Les sorties de la semaine du 15 septembre : Miral, Les Runaways, Cyrus, The Town...
Accrochez-vous bien, les sorties ciné de la semaine sont nombreuses !
Cette semaine au cinéma, Dakota Fanning et Kristen Stewart jouent les stars du rock, Jonah Hill pourrit la vie de son beau père John C. Reilly, Freida Pinto est Miral, Ben Affleck est un réalisateur braqueur, Romain Gavras nous annonce que Notre jour viendra, Marina Foïs et Elodie Bouchez aiment les plans à 4 et Claude Lelouch revient avec Ces amours-là. Ca va être difficile de faire son choix. Pour mieux vous y retrouver, voici les critiques, film par film.
Choix numéro 1 : Cyrus, avec John C. Reilly et Jonah Hill.
Synopsis : Sept ans après son divorce, John est toujours célibataire. Il a cessé de croire à l’amour. Cédant à son ex-femme, Jamie, devenue sa meilleure amie, il accepte à contrecœur de les rejoindre, elle et son fiancé, à une fête. A la surprise générale, John y rencontre une femme, la belle et dynamique Molly.Entre eux, c’est le coup de foudre. Pourtant, John va vite découvrir qu’il existe un autre homme dans la vie de Molly : son fils de 21 ans, Cyrus, avec qui elle entretient une relation hors norme. Prêt à tout pour protéger sa mère, le jeune homme n’a pas du tout envie de la partager, et encore moins avec John.C’est le début d’une guerre. Il ne pourra y avoir qu’un seul vainqueur…
L'avis de Première.fr : Jay et Mark Duplass font leurs premiers pas dans le cinéma de studio avec cette comédie acide qui tente d’allier l’amateurisme décontracté de leurs débuts avec une tendance plus mainstream. Le mariage n’est pas toujours heureux : d’un côté, la caméra tremblotante et les zooms impromptus semblent forcés et, de l’autre, la présence de John C. Reilly fait basculer le film dans la zone plus balisée des productions Judd Apatow. Comédie de l’embarras, Cyrus contient assez de situations horriblement gênantes pour faire hurler de rire les amateurs du genre, mais c’est lorsque les Duplass abordent de front leur sujet – une relation toxique quasi incestueuse – que leur film se révèle le plus percutant. Dommage qu’il s’achève sur une note un peu trop rassurante.
Bande-annonce :
Choix numéro 2 :Miral, de Julian Schnabel, avec Freida Pinto et Hiam Abbass.
Synopsis : Jérusalem, 1948. Alors qu'elle se rend à son travail, Hind, une jeune Palestinienne, recueille un groupe d'enfants victimes d'une attaque israélienne. Ainsi naquit l'institut Dar Al Tifel, un pensionnat pour enfants palestiniens. Miral, fillette de 7ans est conduite par son père Jafal à l'institut après le suicide de sa mère. Les années passent et à 17asn, Miral se retrouve à l'heure des choix : partagée entre la défense de la cause de son peuple par la force et l'idée, inculquée par Hind, que l'éducation est la seule solution.Le film est présenté en compétition dans le cadre de la 67ème Mostra de Venise.
L'avis de Première.fr : Soyons honnêtes : le dernier film de Julian Schnabel prête le flanc a beaucoup de critiques (qui ne se sont pas gênés). Ce film à message est un peu trop manichéen pour vraiment convaincre; il survole trop vite les problèmes de la région pour vraiment éduquer (le terrorisme, l'intifada, la partition, les colonies et la militarisation de la vie israélienne le tout en 2h ?); et il parle trop anglais pour vraiment être honnête. Alors quoi ?
Alors deux choses : on oublie un peu facilement que Schnabel est d'abord et avant tout un artiste et que plus que par de grands et longs discours, c'est par son art pictural, par ses images sublimes, que ses sentiments passent. C'est le cas ici où sa radicalité visuelle parle cent fois mieux et cent fois plus fort que tous ses prêches. Il suffit de voir la séquence du début, ce van jaune qui transporte le corps de Hind Husseini et contraste tant avec la tristesse d'un peuple accablé; la scène de l'enterrement vue du point de vue des fleurs qui oblige à reconsidérer l'impact de cette disparition et à l'envisager comme un instant de renouveau; ou bien ces moments de grâce où l'on voit Miral et Lisa s'échapper de la guerre, des clichés et des haines dans des scènes très nouvelle vague... C'est dans ces instants, de pur cinéma, que Schnabel touche juste. Il le doit entre autres, à la photo ahurissante d'Eric Gautier qui signe l'une de ses plus belles lumières. Et puis il y a Freida Pinto dont la beauté fulgurante brise toutes les barrières. Trop belle disent certains critiques ? Peut-être, mais la justesse avec laquelle elle joue Miral, la manière dont elle semble s'être emparé de son personnage valent là aussi tous les grands discours.
