Deux jours, Une nuit, porté par l’interprétation retenue de Marion Cotillard, est une promesse de renouvellement

Deux jours une nuit

Le drame des frères Dardenne sera diffusé dimanche soir sur France 2.

Alors que le 70e festival de Cannes bat son plein, France 2 consacre sa soirée de dimanche soir à deux films présentés sur la Croisette. Tout d'abord, Deux jours, une nuit, des frères Dardenne, où Marion Cotillard a fait une nouvelle fois sensation en 2014, puis Jeune et Jolie, de François Ozon, présenté l'année d'avant. Lors de leur diffusion dans le cadre du festival, Première avait apprécié ces deux projets très différents, notamment celui des Dardenne, qui porte un regard très juste sur la crise. Voici notre critique en attendant de (re)voir le film à la télévision.

Cannes 2017 : Première montée des marches glamour de Marion Cotillard, Jessica Chastain, Will Smith...

Synopsis : Sandra, aidée par son mari, n'a qu'un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu'elle puisse garder son travail.

Notre critique : Il y a quinze ans, les frères Dardenne faisaient de Rosetta, cette affranchie mal peignée et mal embouchée, le symbole du peuple de la démerde prêt à tout pour s’en sortir, quitte à abandonner en route un bout de son âme. Rosetta, c’était le monstre honteux enfanté par les années fric, le dommage collatéral du capitalisme sauvage dont il reprenait à son compte le cynisme et l’aveuglement jusqu’au-boutiste. Quinze ans ont passé. Au « tout est permis » et au « chacun pour soi » a succédé le « bien vivre ensemble ». La crise a refroidi les ardeurs les plus ancrées. Elle a transformé le peuple de la démerde en masse solidaire et droite. Sandra, gravement dépressive, passe ainsi le film à se redresser dignement dans l’adversité quand la volontaire Rosetta courbait de plus en plus sous le poids de sa culpabilité. Dans la filmographie riche en drames sociaux « no future » des Dardenne, Deux jours, une nuit marque un tournant dialectique assez net. Fidèles à leurs idéaux, les frères belges ont compris que l’époque était au dialogue âpre mais concerté, pas au renfermement suicidaire ou à la fuite en avant. Cela se traduit par une narration moins directe, un rythme moins soutenu, une mise en scène moins punchy qui pourront déconcerter de prime abord. Comme tous les films de rupture, Deux jours, Une nuit, porté par l’interprétation retenue de Marion Cotillard, est une promesse de renouvellement. On a hâte de voir la suite.

Christophe Narbonne

Deux jours, une nuit, sortira demain au cinéma. Bande-annonce :

 

Commentaires

Prochainement au Cinéma

Premiere en continu

Le guide des sorties

Nos top du moment

Actuellement en kiosque

Nos dossiers du moment

Bandes-annonces

Sid Et Nancy
Léon Morin, Prêtre
Octobre