Pentagon Papers, La Douleur, The Passenger : les films au cinéma cette semaine

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Ce qu’il faut voir cette semaine.

 

L’ÉVENEMENT

PENTAGON PAPERS ★★★★☆ 
De Steven Spielberg

L’essentiel
Avec ce film qui défend la presse indépendante en tant que contre-pouvoir, Steven Spielberg s’affirme comme un héritier de John Ford et Frank Capra.

Alors que la notion même de Nouvel Hollywood s’évapore de plus en plus, Steven Spielberg assume sans complexe son statut de cinéaste du XXe siècle en citant une fois de plus John Ford dont il semble, depuis Lincoln et Cheval de guerre, reproduire ou prolonger méthodiquement quelques films à sa propre manière. Cette fois, en défendant la liberté d’informer face à un pouvoir qui règne par la force et l’intimidation, il renvoie à L’homme qui tua Liberty Valance. Sauf qu’à la place d’un avocat qui s’associe à un journaliste, c’est une directrice de journal qui, avec l’aide d’un rédacteur en chef, prend le risque d’alerter l’opinion sur l’un des plus gros scandales d’État précédant le Watergate.
Gérard Delorme

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PREMIÈRE A ADORÉ

LA DOULEUR ★★★★☆
D’Emmanuel Finkiel

Paris, l’Occupation. La jeune Marguerite, employée dans une maison d’édition et déjà écrivaine, attend dans l’angoisse le retour de son mari, le résistant Robert Antelme, fait prisonnier en 1944. L’attente de Marguerite est d’abord comme celle des autres, pénible mais acceptable, avant de devenir insoutenable à la Libération. Les prisonniers rentrent des camps mais, parmi ce compte-gouttes de miraculés, point d’Antelme. Alors la terrible peine bat croissant aux tempes de la jeune femme, qui s’y laisse couler. Paradoxalement, ce sont l’instauration définitive de la paix et le retour du soleil brûlant le pavé parisien noirci qui signent le début de l’horreur en Marguerite. Les véritables déclencheurs de la singularité du film aussi, qui ne va désormais cesser de frotter entre ces antagonismes.
Anouk Brissac

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PREMIÈRE A AIMÉ

FORTUNATA ★★★☆☆
De Sergio Castellito

Coiffeuse à domicile sillonnant la banlieue de Rome sur ses talons hauts, mère déboussolée d’une petite fille de 8 ans, presque divorcée d’un mari abusif et violent, Fortunata porte à première vue mal son nom. Ni fortunée, ni chanceuse, elle s’inscrit dans une longue tradition de portraits de mères courage, toujours au bord de la crise de nerfs mais animées d’une force vitale que rien ne peut arrêter. Une tradition que Sergio Castellitto endosse sans complexe en multipliant les références : le quartier est celui où a été tournée Mamma Roma de Pasolini ; la présence de Hanna Schygulla en comédienne sénile signe sa nostalgie du cinéma de Fassbinder, Ferrerri ou Scola ; les scènes de joutes libidineuses et de corps-à-corps échevelés semblent tout droit sorties de l’univers d’Almodóvar. Ajoutez à cela une bonne dose de variété pop et d’embardées surréalistes façon Sorrentino, et vous obtenez un cocktail postmoderne très chargé qui, pour chaque montée d’adrénaline, doit négocier la descente conséquente. Un film d’excès (de clins d’oeil, de symboles, de psychanalyse, de misère sociale bariolée), jamais loin de l’implosion, qui se maintient en calant son pas sur celui de son actrice. Volcanique mais tout en nuances, Jasmine Trinca (passée chez Moretti, Giordana, Placido ou Bonello) donne âme et épaisseur à Fortunata et permet aux autres personnages d’exister (dont son meilleur ami, un junkie bipolaire écrasé par son complexe d’OEdipe). C’est elle la vraie chance de ce film, l’ancre qui l’empêche de sombrer dans le pompiérisme, la gardienne de sa fantaisie et de sa mélancolie.
Michaël Patin

