Papicha
Jour 2 Fête

Après la série Les Sauvages, la jeune actrice fait coup double au cinéma avec Hors normes et surtout Papicha, qui lui a valu un prix d’interprétation au festival d’Angoulême.

"L’envie de jouer a fait son chemin inconsciemment."

Cette fille d’un journaliste et d’une prof de violon ne s’imaginait pas comédienne, jusqu’au jour où la réalisatrice Nora Hamidi lui demande si elle n’a jamais pensé être actrice. Un déclic qui la conduit en fac de cinéma à Nanterre... qu’elle quitte vite. "J’ai compris que je ne voulais pas être derrière la caméra mais devant !" Dès lors, ce sera un sans- faute. Elle entre au TNS [théâtre national de Strasbourg], se régale sur scène où quiconque a pu l’admirer dans Actrice de Pascal Rambert en garde un souvenir inoubliable, et voit ses débuts au cinéma dans Les Bienheureux primés à Venise.

 

"Papicha, c’est un peu mon père.

Avec Papicha, elle entre dans une nouvelle dimension en campant une étudiante qui se rêve styliste dans l’Algérie violente des années 90. Un film qui fait écho à sa vie puisqu’elle est née en Algérie au cœur de ces événements que son père, menacé de mort, a dû fuir. "On a même tourné dans l’amphi où mes parents se sont connus." Nourrie, mais jamais débordée par ces fortes émotions, elle donne admirablement le tempo de ce film lumineux.

"La machine écrasante du cinéma m’a fait un peu peur."

On vient de la voir dans Les Sauvages. Elle est à l’affiche de Hors normes. On la retrouvera dans The French Dispatch de Wes Anderson. Un tourbillon. "Mais j’ai eu la chance de tomber sur des cinéastes en adéquation avec la comédienne que j’ai envie d’être." Cette admiratrice de Kechiche et Maiwenn est à la hauteur de ses grandes ambitions. Le César de la révélation 2020 a trouvé sa favorite.