Momo : Clavier et Frot en roue libre [Critique]

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Réunis pour la véritable première fois à l’écran, Catherine Frot et Christian Clavier font ce qu’ils peuvent pour sauver cette comédie du naufrage.

Pour être exact, Christian Clavier avait déjà partagé l’affiche avec Catherine Frot : c’était en 1981 dans Les Babas-cool dans lequel l’actrice, alors débutante, se contentait d’un rôle très secondaire auprès de celui qui enchaînait les succès depuis la série des Bronzés. Désormais sur un pied d’égalité, les deux stars françaises n’ont pas forcément eu le nez creux pour célébrer leur réunion à l’écran. En résumé, Frot fait du Frot et Clavier, du Clavier, avec l’efficacité qu’on leur connaît. Elle en bourgeoise naïve, lui en gros con hargneux, mesquin et lâche. Mais le pire n’est pas là.

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Sébastien Thiéry a adapté sa propre pièce de théâtre dans laquelle Muriel Robin et François Berléand interprétaient un couple de bourgeois sans enfants qui voit soudain débarquer un trentenaire se prétendant leur fils. Sourd, parlant en borborygmes incompréhensibles, vêtu comme un SDF, l’intrus (joué par Thiéry) allait peu à peu bouleverser leurs certitudes… Succès critique et public, Momo “la pièce” n’a pas subi beaucoup de modifications en devenant un film -à l’exception du casting dont l’auteur-réalisateur est le seul survivant. Cette adaptation n’en est pas une et c’est sans doute le gros problème de Momo “le film” : certaines incohérences et extravagances, tolérées au théâtre, ont du mal à passer le cap de l’image et de son effet de réalisme. Impossible, par exemple, de croire au sentiment maternel soudain qui ébranle madame Prioux, cette sexagénaire en mal d’enfants depuis toujours. On y croit d’autant moins que le personnage de l’intrus, Patrick (“Momo” fait référence à “Maman” mal prononcé…), est caricatural en diable avec son look de clodo et son élocution barbare.

Mais le gros problème du film réside dans sa représentation du handicap. Que Patrick soit sourd et s’exprime difficilement, pourquoi pas. On a cependant l’impression que ce choix découle plus d’une envie de comédie facile que de discours sur la difficulté de vivre son handicap. On ne rit pas avec Patrick, on rit de lui. Malaise. Même chose avec le personnage de la compagne de ce dernier : enceinte jusqu’au cou, elle est… aveugle et nantie d’un chien nazi qui ne comprend que l’allemand ! Re-malaise. Sous couvert de férocité comique (à l’italienne, disons), on nous sert de l’humour bien gras qui tâche (à la Jean-Marie Bigard, mettons). Pendant ce temps-là, Frot fait du Frot et Clavier, du Clavier…

 


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