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Marc Webb : "Spider-Man c'est pas Harry Potter"
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© Marc Webb, réalisateur de The Amazing Spider-Man, revient sur son film et les défis d'un reboot pas comme les autres. Shazam !
C'était le pari fou de Sony et Marvel : réinventer le tisseur 5 ans seulement après un Spiderman 3 décevant. Comment succéder à Sam Raimi ? Comment remettre les pendules à l'heure ? C'était tout le problème de The Amazing Spider-Man (odyssée racontée en long, en large et en travers dans le dernier numéro de Première) que les producteurs ont résolu en choisissant une nouvelle ADN. Un nouveau réalisateur. Ex-réalisateur de clip au CV minuscule, auteur d'une petite rom'com arty et séduisante (500 Jours ensemble), Marc Webb est l'arme fatale de ce reboot, un débutant qui va se frotte aux plus grands (dont Christopher Nolan qui arrive avec son Dark Knight Rises). Rencontré lors de la promo parisienne, il nous livre les défis de son adaptation et les petits plaisirs qu'il s'est accordé...
Succéder à Sam Raimi
« Je sais que beaucoup de gens se posent des questions sur la légitimité de ce reboot, mais Spider-Man, c’est pas Harry Potter. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’y a rien de sacrilège à revisiter son histoire. Il trône au sein de la pop culture depuis cinquante ans, ses aventures ont été racontées par des dizaines de scénaristes, dessinées par des dizaines d’artistes… Je considère ça cool et plutôt sain que des réalisateurs puissent à leur tour se passer le flambeau. J’admire le boulot qu’à fait Sam, mais il se trouve qu’on a une lecture différente du personnage. Mon Peter Parker peut être très sarcastique quand il est dans son costume – regardez la scène avec le voleur de voiture : il le torture, il le frappe, il y a une véritable colère en lui. Je voulais explorer cette « rugosité » du personnage. L’autre angle d’attaque, c’était de recontextualiser l’univers de Spidey, le rendre plus contemporain. Je veux qu’en sortant de la salle, les spectateurs puissent trouver des points communs entre le monde qui les entoure et celui qu’ils viennent de voir sur l’écran. »
Se faire embaucher par Sony
« Pourquoi est-ce que les producteurs du film ont pensé à moi ? Aucune idée. J’imagine qu’ils sont cinglés… Non, sérieusement, je crois qu’ils ont simplement aimé mon précédent film, 500 jours ensemble. Ils m’ont dit qu’ils l’avaient trouvé sincère, drôle, émouvant. Certains fans de Spider-Man s’inquiètent du fait que je ne sois pas un réalisateur spécialisé dans l’action, mais voyez-vous, j’ai une petite carrière de réalisateur de clips derrière moi, et certains de mes clips étaient plutôt du genre spectaculaire… »
Trouver les bons acteurs
« Andrew Garfield et Emma Stone symbolisent deux écoles de comédie totalement différentes. Andrew, c’est l’Anglais surentraîné et méthodique, un monstre de précision. Emma, elle, est plus désinvolte et instinctive, elle va très vite, elle adore improviser, les vannes fusent en permanence – l’école Apatow, quoi. Elle a vraiment réussi à extraire d’Andrew un humour que je ne lui connaissais pas. Et en retour, lui l’a amenée sur le terrain de l’intensité dramatique et de la vérité émotionnelle. Ce genre d’alchimie entre deux acteurs, on la recherche, on peut tenter de la provoquer, mais là, quand Emma et Andrew ont commencé à jouer ensemble, il s’est vraiment passé quelque chose de magique. »
Réinventer Spidey
« Une grande partie de notre inspiration pour ce film vient de la BD Ultimate Spider-Man (version « modernisée » de Spider-Man dont la publication a commencé en 2000 – ndr). Brian Michael Bendis a fait de nombreux choix scénaristiques que j’aime beaucoup, comme le fait que Spider-Man dise très tôt à Gwen Stacy qui il est vraiment. J’aime ça, ce feeling que tu as, ado, quand tu vis ta première histoire d’amour et que tu te confies à quelqu’un pour la première fois de ta vie. L’autre truc passionnant dans Ultimate Spider-Man, ce sont les dessins de Mark Bagley. Je voulais créer un Spider-Man plus vivant, plus acrobatique. Ultimate a eu une grosse influence sur notre Spidey, sur son aspect très sec et agile, la façon dont il bouge. Andrew est d’ailleurs devenu complètement obsédé par le langage corporel de Spider-Man. On a décidé d’explorer à fond cette imagerie, celle d’une araignée en mouvement. »
Citer Hitchcock
« Pourquoi est-ce qu’il y a un poster de Fenêtre sur Cour dans la chambre de Peter Parker ? Parce que Peter est photographe, comme Jimmy Stewart chez Hitchcock… La photographie, ce n’est pas innocent chez Peter, ça fait partie de sa personnalité. Les gens le voient comme un nerd ou un geek, mais selon moi il est d’abord un outsider. Fenêtre sur Cour est une référence parfaite pour parler de ce garçon qui passe son temps à observer le monde et qui, à un moment donné, va devoir se décider à intervenir. Il y a beaucoup de miroirs, de reflets, dans le film. L’appareil photo, c’est le symbole de Peter Parker. Et Emma Stone, c’est notre Grace Kelly… »
Recueilli par Frédéric Foubert
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