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Le blockbuster de Guillermo Del Toro sera diffusé ce soir sur TMC.

Alors que Pacific Rim 2, de Steven S. DeKnight, sort cette semaine au cinéma, porté par John Boyega et Scott Eastwood, TMC s'apprête à rediffuser le 1er, réalisé par Guillermo Del Toro et sorti au cinéma durant l'été 2013. Malgré son côté prévisible, Première vous le recommande.

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Dans un futur proche, des monstres gigantesques (les Kaijus) surgissent d'un portail situé au fond de l'Océan Pacifique et ravagent la planète : pour les combattre, l'humanité construit des robots guerriers géants (les Jaegers) contrôlés chacun par un duo de pilotes via une technologie révolutionnaire. Sous la direction du charismatique Marshall Pentecost (Idris Elba), la tête brûlée Raleigh (Charlie Hunnam), qui a perdu son frère au combat, va faire équipe avec la mystérieuse Mako (Rinko Kikuchi) pour piloter le robot Gipsy Danger dans un baroud d'honneur pour mettre un terme définitif à la menace Kaiju.

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Pacific trime
Pacific Rim ne va pas au-delà de ce sujet simplissime. A de très rares moments près, tout le film suit ce chemin balisé jusqu'à son inévitable conclusion héroïque et martiale - d'ailleurs, plutôt que de s’appesantir dans un épilogue mou, le film s'arrête dès son dernier enjeu dramatique résolu, à la façon des bons vieux blockbusters 80's. Cela est à la fois un défaut et une qualité. Ces enjeux et personnages simplistes, construits à partir d'une seule idée (sauver le monde), ne dépassent jamais leur archétype : le scientifique guindé, le savant pile électrique (Charlie Day, insupportable), le héros héroïque (d'oh !)... Mais ce schématisme, quoique regrettable, ne tire cependant pas le film par le bas - à la différence d'un Transfosmers 3, au hasard - et a au moins le mérite d'assurer au film la lisibilité totale et rassurante d'un blockbuster familial, mais sans star ni licence connue pour tenter d'assurer son succès au box-office. Plus complexe, la relation Mako/Pentecost (Elba a un charisme inhumain) est clairement l'aspect le plus intéressant du film, et il est dommage que Raleigh (Hunnam, monolithique) ne bénéficie pas d'un traitement équivalent - tout comme il est dommage que la "dérive", cette belle idée de cinéma (les deux pilotes du robot partagent leurs souvenirs via un programme, la "dérive", pour piloter leur engin) ne soit pas plus développée.

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Pacific frime
Mais assez de psychologie, et c'est le film lui-même qui nous le dit. Aller voir Pacific Rim, c'est vouloir assister à des combats entre des robots et des monstres grands comme des immeubles. C'est le retour de Godzilla, mais sans la peur du péril atomique qui donnait naissance au film d'Ishiro Honda en 1954 (ici la bombe H fait partie de l'arsenal des gentils), et les ennemis sont de commodes envahisseurs aliens qu'on peut exterminer sans aucun remords. En fait, c'est Godzilla Vs. Transformers. Mais qui serait mis en scène avec les moyens techniques d'ILM et le savoir-faire de Del Toro. Et on prend un pied gigantesque à voir des monstres de chair et de métal s'étriper à l'échelle d'une ville. Comme d'habitude chez Guillermo, les scènes de combat sont particulièrement bien écrites, la dimension gigantesque et la lenteur de mouvement des adversaires lui permettant de s'attarder sur le moindre coup de poing (gros comme une maison) dévastateur. Dans cet opéra de la destruction, les ponts s'effondrent, les buildings explosent, un bateau est utilisé comme gourdin, des containers comme poings américains... La qualité et l'élégance des effets visuels sont à s'en décrocher la mâchoire, le film enchaînant les money shots cyclopéens lors de la séquence de bataille centrale dans les néons d'un Hong Kong cyber et pop. Un storytelling naïf (taper des monstres dans un cosmos fait de principes bons et mauvais) éclipsé par une mise en scène plus que surexcitante : en fait, Pacific Rim accomplit une bonne synthèse de l'art de Del Toro. Le bouillonnant Mexicain semble ici réaliser un rêve d'enfant, voir grandir et s'animer pour de vrai des jouets robotiques et monstrueux - et faire tout péter. Ce rêve est accompli.
Sylvestre Picard

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