide en pleine tronche ?


Balancée comme ça la comparaison peut paraître curieuse, n'empêche le déchaînement créatif ininterrompu et hystérique auquel on assiste durant les 107 minutes du Secret de la licorne, rappelle instantanément que si l’on a longtemps appelé Tsui Hark, “Le Spielberg Chinois”, l’analogie fonctionne désormais dans l’autre sens. Et depuis qu’il a entamé sa mue de cinéaste ouvertement radical (en gros à partir du fabuleux A.I.) Steven Spielberg n’avait jamais osé pousser le bouchon de l’expérimentation furieuse aussi loin.


L’avantage des cinéastes biberonnés au classicisme, c’est que l’expérimental n’est jamais considéré chez eux comme une fin en soi, ou comme un vague écran de fumée chic, (oui, on pense ici très fort au dernier film de Nicolas Winding Refn), mais plutôt une manière élégante de paver la voie du cinéma de demain. S’engouffrant dans la brèche ouverte par James Cameron, Robert Zemeckis, les frères Wachowski, voire David Fincher, Spielberg s’empare de sa caméra virtuelle pour repenser de fond en comble les bases du storytelling à l’ancienne. Les plus beaux moments de son Tintin se situent par là, dans cette manière d’oser des transitions impossibles pour imprimer au récit un dynamisme pétaradant, de réinventer la rythmique binaire du montage alterné pour lui infuser plus de nuances (attention les yeux sur la séquence de flash-back), de penser chaque scène sous le seul angle du morceau bravoure et de mettre à mal l’idée reçue selon laquelle un film se doit de ménager son spectateur avec des moments de flottement, plus communément appelés « respirations ». La bonne blague. Alors ça va vite, très vite, trop vite pour qu’on ait vraiment le temps de tout goûter. Mais suffisamment pour qu’on ait l’envie que le tempo ne baisse jamais.


Restons calme. Du post-cinéma, du sur-cinéma, oui, partout, tous le temps. Mais aussi, lâchons les gros mots, un vrai film d’auteur. Tout est là, à peu près en ordre : la furia destructrice de 1941, les poussées de fièvre fulgurantes du Temple Maudit, les vignettes expressionnistes du Monde Perdu, un générique à la Arrête-moi si tu peux, un clin d’œil tordant aux Dents de la mer… On tombera aussi, inévitablement, sur une refonte - admirable - de Hook, dès lors que l’aventure mettra le cap sur le versant swashbuckler (ou film de pirates). On prend ça pour une piste : comme s’il fallait se venger d’un échec toujours pas digéré, comme si l’on nous glissait en douce que le cinéma d’hier était trop restrictif pour imprimer la toute-puissance de l’imaginaire spielbergien. L’intuition à chaud : on n’est pas forcément sûr de tenir ici le chef d’œuvre de son auteur, mais on se retrouve clairement face à l’expression la plus limpide, la plus évidente, de son cinéma. Parce que la plus libre, jusqu’à présent.


Reste le travail d’adaptation. Là encore, on ne voudrait surtout pas faire en trop, mais sachez qu’il laisse franchement bouche bée, faisant s’entrechoquer trois albums clés de la mythologie avec une fluidité et une liberté de ton sidérantes. Seul hic, les Dupondt, étrangement sous-exploités, jamais très amusants, font un peu pâle figure à l’arrivée, tandis que le charisme phénoménal du Haddock d'Andy Serkis rafle absolument tous les suffrages (il laisse même poindre une étrange mélancolie post-gueule-de-bois le temps d’une scène ou deux). Là encore il faudra revoir le film, s’il se laisse un jour apprivoiser, pour jauger de la pertinence de ses choix dramatiques; saute tout de même yeux une aisance burlesque totale et son équilibre entre virtuosité de la mise en scène et incarnation totale des personnages.

L’ironie là-dedans, c’est que ce triomphe de cinéma ultra-technologique, profondément pionnier, déboulera dans les salles au moment même où l’intelligentsia virtuelle (twittos et blogos) se repaît quasi quotidiennement de sa haine déraisonnée vis-à-vis de la 3D et/ou de la performance capture (voire le traitement honteux réservé aux derniers Zemeckis). En ce sens la réponse de Spielberg est cinglante. Même si il est probable qu’au fond il n’en ait jamais eu rien à foutre. Trop occupé à remodeler notre avenir, à repenser les outils du cinéma, à updater sa grammaire. Cet homme va vite, très vite, trop vite pour le commun des mortels. Qui pourra le suivre désormais ?

 

