Napalm, Ôtez-moi d’un doute, Jeannette : les films au cinéma cette semaine

Affiche guide 06/09

Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

NAPALM ★★★★☆
De Claude Lanzmann

L’essentiel
A 92 ans, l’auteur de Shoah est parti en Corée du Nord sur les traces d’un ancien amour.

« Jusqu’au bout l’incarnation fut la grande affaire de ma vie » confesse Claude Lanzmann au seuil de sa fascinante autobiographie Le Lièvre de Patagonie. Napalm, son nouveau documentaire, est justement adapté d’un chapitre de ce livre. En 1958, dans le cadre d’un voyage diplomatique en Corée du Nord, Lanzmann tombait amoureux d’une infirmière de Pyongyang. Près de soixante ans plus tard, il a voulu retrouver la trace de cet amour de jeunesse et revoir ce pays qui l’a fasciné.
Gaël Golhen

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PREMIERE A AIMÉ

DANS UN RECOIN DE CE MONDE ★★★★☆
De Sunao Katabuchi

Chronique de la seconde guerre mondiale qui adopte le point de vue de Suzu, jeune femme insouciante qui a suivi son mari dans le port militaire de Kure, Dans un recoin de ce monde évoque le trauma de la guerre avec d’infinies précautions sémantiques et un dessin d’une sensibilité takahatienne. Katabuchi, passé par Ghibli (il a bossé pour Miyazaki et Takahata), invoque Ozu et son minimalisme zen, la dureté du monde revêtant pudiquement le masque de la mélancolie. On n’est pas loin du chef d’œuvre, à quinze minutes près de trop. Allez : petit chef d’œuvre.
Christophe Narbonne

PREMIÈRE A PLUTÔT AIMÉ

ÔTEZ-MOI D’UN DOUTE ★★★☆☆
De Carine Tardieu

Avec La tête de maman et Du vent dans mes mollets, Carine Tardieu a imposé un ton tragicomique particulier en s’emparant de sujets minimalistes dont la profondeur se dessine par petites touches sensibles grâce à son art consommé du portrait. Sempé n’est jamais très loin, dans cette façon de raconter le monde simplement, sans pathos, avec une bonne dose d’humour.
Christophe Narbonne

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UNE FAMILLE SYRIENNE ★★★☆☆
De Philippe Van Leeuw

Huit ans après Le Jour où Dieu est parti en voyage, qui nous plongeait dans l’horreur du génocide rwandais, Philippe Van Leeuw s’attaque à la guerre en Syrie dans son second long-métrage. Le réalisateur belge, qui démarra comme chef op’ sur La Vie de Jésus de Bruno Dumont, nous raconte le conflit à travers l’histoire d’Une famille syrienne, qui se barricade dans son appartement avec des voisins et subsiste en se rationnant. Il n’y a pour eux que deux options : fuir avec la honte, ou rester en risquant sa vie. Van Leeuw “anonymise” le conflit (la Syrie n’est jamais nommée, on ne sait pas qui tire sur qui) pour mieux nous faire vivre la réalité et l’absurdité de la guerre : qu’importe l’identité des belligérants, les civils demeurent les premières victimes, et elle se moquent bien de savoir à qui appartiennent les balles et les bombes. Comment vivre au quotidien sous une menace permanente, avec la litanie du bruit des explosions et des tirs, toujours plus proches ? Seuls la résilience et l’espoir qu’un jour la guerre s’arrête et laisse place à la paix permettent de tenir le coup. Mais jusqu’à quand ? Préférant montrer les émotions que les charniers ou les immeubles éventrés par les missiles, Philippe Van Leeuw livre là un film poignant, quoiqu’un peu austère, sur l’atroce banalité de la guerre. Et semble nous poser cette question simple mais cruciale : pourrions-nous supporter une telle vie ?
Edouard Orozco

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

O KA NOTRE MAISON ★★☆☆☆
De Souleymane Sissé

Mélange de documentaire et de fiction, le nouveau film du malien Souleymane Sissé (Yeelen, Waati) raconte le combat mené par ses sœurs pour récupérer la maison familiale dont elles ont été injustement spoliées. La narration alambiquée (on ne sait jamais vraiment ce qui relève de la reconstitution et de la réalité, la voix off, mi-narratrice mi-journalistique, ajoutant à la confusion) et la mise en scène peu inspirée (ah ! la DV et les contre-jours…) rendent le projet peu engageant. Le film pointe néanmoins certaines dérives de l’administration malienne rongée par la corruption et les abus de pouvoir. En cela, O KA est salutaire mais aurait très bien pu se satisfaire d’un reportage pour Envoyé Spécial.
Christophe Narbonne

POP AYE ★★☆☆☆
De Kirsten Tan

Un architecte dépassé, rejeté par sa femme, tombe par hasard sur l’éléphant de son enfance. Sur un coup de tête, il part sur la route avec lui. En chemin, il croise un ermite lunaire, des flics entêtés, un travesti philosophe… Sorte de Broken flowers thaïlandais, ce film de middle-life crisis accumule les vignettes absurdo-mélancoliques dans un cadre réaliste qui rend compte des difficultés d’un pays coupé entre urbanisme galopant et ruralité déclinante. Avançant au rythme lent de l’éléphant, l’intrigue déroule son message écolo et humaniste de façon convenue.
Christophe Narbonne

JEANNETTE, L'ENFANCE DE JEANNE D'ARC ★★☆☆☆
De Bruno Dumont

Nouvelle étape du chemin (de croix) régressif de Bruno Dumont. Avec ce drôle d’objet qui tente le grand écart entre la geste bressonienne, l’avant-garde théâtrale et le musical noise, le cinéaste signe un film qui laisse plus que sceptique mais a le mérite d’être totalement fou. 
Gaël Golhen

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PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

BARBARA ★☆☆☆☆
De Mathieu Amalric

Comme son ami et mentor Arnaud Desplechin, Mathieu Amalric aime les récits déconstruits et les interprétations hallucinées qui transcendent les genres et les figures imposées. Avec Barbara, on est servis : ce portrait de la chanteuse en noir est aussi un film dans le film qui voit Jeanne Balibar jouer son propre rôle de diva du cinéma d’auteur dirigé par un Amalric possédé. Ego trip maximum. Ce dernier pousse le vice à introduire, ici et là, des vraies images de Barbara -tirées d’un documentaire sur elle de 1972 -qu’il superpose ponctuellement au visage de Jeanne. Le procédé est raté : la gêne l’emporte sur le trouble, la confusion sur la clarté. Heureusement qu’il y a les textes et les mélodies de Barbara. Ils fournissent à ce film pêle-mêle un semblant de fil directeur.
Christophe Narbonne

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