Abaca

A l'occasion de la sortie de Taxi 5 de Franck Gastambide, retour sur la "génération taxi".

On a piqué le "génération taxi" de notre chapeau à la chanson d’El Matador qui illustre le générique de fin de Taxi 4 (2007). Le Taxi de la discorde, celui où Samy Naceri – alors en pleine chute libre – n’apparaît qu’à de brefs intervalles. Celui qui a fait le moins d’entrées (4,5 millions, quand même), et qui a plongé la franchise dans les limbes jusqu’à ce que le duo Gastambide/Bentalha débarque chez Luc Besson pour lui pitcher un reboot.

Si du point de vue recettes la série n’a rien à prouver (plus de 27 millions d’entrées), y a-t-il une "génération Taxi" ? Pour Malik Bentalha, qui joue le "pire chauffeur Uber de Marseille" dans Taxi 5, c’est indéniable. "Taxi représente tellement de choses, pour moi, pour mes potes... C’est la première fois en France qu’un Arabe devient la mégastar d’une comédie d’action." Taxi et Taxi 2, sortis en 1998 et 2000, prennent avec l’âge une couleur nostalgique, idéalisant rétrospectivement une France unie, vainqueur de la Coupe du monde 98, où flics et voyous jouent aux courses de voitures sans conséquences. "Je mettais le maillot de Zidane en permanence. Le voir porté par Samy dans Taxi 2, ça devenait historique." En une seule image, Taxi 2 faisait un coup de génie marketing et le film atteignait les 10 millions d’entrées. Vingt ans plus tard, plus de Coupe du monde pour célébrer l’union nationale. Naceri n’est pas devenu le nouveau Belmondo mais abonné aux faits divers ("C’est une superstar en Russie", soupire Bentalha).

Taxi 5 est une comédie réussie (critique)

"On ne pourrait même plus sortir les répliques des premiers films aujourd’hui sans créer de grosses polémiques. C’était une autre époque." Le succès de Taxi auprès d’une génération de spectateurs nés après 1990 tient à ce que Besson a su s’adresser très clairement aux enfants de l’époque. "Je faisais des rêves où j’étais au volant... À chaque fois qu’on passait devant un concessionnaire, je demandais à mon père de m’acheter une 406. Vous savez, j’avais 9 ans quand le film est sorti. Je l’ai vu dans mon cinéma de Laudun-L’Ardoise, dans le Gard. J’avais fraudé. Un copain payait sa place, il rentrait et nous ouvrait la porte. On rentrait à quinze après lui. Ça me fait penser que je dois donc 8 euros à Luc Besson.

Prochainement au Cinéma