20th Century Fox

La comédienne assure le show dans Spy, ce soir sur TF1.

Mise à jour du 17 décembre 2017 : Deux ans et demi après sa sortie au cinéma, Spy arrive pour la première fois en clair à la télévision. Rendez-vous ce soir à 21h pour (re)découvrir cette comédie d'action portée par Melissa McCarthy, Jason Statham et Jude Law.

Interview du 17 juin 2015 : Lourdingue, « pas fine », parfois vulgaire… Melissa McCarthy est une spécificité américaine, l’une de ces aberrations de sous-culture que l’on regarde de travers en se demandant comment ça marche. Mais le personnage de secrétaire intrépide qu’elle crée dans Spy devrait la propulser au-delà des sommets du box office US, et peut-être même (qui sait ?) dans le cœur du public français. Rencontre avec une grosse dame de la comédie.     

Excessif, délirant et irrésistible, Spy est un vrai Melissa McCarthy Show [critique]

Spy, dans lequel vous vous soumettez à des gags physiques d’un genre très « gore », marque votre troisième collaboration d’affilée avec Paul Feig. Déjà un vieux couple de comédie : on sent que vous ne feriez pas ça pour n’importe qui… C’est vrai. La seule autre personne qui m’apporte autant de sécurité sur un plateau, c’est mon mari, Ben Falcone (sous la direction duquel elle a tourné deux films, ndr). Avec eux, j’aime explorer mes limites. Si un gag semble un peu too much, on le filme quand même ! Et s’il gène finalement l’un de nous, on ne l’utilise pas au montage… Mais il m’arrive aussi de dire non. Parce que, oui, croyez-le ou non, j’ai des limites (rires). Dans ces cas-là, Paul essaye de m’amadouer, à sa manière très charmante : « Ooooh, Mel, tu es sûre que tu ne veux pas de ce concombre sous ta jupe ? Alleeeeez… ». Mais je tiens bon… En général, pour protéger l’intégrité du personnage. Susan Cooper, mon personnage dans Spy, n’est pas stupide. Il y a certaines choses qu’elle ne ferait pas.

Vous êtes devenue une star aux Etats-Unis en levant la jambe dans un couloir d’avion, aspirant du même coup tout l’oxygène de Mes Meilleures amies. Votre talent d’improvisation est devenu une marchandise précieuse dans l’industrie. La meilleure impro est celle qui colle scrupuleusement au script. Je change trois fois rien : un mot ici, une phrase là, pour conserver de la fraîcheur, une spontanéité. Et pour prendre mon partenaire par surprise, le déstabiliser. L’essence de la comédie, c’est la surprise. Si vous réussissez à faire en sorte que le spectateur reste sur ses gardes d’une seconde à l’autre, alors vous avez gagné… 

Paul Feig : "Je ne voulais pas subvertir S.O.S Fantômes, je voulais subvertir Hollywood"

Parce qu’il joue le jeu du film d’espionnage sans être une parodie, Spy prend moins de détours que vos films précédents. Il a l’air moins « improvisé ».  Ce n’est qu’une impression, j’en ai peur. Il y a autant d’impro dans Spy que dans The Heat et Mes Meilleures Amies. Mais je le prends comme un compliment ! Ca veut peut-être dire qu’on a bien fait notre boulot.    

Vous êtes successivement accouplée avec Jason Statham, Jude Law, Rose Byrne, Miranda Hart… Spy est ce qui arrive quand Melissa McCarthy tourne un buddy-movie : vous finissez par en faire quatre. Ahah, oui ! J’ai pas arrêté de remercier Paul sur le tournage : ‘Tu te rends compte, on est en train de faire Midnight Run, Une chance pas croyable (Bette Midler et Shelley Long, 1987) et Un ticket pour deux… dans le même film !’. On s’est dit qu’on tenait un truc le jour où on a vu un premier bout-à-bout de mes scènes avec Jason, Jude et Rose… Quelque chose qui dépasse la simple alchimie entre les acteurs. Susan Cooper marchait avec tout le monde ! Elle est fun, on a envie qu’elle s’en sorte. C’est un beau cadeau de Paul, ce personnage. 

Emouvant, trash et très, très drôle, Mes meilleures amies est une merveilleuse série concentrée sur deux heures [critique]

Elle pourrait devenir une figure de comédie culte… On essaye de pas le clamer trop fort pour le moment parce qu’évidemment, le public sera seul juge. Mais c’est ce qu’on pense aussi. 

Vous avez un pouvoir de vie ou de mort sur les films ? Ce que vous voulez, vous l’obtenez ? Pas vraiment, non. Le processus est long et fastidieux. J’ai un petit pouvoir, mais sans un script solide et un casting en place, vous n’êtes qu’un producteur de plus en guerre contre une énorme machine indomptable. C’est difficile. Et ça l’est encore plus d’arriver finalement au film que vous aviez initialement en tête. Le combat continue. On verra. 

Vous êtes fière de celui-là ? Très. On en sort avec un bon feeling. Comme ces films dont on parlait, justement : Midnight Run, Une Chance pas croyable… J’ai l’impression que les gens seront contents d’avoir payé pour la babysitter, payé pour leur ticket d’entrée, heureux de constater qu’ils ne tirent pas la tronche en sortant de la salle. J’espère...

J’aimerais suggérer Russell Crowe pour Spy 2… Ouuuh ! Bonne idée. Vous en avez parlé à Feig ? Il faut en parler à Feig… 

Vous ne couchez avec personne dans Spy. Susan devient un agent de terrain, elle devient l’un de ces types. Elle devrait passer son temps à tringler tout le casting… On voulait la mettre dans des situations où elle est amenée à séduire d’autres espions, mais ça ne fonctionnait pas dans le script. On a quelques concepts en tête pour la suite. Si Susan revient, ce sera en espionne aguerrie, donc nymphomane par profession. Il faudra que ce soit brutal, peut-être même un peu gore. Russell Crowe, c’est vraiment pas mal…

Interview Benjamin Rozovas

 

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