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COMMENTAIRES
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Je vois vraiment pas où est la prouesse technique dans ce film... De plus le scénario est bien, mais pas assez profond. Finalement on se retrouve devant un Indiana Jones pour enfant, facile d'accès. Faut dire, c'est le principe de Tintin. Mais je ne me souviens pas que ça ressemblait à une telle daube en sauce quand je lisais la Bd qua quand je regardais le film. M'enfin...
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Anonyme | le 10/03/2012 à 03h11 | Signaler un abus
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Il y a une incohérence scénaristique étrange à la fin du Tintin de Spielberg, ce qui est étrange est que personne ne l'est notée ! Le trésor vu dans la séquence historique est identifié comme étant celui du chevalier de Haddock (donc du Roi de France)... cela ne me gêne pas, mais à la fin du film, Haddock s'étonne qu'il n'y ait pas davantage d'or et de pierres précieuses dans le globe... "c'est pourtant bizarre de la part d'un pirate qui a écumé toutes les mers des caraïbes comme vous me l'avez expliqué Tintin" Et ce dernier de lui montrer un rouleau où est indiqué la localisation de la licorne où serait les 400 livres d'or du véritable Trésor de "Rackham le Rouge" (Sic !) Non, mais sans blague !!! Rassembler les trois bédés n'étaient pas une mauvaise idée... mais de là à se tromper dans son propre scénario... je trouve cela pitoyable !
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Anonyme | le 20/11/2011 à 14h01 | Signaler un abus
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Une prouesse technique n'a jamais fait un bon film... Belles images, beaux décors, mais aucune empathie pour les personnages virtuels, un scénario blindé d'incohérences au profit de quelques belles scènes d'action. De l'humour téléguidé et prévisible. Un sous Indiana Jones, décevant...
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Anonyme | le 29/10/2011 à 12h35 | Signaler un abus
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dsl mais il faut sauver le soldat ryan n'est pas un chef d'oeuvre c'est un bon film mais pas un chef d'oeuvre.
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Anonyme | le 24/10/2011 à 19h46 | Signaler un abus
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J'ai été à l'avant première de Tintin samedi en VO avec un brin d'inquiétude en tant que tintinophile...vite levée dès les premières images. Le démarrage en douceur au vieux marché nous plonge rapidement dans l'action. On sent de la part de S. Spielberg un vrai respect de Hergé. Tintin retrouve son métier de reporter et fait souvent penser à Indiana Jones avec Haddock en tant que patriarche hypothétique mais ceci a déjà été dit partout. Haddock nous fait un festival de gags (cela dit, en anglais, ses insultes sont moins comiques). Les décors sont fidèles, les scènes et péripéties nouvellles ne dénotent pas par rapport à celles des albums. Les combats sur la Licorne sont remarquables. A propos des albums, le fait de relier les 3 albums concernés est subtile et le résultat est homogène. C'était bien vu d'exploiter plus le personnage de Sakharine. Enfin, le film 3D avec Motion Capture est un nouvel apport notable de S. Spielberg au cinéma. Je n'emploierai pas le terme de chef-d'oeuvre que je conserve pour la liste de Schindler, et autres soldat Ryan, etc..., mais bon sang ne saurait mentir.
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Anonyme | le 24/10/2011 à 00h14 | Signaler un abus
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@11h04: Si tu veux lire des articles "employant un vrai vocabulaire" de ce qui fait le cinéma lis "MAD MOVIES", "L'ECRAN FANTASTIQUE" ou ( même si je les déteste ) "LES CAHIERS DU CINEMA". Là ça parle cinoche avec une plume, un ton et un point de vue: c'est cela, l' "exercice de critique". Un point de vue de fan, par les fans, pour les fans, par des gens qui connaissent l'histoire, le langage et la technique filmique. "La binéarité d'un montage alterné", non mais si ça c'est pas de la branlette ?!?! Et dernier détail: Arrête de t'exciter mon ami, personne ici ne fait le procès de l' "outil 3D" !!! Personnellement, j'y crois à mort à la "3D" même si ce ne sera qu'un gadget et une étape dans le futur développement de l'imagerie de demain. Ce sera vite passé de mode. Mais j'espère me tromper et voir de meilleurs 3D sur de meilleurs films.... Et j'espère évidemment que SPIELBERG a fait un très bon divertissement, intelligent, adapté avec respect et élégance mais de là à attendre l' œuvre la plus "libre ou la plus évidente de son cinéma" ça me ferait mal !! Y a d'autres chef d’œuvres de SPIELBERG avant "TINTIN"... Amicalement.
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Anonyme | le 20/10/2011 à 06h56 | Signaler un abus
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Incroyable: un vrai article employant un véritable vocabulaire de ce qui fait le cinéma et le gens entravent que dalle! En tout cas, on sent un réel enthousiasme et une culture du cinéma qui sont très rare dans ce type de magazine! Félicitations et que ceux qui honnissent la 3 dimensions relisent leurs classiques afin de vérifier l'accueil fait au parlant et au film en couleur à leurs époques! La 3D à encore une énorme marge de progression pour atteindre le niveau qu'elle mérite mais elle y arrivera et là...je sens bien des vestes qui vont se retourner
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Anonyme | le 19/10/2011 à 11h04 | Signaler un abus
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Ci-gît l'un des textes les plus pédants qui m'aient étés donnés de voir. Il en ressort une lourdeur irritante et un manque de professionnalisme. Cela dit cet article laisse paraitre un enthousiasme qui pourrait attirer de futurs spectateurs. Pour ma part j'irai le voir avec un avis neutre et me ferai une idée pendant la projection ^^
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Anonyme | le 18/10/2011 à 14h38 | Signaler un abus
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... et maintenant mes amis prions tous Saint Spielberg qui enterré le cinéma d'hier et invente le cinéma de demain! Ainsi soit-il !
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Anonyme | le 17/10/2011 à 17h23 | Signaler un abus
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Cinéma "libre", "pure", "pionnier", "étourdissant" c'est inintelligible ? Faut consulter dans ce cas.
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Anonyme | le 17/10/2011 à 16h13 | Signaler un abus
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