Les Gardiennes : Des femmes et des vieux [Critique]

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Xavier Beauvois signe une jolie chronique rurale sur fond de Première Guerre mondiale.

Coïncidence du calendrier, à trois semaines d’écart sortent deux films qui traitent à peu près du même sujet : le remplacement dans les champs des hommes par leurs épouses et leurs filles. Dans Le Semeur de Marine Francen (sorti le 15 novembre), l’action se passe en 1852 : tous les hommes d’un village, soupçonnés d’être républicains, sont victimes d’une rafle. Dans Les Gardiennes, soixante-trois ans plus tard, en pleine Première Guerre mondiale, ils sont au front. Confrontées à la pénurie de main-d’oeuvre, les femmes assurent et les moissons et la survie de l’exploitation agricole. Dans les deux cas, le naturalisme est poussé à l’extrême avec de longues séquences où les actrices fauchent, ramassent, creusent des sillons, sèment, tout en s’inscrivant dans des cadres très composés à la photographie solaire, inspirés de Millet.

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Souffle esthétique

Chez Beauvois, la chef op Caroline Champetier transmet par l’image la beauté monotone (presque monochrome) des gestes répétés, ce qui offre au film ses plus beaux moments impressionnistes. Le réalisateur ne parvient cependant pas tout à fait à reproduire le miracle de Des Hommes et des Dieux où le métaphysique (l’invisible) infusait le récit pour le meilleur. Ici, Beauvois semble tiraillé entre son désir d’évocation et les nécessités de l’histoire, celle de Francine, une orpheline courageuse placée chez une patronne inflexible. Par son ampleur esthétique et la puissance de ses interprètes (Nathalie Baye au sommet), Les Gardiennes se révèle toutefois un beau morceau de cinéma.

 

 
 


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