Première/Agence Méditerranéenne de Location de Films (A.M.L.F.)

En 1983, Christian Clavier, Jean-Marie Poiré et leurs copains présentaient Papy... dans Première.

Dimanche soir, rendez-vous sur France 2 pour (re)voir Papy fait de la résistance, la comédie de Jean-Marie Poiré au casting phénoménal (Christian Clavier, Jacques Villeret, Michel Galabru, Jacqueline Maillan, Gérard Jugnot, Martin Lamotte, Pauline Lafont, Thierry Lhermitte…), qui avait réuni plus de 4 millions de spectateurs dans les salles obscures en 1983. Une comédie, vraiment ? A l’époque, une partie de l’équipe avait posé en couverture de Première et détaillé la création du film, qualifié de "film d’aventures réaliste et comique" par ses auteurs Christian Clavier, Martin Lamotte et Jean-Marie Poiré.

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Le trio détaillait auprès de Marc Esposito et Martine Moriconi avoir eu l’idée du projet quelques années plus tôt, mais que les scènes d’action auraient coûté tellement cher qu’ils ont d’abord préféré conserver seulement quelques passages pour les adapter au théâtre. Avant le film, il y a donc eu la pièce, qui a cartonné en 1982 et a intrigué le producteur Christian Fechner, qui aimait tellement leur concept qu’il a accepté d’investir dans son adaptation. "La pièce n’est en fait qu’un épisode du film, celui situé dans la cave, qui doit maintenant durer 7 à 8 minutes", expliquait le réalisateur. "Tout ce qu’on ne pouvait pas montrer parce qu’on était au théâtre, on le faisait imaginer au public, confirmait ensuite Lamotte. Dans le film, on a pu enfin montrer l’aventure, l’action."

Christian Clavier et ses copains se sont alors entourés de techniciens talentueux (Robert Alazraki –Le Père Noël est une ordure, La Gloire de mon père- à la photo, Willy Holt –Paris brûle-t-il ?, Au revoir les enfants- aux décors, par exemple), qui étaient chargés de reconstituer l’ambiance des années 1940 de façon spectaculaire. Ils ont aussi fait appel à leurs amis-stars pour des rôles plus ou moins importants, mais tous marquants. "C’est Fechner qui, un jour, nous a dit : ‘Mais si vous voulez retrouver le côté Paris brûle-t-il ? ou Le jour le plus long, il faut que même les tous petits rôles soient tenus par des acteurs connus."

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Sur la forme, Papy fait de la résistance ne manquait donc pas d’ambition. Sur le fond non plus, comme le détaillait Poiré, modeste : "Papy... est beaucoup plus un film sur la vision de la résistance qu’on a aujourd’hui qu’un film sur la résistance. Nous sommes d’une génération qui ne connaît la guerre de 40 qu’à travers une flopée de mauvais films qui, tous, n’étaient que des imitations de deux ou trois chefs-d’œuvre du genre. Nous, on a préféré faire un chef-d’œuvre en imitant ces mauvais films !" Lamotte et Clavier insistaient quant à eux sur les qualités de leurs personnages, qui "ont des ambitions de courage face aux Allemands (même si) ils ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions. (…) Les Bourdelle sont des résistants. Simplement, parce que nous sommes dans un film comique, ce sont des résistants maladroits. Ce qui les rend finalement peut-être plus humains, et plus vrais, que dans un certain nombre d’autres films sur la résistance !" Les derniers mots du réalisateur ? "Nous n’avons pas fait un film comique pour faire un film comique de plus, mais parce que nous trouvons que les films comiques et les comédies sont plus intelligentes que les drames." Papy... serait donc bien une comédie, finalement. 

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