Mars Films

Le film est en avant-première au Festival Première ce 30 septembre dans les salles Gaumont Pathé.

En portant à l’écran le 12 décembre Rémi sans famille, Antoine Blossier va ajouter son nom à une longue liste de metteurs en scène français et étrangers et ce depuis plus de 100 ans ! Flashback sur cette histoire au long cours en 7 étapes.

1913- La toute première adaptation

Au départ, il y a un livre : Sans famille d’Hector Malot publié en 1878. L’histoire d’un enfant abandonné puis vendu par ses parents adoptifs à un saltimbanque, avec qui il parcourt les routes françaises et anglaises et exerce différents métiers avant de découvrir le secret de ses origines. Et il faut attendre 35 ans pour que ce roman soit pour la première fois porté à l’écran. Un film muet co- réalisé par Maurice Kéroul et Georges Monca et dans lequel le rôle de Vitalis, le musicien ambulant qui prend Rémi sous son aile, est tenu par l’un des comédiens les plus réputés de l’époque, Henri Baudin, surnommé « L'homme aux cent visages » pour sa capacité à se fondre dans les personnages les plus divers

1934- Rémi parle…

Deux ans après avoir triomphé avec Fanny de Pagnol, Marc Allégret poursuit son travail d’adaptateur avec cette nouvelle version de Sans famille. La toute première parlante. Et dans le rôle de Rémi, il fait appel à l’enfant star du cinéma français des années 30 : Robert Lynen, alors âgé de 14 ans. Découvert deux ans plus tôt dans Poil de carotte face à Michel Simon, il abandonnera au cœur de la seconde guerre mondiale sa carrière d’acteur pour s’engager activement dans la résistance. Arrêté par la Gestapo en 43, il sera fusillé un an plus tard en Allemagne avec d’autres membres de son réseau très actif. Il n’avait que 24 ans

1958- Quand Peppone joue Vitalis

Il faut attendre près de 25 ans pour retrouver Rémi sur grand écran. Avec aux dialogues Remo Forlani, le futur Monsieur Cinéma de RTL et un casting mêlant nombre de figures populaires de l’époque, le duo Roger Pierre- Jean Marc Thibault en clowns, Simone Renant (la photographe de Quai des orfèvres), Paulette Dubost (qui vient d’apparaître dans Lola Montès), Pierre Brasseur, Bernard Blier… Et  pour camper Vitalis, le réalisateur André Michel fait appel à Gino Cervi qui triomphe alors en Peppone dans les Don Camillo face à Fernandel. Le public répondra présent. Avec 3,3 millions d’entrées, Sans famille pointera à la 11ème place du box- office 58 dominé par Les dix commandements et Les misérables.

1965- Du grand au petit écran

Sept ans après son carton sur grand écran, voici les aventures de Rémi portées pour la première fois sur le petit. Un téléfilm en deux parties de 60 minutes programmée le soir de Noël dans le cadre du Théâtre de la Jeunesse, émission culturelle d’un des noms phares de l’ORTF : Claude Santelli. Ancien assistant de Jean- Pierre Melville, Yannick Andrei se charge de la réalisation et travaillera dès lors énormément pour la télé jusqu’à sa disparition en 1987, un après être apparu dans Paris minuit de son fils Frédéric, inoubliable héros du Diva de Beineix.

Rémi sans famille, à découvrir au Festival Première dans les salles Gaumont Pathé, à 8 euros pour tous

1977- En mode culte

Au début des années 70, Hector Malot s’exporte. Le studio nippon Toei (Albator, Goldorak…) développe un long métrage d’animation Le petit Rémi et Capi le chien fidèle qui restera inédit en France. Mais 7 ans plus tard, l’un de ses concurrents TMS (Le château de Cagliostro de Miyazaki, Ulysse 31…) donne naissance à une série animée de 51 épisodes de 24 minutes qui fera les beaux jours de TF1 en 1982. Le fameux Rémi sans famille dont le générique culte interprété par la voix très titi parisienne de Cyrille sera sur toutes les lèvres des gamins de l’époque. Un Rémi sans famille en avance sur son époque puisque ses concepteurs l’avaient pensé… en 3D. Puisqu’au Japon, on pouvait suivre ces aventures à travers des lunettes spéciales avec des filtres verts d'un côté et neutres de l'autre. Et ces chers nippons ne s’arrêteront pas en si bon chemin dans la bizarrerie. Puisqu’en 1996 ils imagineront un remake de cette série culte, Ie Naki Ko Remi, dans laquelle Rémi… est devenu une fille. Arrêtée faute d’audience, elle n’a jamais été diffusée en France

2000- Retour à la télé française

La fin de l’année 2000 est placée sur France 2 sous les couleurs de Sans famille avec un téléfilm en deux parties diffusé à l’entame des vacances scolaires. Grand spécialiste des adaptations littéraires sur le petit écran (Bouvard et Pécuchet avec Carmet et Marielle, Le Rouge et le Noir avec Carole Bouquet…), Jean- Daniel Verhaeghe en prend les commandes en confiant le rôle de Vitalis à Pierre Richard et celui de Rémi à Jules Sitruk qui fera deux ans plus tard ses débuts au cinéma dans Monsieur Batignole.

2018- Une nouvelle vie sur grand écran

Soixante ans après la dernière apparition de Rémi au cinéma, Antoine Blossier a décidé de lui donner une nouvelle vie le 12 décembre prochain avec Rémi sans famille. Après La traque en 2011 et A toute épreuve en 2014, celui- ci change d’échelle en terme de budget et de casting réuni devant sa caméra : de Daniel Auteuil en Vitalis aux retrouvailles de Ludivine Sagnier et Virginie Ledoyen, seize ans après 8 femmes en passant par Nicholas Rowe, le Sherlock Holmes du Secret de la pyramide de Barry Levinson en 85. Et dans le rôle de Rémi, Maleaume Paquin fera ici ses premiers pas au cinéma. Et avant même la sortie du film, il a déjà décroché son deuxième rôle dans Fourmi de Julien Rappeneau face à François Damiens et André Dussollier. Voilà une carrière qui démarre sur les chapeaux de roue !