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Près de 20 ans après la série Dawson qui l’a révélée aux yeux du grand public, retour sur la carrière de celle qui campe la femme du milliardaire John Paul Getty prête à tout pour sauver son fils kidnappé dans Tout l’argent du monde de Ridley Scott.

Arlène Lorenzo dans Dick, les coulisses de la Présidence (1999)

Depuis un an, Michelle Williams crève le petit écran en incarnant Jen, l’ado perturbée de la série Dawson. Mais il n’y a pas que la télé dans la vie ! Et cinq ans après ses débuts au cinéma dans Lassie, elle y trouve son premier grand rôle avec cette comédie politique subversive revisitant le scandale du Watergate. En l’occurrence, celui d’une ado délurée qui va se retrouver comme sa meilleure amie (Kirsten Dunst, tout aussi géniale) témoin bien involontaire du cambriolage des bureaux du Parti Démocrate. On connaissait Michelle Williams fragile et bouleversante. On la découvre écervelée et hilarante. L’art du grand écart.

Columbia Pictures

Alma Del Mar dans Le secret de Brokeback mountain (2005)

Certes dans cette histoire d’amour entre deux cow- boys, on se souvient d’abord et avant tout de Heath Ledger et Jake Gyllenhaal. Mais une carrière se construit aussi sur sa capacité à incarner des seconds rôles, à les faire vivre sans briser l’équilibre du récit. La composition, ici, de Michelle Williams en femme trompée est un modèle du genre. Un sommet de sensibilité et de bouleversement intérieur qui lui vaut sa toute première nomination à l’Oscar et le début d’une histoire d’amour hors écran de trois ans avec celui qui campe son mari à l’écran : Heath Ledger. L’après Dawson s’annonçait sous les meilleures auspices.

Pathé Distribution

Wendy dans Wendy et Lucy (2008)

Découverte deux ans plus tôt avec Old Joy, Kelly Reichardt offre à la comédienne ce qui constitue alors son plus beau rôle depuis le début de sa carrière. Celui d’une jeune femme fauchée qui décide de tenter sa chance en Alaska avec sa chienne mais se retrouve coincée dans l’Oregon où la disparition de sa seule compagne de route va la plonger dans un profond désarroi. La douceur infinie de son interprétation éloigne le récit de toute ambiance glauque. Mieux, il lui donne une humanité lumineuse et un horizon possiblement dégagé que rien ne laissait a priori supposer. Le début d’une belle histoire de cinéma avec la réalisatrice qui la retrouvera pour La dernière piste et Certaines femmes

Epicentre Films

Cindy dans Blue Valentine (2011)

Devant la caméra de Derek Cianfrance, elle forme avec Ryan Gosling un couple déchirant et déchiré qui tente vainement de sauver son mariage après six ans de vie commune. Construit en flash-backs et flash-forwards, le récit fait se télescoper les moments magiques de leur rencontre et ceux montrant leur incapacité à recoller les morceaux. A l’écran, Michelle Williams semble ne jamais jouer cette histoire mais la vivre. Romantiquement. Charnellement. Avec une grâce blessée qui ne verse jamais dans le larmoyant facile. Et le spectateur vit, lui, Blue Valentine à travers ses battements de cœur. Une première nomination plus que méritée à l’Oscar de la meilleure actrice.

Films sans Frontières

Margot dans Take this waltz (2013)

L’amour et les histoires d’amour vont décidément bien au teint de Michelle Williams. Pour Sarah Polley, elle campe l’épouse heureuse d'un auteur de livres de cuisine qui va subir de plein fouet un coup de foudre pour son voisin. Un parfum de sensualité et d'érotisme électrise chaque scène que partagent cette femme et son amant avec qui elle n'ose passer à l'acte. La manière dont le visage de la comédienne soudain s’empourpre, le naturel confondant avec lequel elle évolue sur ce terrain platonique puis sur celui de la jouissance heureuse donne le la de ce Sur la route de Madison sexué. Un bijou d’interprétation auquel les votants des Oscars vont hélas préférer cette année- là celle plus calibré de My week with Marilyn. Pour sa deuxième nomination à la statuette de la meilleure actrice. 

Magnolia Pictures

Michelle Williams s'est attaquée à un nouveau rôle de femme bouleversante dans Tout l'argent du monde de Ridley Scott, au cinéma le 27 décembre.

 

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