SUGARLAND ★★★☆☆
De Merzak Allouache

Damon Gameau, acteur/réalisateur/scénariste australien, décide de se soumettre pendant 40 jours à un régime méga-sucré à base de nourriture pourtant étiquetée « saine », soit quarante cuillères à café de sucre par jour (spoiler : l'obésité menace, mais aussi boutons, fatigue et crises de folie passagère). Accompagné de scientifiques et de quelques guest stars de luxe (Hugh Jackman, Stephen Fry), il explique à l'aide de saynètes plus ou moins délirantes le fonctionnement du sucre sur l'organisme, et les ravages de l'industrie sucrière sur nos habitudes alimentaires. Si la forme n'est pas tout le temps convaincante à forces de sketchs (le rap final est embarrassant), le fond est intéressant, documenté et pertinent. Sugarland est un sympathique petit frère australien et sucré de Super Size Me.
Sylvestre Picard

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PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

THE PASSENGER ★★☆☆☆
De Jaume Collet-Serra

C’est, déjà, la quatrième collaboration entre Liam Neeson et le réalisateur Jaume Collet-Serra (après Sans IdentitéNon-Stop et Night Run). Le train-train, quoi. Et, cette fois-ci, littéralement : The Passenger est une déclinaison de Non-Stop dans un train de banlieue. Liam Neeson joue un ancien flic qui a cinq stations et 90 minutes pour retrouver les méchants infiltrés dans la rame. Collet-Serra continue de tremper ses fixettes hitchcockiennes (ici : Lifeboat meets L’inconnu du Nord-Express) dans un produit d’action standard, plutôt rythmé et efficace, mais quand même “sans identité”. Tout ça est bien sûr un prétexte pour prendre des nouvelles de Liam Neeson, à 65 piges : comment il bouge, parle, se bat (chouette moment où il assomme un type à coups de guitare électrique), menace au téléphone des gens qui veulent faire du mal à sa famille… “On a un autre projet avec Jaume, expliquait l’acteur lors de sa tournée promo. Dans un espace encore plus réduit qu’un train ou un avion. Pourquoi pas un placard ?” Justement : on aimerait parfois qu’il en sorte, de ce placard.
Frédéric Foubert

HANNAH ★★☆☆☆
D’Andrea Pallaoro

Comment s’habituer à la solitude quand on vit depuis si longtemps en couple ? Et ce alors que tout le monde – y compris votre propre fils – se détourne de vous suite à l’incarcération de votre mari. Tel est le drame angoissant vécu par le personnage central de ce deuxième long métrage de l’italien Andrea Pallaoro (le premier, Medeas, tourné en 2003, est resté inédit dans nos salles) : une femme qui tente de rester droite dans la tempête, seule persuadée de l’innocence de celui qui partage sa vie. Le cinéaste sait créer du mystère en laissant toujours dans l’ombre une partie de son intrigue, poussant le spectateur à imaginer les pièces manquantes du puzzle. Mais à trop redouter le pathos, Pallaoro crée avec son personnage et les méandres des circonvolutions de son cerveau une distance qui finit par nous éloigner d’elle et plus généralement du récit. Hanna devient un film triste et déprimant sur une femme triste et déprimée. Fasciné – et on le comprend ! – par le visage de Charlotte Rampling (récompensée à juste titre du prix d’interprétation au dernier festival de Venise), le cinéaste en oublie tout ce qui l’entoure et s’enferme dans une monotonie terne étouffante.
Thierry Cheze

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

MARIE CURIE ★☆☆☆☆
De Marie Noëlle

On croyait l’Europpuding désuet. Cette coproduction franco-germano-polonaise apporte la preuve du contraire. Joué par des acteurs de nationalités différentes affreusement doublés, ce biopic de la fameuse chimiste française, née en Pologne, rend maladroitement hommage à cette pionnière du féminisme qui dut affronter une communauté scientifique hostile aux femmes chercheuses. Dommage, car l’actrice principale, Karolina Gruszka, irradie –sans jeu de mots.
Christophe Narbonne

Et aussi

The greatest showman de Michael Gracey
Veronica de Paco Plaza
Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagège
Cache-cache de Guillaume Chemouili
Handia, le géant d’Altzo de Jon Garano

Reprises
Annie Hall de Woody Allen


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