Nicolas Bedos : "J'énerve quand même beaucoup de gens"

Nicolas Bedos

Amour et turbulences revient demain sur France 2.

A l'occasion de la diffusion d'Amour et turbulences, nous republions une interview de Nicolas Bedos datant du printemps 2013. Bonne lecture, en attendant de (re)voir cette comédie romantique demain soir à 20h55.

Flamboyant assumé, surdoué dilettante, Nicolas Bedos débarque sur grand écran avec Amour et turbulences, une comédie aérienne où il décroche son premier (vrai) rôle d'acteur. Dans le film de Alexandre Castagnetti, Bedos joue Antoine, un jeune et séduisant débauché qui sur un vol New-York / Paris se retrouve assis à côté de la belle Julie (Ludivine Sagnier) qu'il a aimé trois ans plus tôt. Si Julie va tout faire pour l’éviter, lui compte sur ces sept heures de vol pour la reconquérir ! L'occasion de voyager dans le passé et de revivre leur rencontre, leur amour, leur rupture... Bedos dans le rôle du jeune premier romantique ? Et pourquoi pas ? L’éclat, le défi du trublion télégénique laisse place progressivement à des fêlures et à une délicatesse qui mêle empathie et lucidité. Le défi semblait fou, le résultat est bluffant. L'acteur se confie sur cette nouvelle carrière, ses goûts cinéma et... les critiques. Attachez vos ceintures.

Dans Amour et turbulences, Nicolas Bedos tombe enfin le masque pour révéler des failles

Au départ, les producteurs ont acheté les droits d’un film américain qui ne s’est jamais fait…
C’est ça. Amour et turbulences est le remake d’un non-film. On m’a appelé sur la base de ce scénario qui racontait les retrouvailles d’un ex-couple dans un avion, et j’ai trouvé qu’il y avait matière à en faire quelque chose. J’ai passé deux jours d’essais et après, j’ai fait le chieur en demandant à tout refaire. Avec Alexandre Castagnetti, le réalisateur, on a construit une autre structure en gardant l’avion, et j’ai réécrit les dialogues. Au début, j’étais la dernière roue du carrosse, mais j’en ai fait un film que je revendique. Amour et turbulences est mon film à moi et à Alexandre Castagnetti. Je me suis imposé petit à petit, comme auprès d’une femme qui au départ ne veut pas de vous mais auprès de qui vous devenez nécessaire. Le film n’est pas entièrement autobiographique, mais j’y ai mis beaucoup de moi.

Etre acteur, ça correspond à un désir profond chez vous ou c’est juste un caprice ?
C’est un désir profond auquel j’avais renoncé. J’ai longtemps souffert d’une trop grande timidité. Je n’osais pas. Aujourd’hui, je l’ai domptée. Les gens ignorent à quel point un auteur est un acteur rentré. J’ai écrit sept scénarios et six pièces de théâtre. Quand on met en scène ou quand on écrit, on joue la comédie. Jean Loup Dabadie dont je suis le filleul, aurait rêvé être acteur. Moi, je ne veux pas regretter de ne pas avoir essayé. On en parle souvent ensemble. Mes cours de théâtre à moi, c’était la télé. Je jouais un personnage, d’où ce malentendu que je suis un enculé.

Votre pote Jean Dujardin vous a encouragé ?
Oui. Enfin, au début, il se demandait où j’allais. Il savait que je tenterais le coup un jour ou l’autre. Il y a une vraie admiration mutuelle entre nous, il avait flashé sur une de mes chroniques. C’est un peu pour l’épater que j’ai fait ce film. Et puis il y aussi eu ce documentaire sur Woody Allen (Woody Allen : A Documentary), où on voit qu’il commence par faire des vannes à la télé, terrorisé, et ensuite il y va. Toute proportion gardée évidemment, je me suis dit : Pourquoi pas moi ?

Oui mais pourquoi une comédie romantique ? On vous attendait dans un registre plus trash…
Mais j’adore ça. Je suis un grand érudit de la comédie romantique. C’est le seul genre auquel je pardonne énormément de grossièretés, de cucuterie. J’adore le début de carrière de Cary Grant, Spencer Tracy, Katherine Hepburn. Mes parents adoraient Annie Hall et Manhattan. Mon rêve, ce serait ça : tirer la comédie vers le politique.

C’est votre père qui vous a initié à la cinéphilie ?
Non, pas des masses, je me suis fait mon truc tout seul. Mais j’ai baigné dans un monde d’acteurs. Mon père a fait du cinéma toute une partie de sa vie, il a tourné sous la direction de Marcel Carné, Jean Renoir, Sacha Guitry, il était ami avec Truffaut, Belmondo, il a longtemps était maqué avec Françoise Dorléac, il avait toujours tout un tas d’anecdotes savoureuses à raconter pendant les vacances. Mais si j’aime la littérature exigeante, au cinéma en revanche, j’aime le mainstream. J’adore les formidables faiseurs comme Zemeckis, Spielberg, Paul Thomas Anderson. Je rêverais de participer à un film mis en scène par l’équivalent d’un Paul Thomas Anderson époque Boogie Nights, en France. Il y a quelque chose à écrire sur le monde de la nuit, sur la coke, la débauche… On a réalisé de très mauvais films chez nous sur ce sujet. J’adorerais faire un long sur les excès des années 70, qui ait de la gueule et du glam’.

Cette fois, c’est vous qui allez subir les critiques…
De toute façon, sur les comédies romantiques, j’ai vérifié, les critiques sont toujours moyennes. Même la revue de presse de L’Arnacoeur était pas terrible. Il y a des clichés dans la comédie romantique, mais il y en a aussi dans les critiques qui les attaquent. Dire qu’une comédie romantique ne révolutionne pas le genre, on a lu ça 30 000 fois. Cette attaque en banalité ne tient pas. J’espère juste que je ne vais pas desservir le film. J’énerve quand même beaucoup de gens…

Propos recueillis par Stéphanie Lamome

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