Les sorties ciné du 28 mars : Young Adult, La Colère des Titans, Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout...

28/03/2012 - 10h10
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Les sorties ciné du 28 mars : Young Adult, La Colère des Titans, Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout...© DR

Cette semaine au cinéma, Charlize Theron électrise Young Adult, Sam Worthington provoque la Colère des Titans et les flibustiers sont à l'honneur dans Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout.

Choix n°1 :Young Adult de Jason Reitman, avec Charlize Theron, J.K. Simmons, Patrick Wilson...

Synopsis : Originaire d’une petite ville de province où elle s’ennuyait à mourir, Mavis Gary s’est installée à Minneapolis où elle est devenue auteur de romans pour ados. Mais lorsqu’elle apprend que son ex-petit copain de lycée est devenu papa, elle décide de revenir sur les lieux de son enfance pour le reconquérir. Tandis que Mavis semble sûre d’elle et de son pouvoir de séduction, la situation ne tourne pas à son avantage. Elle noue alors une relation peu banale avec un ancien camarade de lycée (Patton Oswalt), mal dans sa peau, qui, malgré les apparences, lui ressemble plus qu’il n’y paraît…

L'avis de Première : Au départ comique, le scénario épouse peu à peu le point de vue dramatique de cette briseuse de couples dépressive qui agresse la cellule familiale, manipule pour parvenir à ses fins, simule l’humilité, jalouse les nouveaux-nés et porte en elle les stigmates d’une souffrance affective pathologique. Pendant plus d’une heure trente, elle ne trompe personne : tout le monde peut lire en elle comme dans un livre ouvert et l’on guette patiemment le moment où les masques vont tomber. Une sous-intrigue vient cependant tempérer la cruauté du propos : à la place de son amour de jeunesse (Patrick Wilson, formidable en ex-play-boy qui porte tellement bien les pulls de jeune papa), cador éteint dont le disque dur personnel des années 90 a complètement crashé, Mavis retrouve surtout l’ancien freak éclopé du lycée (excellent Patton Oswalt), qui devient son confident. Cette amitié entre l’ex-reine du bal de promo et le geek impuissant, fausse piste semblant indiquer une possible rédemption, aurait été convenue, si elle ne véhiculait la profonde mélancolie des fantasmes accomplis sur le tard. Sans jamais chercher le coup de force narratif, Jason Reitman et Diablo Cody mélangent le passé et le (re)devenir pour parler du sentiment d’échec qui tord le ventre. L’alchimie entre le réalisateur et la scénariste fonctionne encore mieux que dans Juno, leur précédente collaboration : il a la discrétion du metteur en scène qui s’efface derrière ses personnages; elle utilise les mots comme des armes, sans s’abîmer dans la leçon de choses. Young Adult n’est donc pas un film générationnel fait par et pour des trentenaires décalcifiés. Comme le titre l’indique, il capte les limbes entre deux âges, cette pénible attente entre les réminiscences brumeuses de l’adolescence et les contingences du passage à l’âge adulte, en communiquant une trouille partagée par tout le monde : celle d’être passé à côté de sa vie.

Bande-annonce : 

                   

Choix n°2 : La Colère des Titans de Jonathan Liebesman, avec Sam WorthingtonLiam Neeson, Toby Kebbell, Bill Nighy...

Synopsis : Une décennie après sa victoire héroïque sur le monstrueux Kraken, Persée, le fils demi-dieu de Zeus, tente de mener une vie plus tranquille de pêcheur dans un village et élève seul son fils de 10 ans, Hélius. Pendant ce temps, les dieux et les Titans se livrent à une lutte de pouvoir. Dangereusement affaiblis par le manque de dévotion des humains, les dieux sont sur le point de perdre le contrôle des Titans emprisonnés et de leur redoutable chef, Kronos, père du triumvirat au pouvoir, Zeus, Hadès et Poséidon. Longtemps auparavant, les trois frères avaient renversé leur père puissant, le laissant croupir dans le sombre abîme du Tartare, un donjon enterré au plus profond des entrailles des enfers.

L'avis de Première : Il était difficile de faire pire que Le Choc des Titans de 2010, avec sa conversion 3D hideuse et son script anémique. Il n'était donc pas difficile de faire mieux. Succédant à Louis Leterrier, Jonathan Liebesman, importe certains tics de son précédent World Invasion : Los Angeles. La première scène de baston tente le délicat grand écart entre le film de guerre post-Black Hawk Down (shaky cam, montage ras la poussière) et la fantasy gréco-antique, pour un résultat curieux, surtout quand des créatures pleuvent du ciel en crevant le mur du son tels des missiles dans le ciel de Bagdad. Le film se calme ensuite, et délivre des scènes assez généreuses visuellement,  nullement desservies par une 3D pour une fois réussie -la résurrection du Titan Chronos à la fin, qui décapite des montagnes de ses poings, est un véritable morceau de bravoure numérique. L'amateur s'amusera à relever les pompages quasi littéraux de scènes à la série de jeux vidéo God Of War (la prison du Tartare rappelle le niveau central du premier opus, et la bataille finale avec le Titan Chronos emprunte à aux deux premiers jeux). Bien sûr, sans le côté gore/cul incorrect des jeux. La véritable réussite du film n'est toutefois pas que dans les SFX : Edgar Ramirez (Carlos), dans le rôle d'Arès, Dieu de la guerre, déploie un charisme assez hallucinant. In fine,  La Colère des Titans n'est qu'un bon film pop corn, pas inoubliable mais très loin d'être honteux. En espérant qu'un jour (air connu), un réalisateur sache utiliser au mieux toute la débauche technologique des années 2010 au service d'une vraie histoire.

Bande-annonce : 

                   

Choix n°3 :Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout de Peter Lord, avec les voix d'Edouard Baer, Catherine Murino...

Synopsis : Le Capitaine des pirates entend bien remporter le Prix du Pirate de l'année, mais ce titre est également convoité par Black Bellamy et Cutlass Liz. Il part à l'aventure avec ses équipiers haut en couleurs : voyageant des paysages exotiques de Blood island aux rues embrumées de Londres.

L'avis de Première : Après quelques incursions pas franchement mémorables dans le registre de l’animation en images de synthèse (Souris City, Mission Noël – les aventures de la famille Noël), les studios Aardman reviennent aux fondamentaux avec un film fabriqué en bon vieux stop-motion des familles, le genre qui a fait leur gloire à l’époque de Wallace et Gromit. Ici, pas d’ingénieur intrépide ni de chien loufdingue à l’horizon, mais une bande de pirates losers gardant la banane en toute circonstance, ainsi que des monstres marins, une baleine volante, un singe savant, un perroquet-miracle et du jambon, beaucoup de jambon. Plutôt économe en scènes d’action (elles sont homériques, mais il n’y en a que deux), le film de Peter « Chicken Run » Lord préfère se concentrer sur un redoutable et très sophistiqué sens du nonsense, dopé à l’occasion aux spéculations gastronomiques (« les cochons sont-ils une sorte de fruit ? »). Au passage, il en profite pour hisser très haut le pavillon de l’Union Jack : balade dans les rues de Londres en compagnie de la très méchante reine Victoria, Guinness coulant à flot, bande-son garnie de morceaux des Clash, tempo comique imparable de la distribution vocale emmenée par Hugh Grant… Sans temps mort ni une seule faute de goût, ce Pirates explosif, pétaradant et dynamique, rappelle à quel point l’équipe d’Aardman, derrière son attachement presque désuet à l’animation image par image, sait encore fabriquer de vraies petites bombes artisanales.

Bande-annonce :

                   

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