Bande-annonce :
Choix numéro 3 :Les Runaways, de Floria Sigismondi, avec Kristen Stewart et Dakota Fanning.
Synopsis : Los Angeles, 1975 : Joan Jett est une adolescente rebelle et bien décidée à percer dans le monde très masculin du rock n’roll.Par l’intermédiaire de son agent, l’hétéroclite Kim Fowley, elle fait la rencontre de la jeune chanteuse Cherie Currie, de la batteuse Sandy West, de la guitariste Lita Ford et de la bassiste Robin, avec qui elle forme le groupe The Runaways.Grâce au succès fulgurant du tube « Cherry Bomb », les jeunes filles vont devenir le premier groupe de rock féminin qui atteindre les sommets des charts.Elles vont cependant vivre difficilement les contrecoups de la célébrité. Une tournée au Japon accentuera davantage les tensions au sein du groupe.
L'avis de Première.fr : Moins hollywoodien que Walk the Line (2006) et moins barré que I’m Not There (2007), Les Runaways pourrait se résumer à un biopic musical bien foutu mais, in fine, anecdotique. Ce serait une erreur de le penser, la même que celle que l’on pourrait commettre en se hasardant à écouter les albums du groupe. Le film porte en lui cette rage adolescente qui fit de Joan Jett et Cherrie Curie des pionnières et des légendes. Porté par la photo de Benoît Debie, le long métrage reconstitue sur le vif le L.A. des seventies comme si on y était. On ressent l’émulation artistique comme on comprend l’amertume d’être reléguées au rang de poupées. Même si elle ressemble parfois à un plan de carrière pour casser une image trop proprette, l’attitude trash de Kristen Stewart et de l’ex-baby star Dakota Fanning se lit, dans le récit, comme une revendication féministe pour obtenir les mêmes droits à l’alcool, aux drogues et aux montées d’hormones que les garçons. Bien plus qu’une hagiographie un peu niaise, Les Runanaways réussit à transmettre, au travers de cette révolte, l’essence du rock.
Bande-annonce :
Choix numéro 4 :The Town, de et avec Ben Affleck, avec Blake Lively, Jeremy Renner...
Synopsis : Adapté du roman de Chuck Hogan, Le Prince des braqueurs.Plus de 300 braquages de banques ont lieu chaque année à Boston. La plupart des braqueurs "professionnels" habitent un quartier de 1,6 km2 appelé Charlestown.Doug MacRay fait partie du lot, mais, contrairement aux autres, il aurait pu échapper à son destin en refusant de suivre l'exemple d'un père criminel. Au lieu de cela, il a pris la tête d'un gang de durs qui se targue de réussir chaque coup sans répandre le sang. Cette bande constitue sa seule famille ; son "frère" est le colérique et impulsif Jem.Tout change le jour où Jem prend brièvement en otage une directrice de banque, Claire Keesey. Lorsqu'ils découvrent qu'elle habite Charlestown, Jem s'inquiète de savoir si elle serait en mesure de le reconnaître. Sachant son complice capable de tout, Doug prend l'affaire en main. Il entre en contact avec Claire, qui ne soupçonne pas un instant que ce séduisant inconnu, rencontré "par hasard", est l'un des gangsters qui la terrorisa quelques jours plus tôt.Une relation passionnelle se noue entre eux, et Doug n'a bientôt plus qu'un désir : changer de vie, fuir Boston avant que n'aboutisse l'enquête de l'Agent Frawley et que Jem ne questionne sa loyauté. Mais comment éviter de mettre Claire en danger? Doug voit tous ses choix se réduire à une simple alternative : trahir ses amis ou perdre la femme qu'il aime…Le film est présenté hors compétition à la 67ème Mostra de Venise.
L'avis de Première.fr : Une histoire puissante d’amitié jusqu’à la mort et de rédemption à laquelle le cinéaste imprime une authenticité rare, soutenu par un cast uniformément dément, de Jeremy Renner (Démineurs), qui est en train de s’imposer comme le chien le plus fou d’Hollywood, à Jon Hamm, qui a rangé les costards de Mad Men pour incarner un agent du FBI génialement retors. Derrière la caméra, Affleck affiche la confiance d’un vétéran, signant une mise en scène empreinte de majesté old school dont la pureté renvoie à l’une de ses idoles (Eastwood). Quand le film s’emballe lors de ses scènes de casses et de fusillades, il faut aller chercher du côté de Point Break et de Heat pour retrouver cette même sensation d’urgence et de chaos urbain. Autant de références qui ne pèsent pas sur The Town, mais donnent une idée assez précise du club qu’aspire à rejoindre Ben Affleck. La carte de membre ne saurait tarder.
Bande-annonce :
Choix numéro 5 :Ces amours-là, de Claude Lelouch, avec Audrey Dana, Raphaël...
