Marvel

Le "petit" blockbuster de Marvel est diffusé pour la première fois en clair ce week-end.

TF1 profite de la sortie d'Avengers : Infinity War pour proposer Ant-Man, dimanche soir à 21h. Sorti durant l'été 2015 au cinéma, celui-ci est diffusé pour la première fois en clair. Et le 18 juillet, toute l'équipe (Peyton Reed à la réalisation, Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas et Michael Pena devant la caméra) reviendra pour sa suite.

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Nous voici donc avec Scott Lang (Paul Rudd), loser porté sur la cambriole qui se retrouve affublé d'un costume qui lui permet de réduire sa taille à volonté, avec la bénédiction de Hank Pym (Michael Douglas), l'inventeur du procédé. A partir de là, c'est l'enchaînement classique : apprentissage, rédemption, castagne et le monde à sauver.

Soyons clairs : même si dans les comics le héros a une place non négligeable chez les Avengers, version cinéma, tout le monde se contrefout d'Ant-Man, qui écope d'un statut d'outsider au même titre que Les Gardiens de la galaxie. Et le film fait globalement l'erreur monumentale de se donner des allures d'histoire de super héros classique plutôt que de profiter de la liberté offerte par un tel personnage principal, en se coltinant en plus tous les passages obligés - dont même l'équipe semble se ficher éperdument. La relation père-fille tristounette de Pym et Hope (Evangeline Lilly, qui nous offre une scène de sanglots à ranger juste à côté de la mort de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises), la volonté de Scott de se racheter pour enfin mériter l'amour de sa fille, le rôle de mentor de Pym pour Scott... Oui, tout tourne autour du même thème, mais bon.

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Un épisode mineur

Une fois ce background installé, on peut, enfin, se concentrer sur ce qu'aurait dû être  Ant-Man  dès le départ : une comédie autour d'un casse mené par des délinquants complètement idiots. Et là, on se marre vraiment. Paul Rudd est dans son élément, parfaitement à l'aise pour amuser la galerie, mais en réalité ce sont les 3 voyous qui l'assistent qui sont les vrais héros de cet étrange film. David Dastmalchian, T.I et surtout Michael Peña font des merveilles en bras cassés qui ratent à peu près tout ce qu'ils font, plus proches des casseurs flotteurs de Maman j'ai raté l'avion que de l'équipe d'Ocean's 11. C'est bien simple, les deux meilleures scènes sont en réalité des monologues hystériques de Peña, presque totalement improvisés par l'acteur. Dans ces moments Ant-Man s'assume pour ce qu'il est : un épisode mineur, limite HS, de la saga Marvel Studios, qui n'a strictement aucune ambition épique mais se contente de faire rire. C'est d'ailleurs la première fois que l'écurie présente quelque chose à ce point éloigné de l'ambiance habituelle d'un film de super-héros. Sans mauvais jeu de mot, Ant-Man est un petit film et c'est quand il s'affirme en tant que tel qu'il est pertinent. A l'inverse, dès qu'il essaie de jouer la carte du sérieux, c'est la cata. La mise en scène de la spécificité du personnage et de son pouvoir un peu casse-gueule est plutôt réussi : Ant-Man n'est pas ridicule, l'action tient la route, et les aventures en miniature sont suffisamment inventives pour ne pas rappeler Chéri j'ai rétréci les gosses - ce n'était pas gagné. Mais à part un premier meurtre assez surprenant, l'ensemble manque franchement de folie.

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Un méchant jetable

Vient ensuite une impression assez dérangeante. On sait que les studios Marvel ont atteint le stade où tout est permis, même l'incohérence, mais par moments ça se voit un peu trop. La présence d'un ancien vilain patron du S.H.I.E.L.D avec une pirouette grotesque apparemment écrite par quelqu'un qui s'est souvenu au dernier moment que l'agence était infiltrée par l'Hydra dans le dernier Captain America révèle un je m'en foutisme assez drôle mais à la limite du foutage de gueule. D'autant qu'une fois de plus, le vrai adversaire d'Ant-Man est frappé de la même malédiction que ses collègues des autres films : inintéressant, sans épaisseur, avec des motivations vues et revues (« je vais vendre une arme révolutionnaire à des salauds parce que j'aime l'argent », youpi), bref, jetable. Les dialogues décalés font tout pour compenser les clichés, les longueurs et les situations convenues, mais ça ne suffit pas toujours. Cela dit, le court échange entre un Michael Douglas consterné et la superstar du rap T.I pourrait justifier à lui seul la vision du film, voire l'invention du cinéma.

Bref, à l'arrivée, en dépit de la production laborieuse, on a évité la purge, mais on est surtout passé à côté d'un bon film.

Yérim Sar

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