Marechal Aurore/ABACA

Avec son frère Paolo, il avait gagné la Palme d'or en 1977 avec Padre Padrone.

Le cinéaste italien Vittorio Taviani est mort dimanche 15 avril à Rome. Il est indissociable de son frère aîné Paolo (né en 1929, Vittorio était de 1931) : les frangins se tournent vers le cinéma après leur découverte de Païsa de Roberto Rossellini. Après un passage à l'Université de Pise pour étudier l'art, les deux frères, toujours inséparables, réalisent et scénarisent leurs premiers documentaires. Un début de carrière marqué par la censure d'une de leurs oeuvres en 1955, San Miniato, luglio '44 qui évoque les habitants de leur village tués par les nazis. Leur premier long-métrage, Un homme à brûler, sort en 1961. Le point de départ d'une œuvre de fiction exigeante, dans la droite ligne du néo-réalisme rossellinien, qui conjugue observation sociale et rigueur théorique.

Padre padrone remporte la Palme d'or -remise par leur maître Rossellini- au Festival de Cannes 1977, l'histoire d'un homme élevé à la dure dans la Sardaigne des années 40 et qui échappera à l'emprise de son père grâce au service militaire. La Nuit de San Lorenzo remporte le prix du jury de Cannes en 1982. Citons l'exaltant Good Morning, Babylon, récit de deux frères maçons engagés par D.W. Griffith pour construire les décors d'Intolérance. César doit mourir (Jules César de Shakespeare tourné avec d'authentiques prisonniers) a gagné le Lion d'or à Venise en 2012. Leur dernier film, Una questione privata, chronique de la Résistance piémontaise, sort le 6 juin prochain.

Prochainement au Cinéma