Pourquoi Space Oddity obsède le cinéma

Le Musee des merveilles

De Valérian au Musée des Merveilles, le hit interstellaire de David Bowie est partout.

C’est l’une des chansons fétiches des cinéastes. Un avion qui décolle, une scène dans l’espace, un personnage épris de liberté... et bim ! Space Oddity. Le hit de David Bowie millésime 1969 est un morceau chéri par les cinéastes, TOUS les cinéastes, de Bernardo Bertolucci à Luc Besson, en passant par Wes Anderson et Pascale Ferran. Peut-être parce que cette chanson n’existerait pas sans le cinéma ? Le morceau, on le sait, est né de la fascination de Bowie pour 2001, l’Odyssée de l’espace (son titre est un jeu de mots sur la “Space Odyssey” de Kubrick). Neuf jours après la sortie du single, à l’été 69, Neil Armstrong pose le pied sur la Lune et le BBC utilise la chanson comme bande-son de l’événement. Déjà, on réalise que l’association entre images et musique fait s’envoler la chanson encore plus haut. La carrière de Bowie est soudain mise sur orbite et l’histoire du Major Tom n’a jamais perdu depuis son pouvoir de fascination.

Todd Haynes : "Le Musée des Merveilles est avant tout un film pour enfants"

Cet automne, la chanson est au cœur du Musée des Merveilles, l’adaptation par Todd Haynes d’un roman de Brian Selznick, un conte à la Dickens racontant les errances parallèles de deux enfants perdus dans New York, à quarante ans d’intervalle. Pour le fan-club de Bowie, entendre Space Oddity dans un film de Todd Haynes est presque une blague, le cinéaste ayant réalisé le film-hommage ultime sur Bowie (Velvet Goldmine, 1998), un film qui, paradoxalement, ne comportait aucun morceau du chanteur (celui-ci s’était opposé à l’utilisation de sa musique). Et voici aujourd’hui le toujours très expérimental Haynes utilisant le morceau le plus célèbre de Bowie dans son film le plus mainstream… “Je sais que ça ressemble à un choix éculé, nous disait le cinéaste en interview. Mais la chanson est déjà présente dans le livre de Brian Selznick ! Et elle était aussi dans le scénario. J’ai hésité, d’autant plus que Bowie est mort pendant que je préparais le film… Soudain, ses chansons étaient partout. Mais j’ai préféré garder les options ouvertes et voir si ça marchait au montage…”. De fait, ça marche. Space Oddity colle parfaitement à l’atmosphère éthérée, cotonneuse, aérienne du film, tout en devenant une pièce de l’immense puzzle construit par ses récits entremêlés. De quoi justifier qu’il rejoigne un jour notre Top 5 Space Oddity au cinéma :

Bird People (Pascale Ferran, 2014)
C’est l’histoire d’un personnage qui rêve d’ailleurs, veut s’envoler, briser ses chaînes et rejoindre le Major Tom dans les étoiles. C’est l’histoire que raconte Ben Stiller dans La Vie Rêvée de Walter Mitty quand il saute dans un hélicoptère au son de Space Oddity. Mais personne n’aura incarné aussi littéralement ce sentiment de pure liberté, d’ailes qui se déploient, que ce moineau survolant Roissy, “joué” par Anaïs Demoustier devant la caméra flottante de Pascale Ferran.

Moi et Toi (Bernardo Bertolucci, 2012)
Bertolucci déterre ici un incunable : la version italienne de Space Oddity enregistrée par Bowie en 1970 sous le titre Ragazzo Solo, Ragazza Sola. Puis le cinéaste fait ensuite ce qu’il fait le mieux : filmer des jeunes gens superbes en train de bouger, de danser, de s’étreindre. C’est beau.

La Vie Aquatique (Wes Anderson, 2004)
Après l’italien, le portugais. Le brésilien Seu Jorge passe toute La Vie Aquatique à reprendre des chansons de Bowie dans sa langue natale. Impossible de faire l’impasse sur Space Oddity dans ce best-of géant.

Valérian et la cité des mille planètes (Luc Besson, 2017)
Valérian est en soi une “space oddity”, ouverte par un prologue en forme de montage sequence racontant la conquête de l'espace depuis 1975, la rencontre avec des races aliens et la construction de la cité galactique Alpha. Une scène qui plane très haut dans la filmo de Besson.

Les Aventures de Mister Deeds (Steven Brill, 2002)
Le bon sens voudrait qu’on place ici un extrait de C.R.A.Z.Y., la madeleine glam-rock de Jean-Marc Vallée. Mais comment résister à Adam Sandler chantant du Bowie ? Allez, hop, dans le Top 5 !


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