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L’adorable petit rongeur espiègle créé au début du XXe siècle par Beatrix Potter est le héros d’une fable aussi impolie qu’hilarante.

Des oiseaux dans le ciel bleu éclatant de la campagne anglaise… c’est sur cette image que s’ouvre le film de Will Gluck (Easy Girl). Ils virevoltent et chantent une douce chanson au parfum bucolique. Alors qu’ils se posent dans une chorégraphie étudiée, ils se font dégommer façon strike par un Pierre Lapin pressé, en pleine course-poursuite avec un renard. Le ton est donné : que ceux qui attendent une adaptation délicate et courtoise comme une conversation entre deux British de l’œuvre millionnaire de Beatrix Potter passent leur chemin. Pierre Lapin manie autant le second degré que le slapstick, le burlesque que l’absurde. Après avoir été décliné en peluche, en séries et même en ballet avec des danseurs en costume de rongeurs, Pierre Lapin se la joue Paddington dans cette nouvelle adaptation mêlant prise de vue réelle et imagerie 3D ultra-réaliste, jouant parfaitement sur l’aspect anthropomorphique inspiré par les dessins de Beatrix Potter. Pierre est un lapin accoutré d’une veste bleue, particulièrement espiègle et casse-cou. Prêt à tout pour s’en mettre plein la panse avec les légumes du vieux McGregor, il accumule les missions suicides avec ses acolytes Jeannot et ses trois sœurs. Mais, victime d’une crise cardiaque, le barbu grincheux cède la place à son neveu, Thomas, un psychorigide terrorisé par la nature et aux méthodes drastiques. Pire, Bea, la gentille voisine qui prend soin des lapins, s’amourache du nouveau venu. C’en est trop pour Pierre, pas prêt à partager son clapier.

Twerk
Reprenant quelques éléments du livre à succès, The Tale of Peter Rabbit, le long métrage de Will Gluck s’en affranchit pour offrir une version plus contemporaine, davantage dans l’air du temps, où Pierre le lapin roublard twerke, distribue les feuilles de laitue comme des billets d’un dollar dans un club de strip-tease et se bat comme un chiffonnier amateur de MMA. Il ne faut cependant pas crier au blasphème trop vite. Déjà à son époque, en 1902, le ton du livre de Beatrix Potter n’était pas aussi sage que son image d’Épinal peut le laisser penser : dans un langage soutenu, l’auteure utilisait alors un humour particulièrement sardonique pour raconter une histoire encourageant ses lecteurs à s’émanciper de la bienséance et à désobéir. Message reçu, Miss Potter.  

 

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