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Mad Max Fury Road revient dimanche soir sur France 2.

Blockbuster événement du festival de Cannes 2015, Fury Road sera diffusé en fin de week-end à 21h sur France 2. A sa sortie, Première avait adoré le spectacle proposé par George Miller, et avait tout autant apprécié le message féministe de son film, qui était déjà présent dans les premiers épisodes de la saga. Retour sur "Mad Max et les femmes".

Même sans les effets spéciaux, Mad Max Fury Road est très impressionnant

Au-delà de l'emballement à peu près unanime et totalement justifié à la sortie de Mad Max Fury Road, les commentateurs attentifs soulignent le rôle important tenu par les femmes dans l'histoire. Précisons, sans trop dévoiler, que le film se situe dans une société post apocalyptique où la pollution provoque un taux de mortalité très elévé. C'est dans ce contexte qu'un chef de guerre a organisé une société assez sophistiquée pour non seulement subvenir aux besoins alimentaires de son armée, mais aussi assurer son renouvellement. Dans ce but, il s'est constitué un petit harem de génitrices (qu'il a choisies très jeunes et belles). L'action démarre vraiment lorsque la rebelle Furiosa (Charlize theron) fausse compagnie au chef de guerre, libérant du même coup les femmes pour les emmener dans son royaume à l'autre bout du continent. Le hasard et la nécessité mettent Mad Max sur leur chemin, forçant les uns et les autres à s'entraider.

Gal Gadot a failli jouer Furiosa dans Mad Max Fury Road

Reprenons : à Cannes comme ailleurs, Mad Max Fury Road serait un film féministe. Certains vont même jusqu'à le déplorer, comme l'atteste ce communiqué d'une ligue de défense des hommes dont l'énoncé est tellement surréaliste qu'il ressemble à un canular. Mais peut-être que non : aux Etats-unis, la liberté d'expression est prise tellement au sérieux qu'elle donne lieu à ce genre d'extravagance. Ce qui étonne, ce n'est pas tellement l'hostilité mais l'ingénuité vis-à-vis de la présence féminine dans Mad Max, comme si c'était inattendu, et surtout, inédit. Il convient peut-être de rappeler que Mad Max n'est pas et n'a jamais été ce fantasme exclusivement masculin peuplé de guerriers en perfecto qui s'entre-massacrent dans un enfer mécanique de motos et de véhicules motorisés. Ce n'est ni le monde de Mad Max, ni celui de George Miller.

Un monde de parité

Pour commencer, on peut se demander ce qui justifie l'appellation du héros. Pourquoi Max est-il devenu Mad ? Rembobinons. Dans le premier film, le policier Max Rockatanski est un père de famille normal et équilibré, jusqu'au jour où une bande de barbares massacre sa femme et son fils. La séquence est brève mais éloquente, et contient déjà en germe des éléments d'héroïsme au féminin avec cette vieille femme armée d'un fusil, qui réussit momentanément à contenir une bande de brutes. C'est cette rupture originelle qui rend Max fou, et fait de lui un vengeur impitoyable et brutal. 

Mad Max Fury Road : un film hybride qui réinvente le cinéma (critique)

Mad Max 2 n'est pas non plus un monde sans femmes. Max y rencontre une communauté qui essaie de maintenir un semblant de civilisation dans un monde retourné à la barbarie. Symboliquement vêtus de blanc, les hommes et les femmes partagent les mêmes tâches sans discrimination, ce qui veut dire que les femmes peuvent très bien occuper des postes de guerrières en cas de besoin, et celles qui le font sont prêtes à se sacrifier pour la communauté. Celles qui font de même dans Fury Road sont leurs héritières directes. La présence de l'enfant sauvage, à qui Max offre une boîte à musique, et qui plus tard sera appelé à raconter la saga, rappelle aussi que le monde n'est pas uniquement composé de mâles adultes.   

Le troisième volet (Au-delà du dome du tonnerre) est dominé par la présence de Tina Turner qui règne sur une ville corrompue, tandis que dans le désert, une communauté d'enfants dirigée par une femme représente l'espoir d'un avenir meilleur.

George Miller : "J'ai fait Mad Max pour retrouver l'essence du cinéma"

Dans Fury Road, les femmes tiennent certes un rôle essentiel, mais le réalisateur des Sorcières d’Eastwick (dans lequel trois femmes tirent métaphoriquement le diable par la queue) n’a fait que reprendre les ingredients de sa trilogie originelle en augmentant un peu la dose. Après tout, Miller est un conteur et, en tant que tel, il ne peut pas négliger la moitié de l’humanité.

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