Synopsis :Ces amours-là retrace la vie d'Ilva, des années 30 à aujourd'hui... Une femme qui, toute sa vie durant, a placé l'amour au-dessus de tout...
L'avis de Première.fr :Ces Amours-là est une fresque, quarante ans d’histoires qui croisent l’Histoire. Pour son quarante-troisième film, Lelouch brasse ses thèmes favoris comme dans Les Uns et les Autres ou Partir revenir. C’est un fourre-tout où les filles sont comme les mères, et réciproquement, parsemé d’autocitations peu modestes. C’est aussi un florilège émaillé de moments de grâce : un nazi jouant La Marseillaise à l’ocarina, un avocat entonnant du Brassens dans les couloirs d’un tribunal. De ce grand maelström, on sort moitié agacés, moitié conquis. Le plaisir de ce grand gosse amoureux du cinéma reste visible, et sa passion pour les acteurs (Audrey Dana et Laurent Couson, musicien et par ailleurs excellent comédien) tout à fait palpable.
Bande-annonce :
Choix numéro 6 :Happy Few, d'Antony Cordier, avec Marina Foïs, Roschdy Zem...
Synopsis : Rachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu’elle rencontre Vincent à l’atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d’organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu’ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l’avoir cherché, spontanément, les nouveaux amants deviennent inséparables. Ils avancent à l’aveugle dans leur passion, sans règles et sans mensonges. Ils gardent le secret devant les enfants et tout continue, presque comme avant.Mais ce qui les lie les uns aux autres est tellement fort que la confusion s’installe. Les sentiments s’emmêlent et les questions sont de plus en plus cruelles.
L'avis de Première.fr :
Il y a quelque chose de musical et de chorégraphique dans la façon dont les corps se meuvent : autour d’une table de ping-pong, au squash ou dans un lit, ils ne sont que gestes et élans. (...) Parfois, les voix off des personnages sont redondantes (et pourquoi diable Franck est-il le seul à ne pas s’exprimer ainsi ?), quelques fausses pistes agacent, quelques afféteries de scénario (le pull noir, le carnet) aussi. Mais c’est peu au regard de la force avec laquelle les acteurs, tous exemplaires, se sont emparés de cette histoire. Et de la limpidité avec laquelle Antony Cordier observe des êtres vivant une utopie dans un monde qui en manque cruellement.
Bande-annonce :
Choix numéro 7 :Notre jour viendra, de Romain Gavras, avec Vincent Cassel et Olivier Barthelemy.
Synopsis : Patrick et Rémy n'ont ni peuple, ni pays, ni armée : ils sont roux.Ensemble, ils vont combattre le monde et sa morale, dans une quête hallucinée vers l'Irlande et la liberté.
L'avis de Première.fr :
Pour :Romain Gavras ne s’est pas contenté d’aligner les scènes choquantes et les répliques débiles sur le modèle de Sheitan, le premier film de son pote Chapiron, plus proche d’une production Europacorp dégénérée que d’un film à thèse. Si l’on veut parler par raccourcis, Notre jour viendra est la rencontre entre Les Valseuses et La Vie de Jésus. Un road-movie radical où pointe le nihilisme, nimbé d’un humour vachard absurde et d’une désespérance muette. (...) Emmené par un Vincent Cassel « depardiesque » et un Olivier Barthélémy sourdement inquiétant (il fait penser au Vincent D’Onofrio de Full Metal Jacket), Notre jour viendra se présente non pas comme une apologie de la violence, mais, au contraire, comme sa condamnation. Une séquence, en particulier, ne laisse planer aucun doute : celle où Patrick s’en prend gratuitement à des putes puis à un couple dans un Jacuzzi. De concevable, sa croisade contre la société devient indéfendable. Le nihilisme final, signe d’un dogmatisme aveugle, confirme que Romain Gavras est un cinéaste responsable. Pas le sale gamin qu’il est impérieux de diaboliser.
Contre : loin de provoquer la réflexion, leur nihilisme facile souffre d’un manque cruel de sincérité, à des années-lumière de la rage humaniste d’un Spike Lee ou de l’anarchisme d’un Blier. D’autant que, tout en entendant dénoncer la stigmatisation de la différence, le film ne parvient jamais à se départir d’une terreur galopante de l’homosexualité, présentant par ailleurs une image limitée et calamiteuse des femmes. Du côté des protagonistes, l’absence délibérée de caractérisation laisse les acteurs seuls responsables de leurs personnages. Résultat : on n’oublie jamais que l’on est en train de regarder le-grand- Vincent-Cassel, plus théâtral que jamais, nous servir son numéro de Vincent Cassel. Et si Romain Gavras fait preuve d’une maîtrise technique certaine – qualité suffisamment rare dans le cinéma français pour être signalée –, sa mise en scène reste trop appliquée et attendue, échouant même à asséner le coup de poing dans la gueule que sa réputation pouvait laisser présager.
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