Quand Spielberg pestait en direct contre les nominations aux Oscars 1976

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"Quand un film fait beaucoup d’argent, les gens lui en veulent." 

En 2001 sortait "The Joe Spinell Story". Un documentaire qui retraçait la vie de cet acteur décédé en 1982, spécialiste des petits rôles dans les grands films (Le Parrain, Rocky, Taxi Driver, Sorcerer), et star du slasher culte Maniac.

Dans une séquence mythique du docu, qui préfigure avec 30 ans d'avance la mode des "reaction videos", Spinell regarde avec Steven Spielberg l’annonce des nommés aux Oscars 1976 en direct à la télévision. Spielby, qui concoure avec Les Dents de la mer, fanfaronne devant la caméra : "Les Dents de la mer va être nommé dans 11 catégories, ça va être un grand chelem, on est très confiants".

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Au moment de découvrir les nominations dans la catégorie meilleur réalisateur, c’est la douche froide pour le jeune cinéaste (29 à l’époque) qui gémit : "je n’ai pas été nommé, je n’ai pas été nommé. J’ai été battu par Fellini". Et pour cause, cette année-là la compétition était rude entre Milos Forman (Vol au-dessus d’un nid de coucou), Robert Altman (Nashville), Stanley Kubrick (Barry Lyndon), Sidney Lumet (Un après-midi de chien) et, donc, Federico Fellini (Amarcord).

Spielberg est encore plus décontenancé quand Les Dents de la mer, qui avait connu un immense succès en salles, est nommé pour le meilleur film. Mais c’est Joe Spinell (avec le t-shirt Jaws) qui prend la parole pour lui :

"Ayant joué dans Le Parrain, qui a gagné l’Oscar du meilleur film pendant que Bob Fosse [Cabaret] recevait le meilleur réalisateur, je peux vous dire que c’est des conneries ! On ne peut pas avoir le meilleur film si le réalisateur n’est pas aussi nommé. Qui a fait le film ? La mère de quelqu’un ? Ce mec a fait Les Dents de la mer ! De qui se moque-t-on ?" "C’est un jour sombre pour Hollywood", poursuit l’acteur Frank Pesce (en tenue de soirée), "le plus grand film de tous les temps a été réalisé et ils ne s’en sont pas rendu compte". Et Spinell de reprendre : "qui a tourné le film ? Le requin ?"

Spielberg essaye de prendre tout ça à la rigolade, mais après le bilan des nominations (quatre au total, avec aussi le meilleur montage, le meilleur son et la meilleure musique), il déchante franchement : "On n'a même pas les effets spéciaux ? C’est ce qu’on appelle un retour de bâton commercial. Quand un film fait beaucoup d’argent, les gens lui en veulent. Tout le monde aime le gagnant, mais personne n’aime LE gagnant". Une conclusion qui fait écho aujourd’hui à l’échec de La La Land face à Moonlight.

Lors de la cérémonie, Les Dents de la mer échouera dans la catégorie meilleur film face à Vol au-dessus d’un de coucou, qui sera le grand vainqueur des Oscars 1976 (cinq Academy Awards), mais repartira avec les trois autres statuettes. Spielberg, lui, s’est bien rattrapé depuis avec deux Oscars du meilleur réalisateur à son actif, pour La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan

 

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