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Premiere.fr était invité à une présentation exclusive du Blu-Ray d'Avatar. Bonus, scènes supplémentaires... on vous dit toutPar François GreletA J -7 de la sortie de la « special-edition » du blu-ray (et également du DVD, mais qui s'en soucie encore ?) d’Avatar, la peur du piratage règne chez les cols blancs de la Fox. Du coup, aucun exemplaire du film ne sera envoyé à la presse avant la date de la sortie officielle, le 18 novembre. Seul moyen de découvrir partiellement le contenu de ces trois galettes haute définition ? Faire un petit tour, mercredi matin, du côté de Neuilly Sur Seine, où les gens de la Fox allaient gentiment nous dévoiler, sur écran plasma, les spécificités de cette édition pendant plus de deux heures - sans qu’évidemment on ne puisse mettre la main sur les disques en questions. Particulièrement inconfortable (du « home-cinema » mais pas à la maison et sans télécommande à la main, qui a envie de subir ça, franchement ?) cette solution de « dépannage », a tout de même réussi à nous mettre un gros coup de pression à une semaine de son arrivée dans les bacs. Le prologue sur TerreD’entrée de jeu, la personne chargée de cette démonstration (appelons-le Mc, ça lui ira parfaitement) sort l’artillerie lourde en nous balançant sans sommation la quasi intégralité des 16 minutes de scènes-coupées réintégrées au métrage. Et le résultat est au-delà de toutes les espérances. Morceau de choix, le très attendu prologue sur Terre offre au film un décollage moins abrupt, posant de manière beaucoup plus limpide le principe de substitution fraternelle au cœur du film. Plus que Jake Sully (joué par Sam Worthington), la grande gagnante de ces 16 minutes additionnelles semble bien être Grace Augustine, la scientifique clopeuse interprétée par Sigourney Weaver, dont l'histoire devient plus poignante à travers la découverte de scènes dépeignant précisément le rôle de son école au sein de la communauté Na’vi. Ces passages aident à mieux cimenter la charpente du récit, mais cette fois en améliorant les interactions entre les divers protagonistes du film. Notre grand regret restera du coup d’avoir découvert ces superbes scènes coupées (dont la dernière, qu’on ne dévoilera surtout pas ici, et qui nous a laissé la gorge nouée) indépendamment du reste du film, tant elles semblent là en vue de fluidifier son déroulement, qui s’avérait parfois un peu heurté dans la version cinéma. L’essentiel du premier disque se trouve donc ici, dans la présence de cette version longue appelée à devenir dans un futur proche, LA version officielle du film. Sachez néanmoins que la version ciné et la version spéciale (celle sortie en salle il y a peu et durant 8 minutes de plus que la précédente) sont tout de même présentes, mais une fois de plus : qui s'en soucie ?Les bonusA peine le temps de se remettre de ce premier choc matinal que notre valeureux Mc enfourne la deuxième galette dans le lecteur, et nous inflige bien malgré lui un deuxième uppercut. Soyons clair, si, comme nous, vous pensiez en avoir fini pour de bon avec les bonus, préparez-vous a replonger puisque ce qui est présenté ici semble être simplement phénoménal. Premier temps fort de ces copieux appendices : à nouveau des scènes coupées, mais celle-là non réintégrées au film et non finalisées. Si chez les autres cinéastes, on comprend souvent très bien pourquoi les scènes supprimées l’ont été, chez Cameron en revanche, on continue de s’interroger. Nous n’avons pas tout vu, mais ce qui nous a été montré semblait largement avoir sa place au sein du récit. Citons notamment une séquence de trip hallucinogène qui aurait peut-être accentué la beauté mystique du récit. On le regrettera, on apprendra aussi à se faire une raison, mais que voulez-vous chez ce garçon, même de simples chutes ont des allures de diamants polis. Sidérant.Autre gros temps fort de ces bonus le making of du film - en 4 parties et 2H30 - signé Laurent Bouzereau, l’un des spécialistes du genre ayant déjà œuvré chez Spielberg, Friedkin ou Hitchcock. Comme d’habitude chez le documentariste français, le travail semble brillamment pédagogique, joliment huilé et excellemment rythmé. Evidemment tout le monde s’y félicite pour le travail effectué sur des envolées lyrico-promo, mais Bouzereau semble avoir saisi l’essentiel, puisque le sujet de son film semble être, plus qu’Avatar, James Cameron himself. Sa mégalomanie galopante, son perfectionnisme essorant, ses aptitudes physiques ET intellectuelles hors du commun, la puissance évocatrice de ses visions SF: de ce qu’on en a vu ce long doc a des airs de beaux portrait enamouré. Brother TermitePour le reste, et le disque suivant, on reste dans le domaine du classique et de la featurette à foison, avec des trailers, des archives visuelles, des essais comédiens, un pandorapedia d’environ 400 pages (en anglais seulement) ou des spots promo pour les boites d’effets spéciaux ayant travaillé sur le film. Sommet : la présentation d’archives très attendues à propos de Brother Termite, le film que Cameron comptait tourner en performance capture au début des années 2000, mais qui ne vit jamais le jour servant in fine de laboratoire technologique pour Avatar.Une fois de plus, on précisera bien que nous avons vu de ce coffret gargantuesque que ce qu’on a bien voulu nous en montrer, pendant tout juste 2 petites heures (à vue de nez un week end, télécommande en main, sera nécessaire pour parcourir la bête de fond en comble). Mais si l’enthousiasme était bel et bien là, la frustration aussi. L’achat semble d’ores et déjà indispensable, ne serait-ce que pour la version longue, reste à voir si le doc de Bouzerau peut tenir sur la longueur et si toutes les scènes coupées sont aussi étourdissantes que celle du « trip cosmique ».