• Cinéma
  • News
  • Sorties cinéma
  • Horaires et salles
  • Bandes-annonces
  • Prochainement
  • Top cinéma
  • Galeries photos
  • Dossiers
  • Glamorama

Les Aventures de Tintin : le film peut-il marcher aux USA ?

01/11/2011 - 10h09
  • 12
Les Aventures de Tintin : le film peut-il marcher aux USA ?

Le plus gros pari du nouveau film de Steven Spielberg : conquérir le public américain !

Ce qui devait arriver arriva : Les Aventures de Tintin est un très grand succès au box-office européen. 55,8 millions de dollars en moins d’une semaine sur 19 territoires : un joli chiffre. Les analystes américains remarquent ainsi que le film a fait en France l'équivalent de 21,5 million s de dollars, ce qui représente un record d’ouverture pour un film qui n’est pas une franchise… Mais ces chiffres-là ne masquent pas le plus gros défi de Steven Spielberg : convaincre les Américains.

"Si jamais le film marche aux USA, les albums de Tintin seront enfin publiés correctement aux USA". C’est Spielberg qui a fait cette confidence à la presse lors de la première à Bruxelles du Secret de la Licorne. Un fantasme de tintinophile, qu’on peut aussi interpréter comme un vœu pieux de la part du réalisateur. Spielberg aurait effectivement bien besoin que Tintin soit enfin populaire dans son pays pour garantir le succès de sa trilogie. Ce qui est loin d’être le cas. Voici les 6 raisons pour lesquelles le succès de Tintin aux US est loin d’être garanti.

Par Alex Masson.

Tintin, cet inconnu 

En septembre 2008, Universal annonce la mise en chantier de Tintin. The Hollywood Reporter fait dans la pédagogie, décrivant le projet non pas comme une adaptation de l’œuvre d’Hergé mais comme "les aventures d’un jeune reporter Belge aidé par son fidèle chien". Si la BD est bien éditée outre-atlantique, on estime que les aventures du "jeune reporter Belge aidé par son fidèle chien" ne vendent que 100.000 exemplaires par an (sur les 250 millions d’albums vendus dans le monde à ce jour). Pas de quoi réunir suffisamment de lecteurs (donc de spectateurs potentiels) américains pour rentabiliser Les Aventures de Tintin, film dont le budget est estimé à 135 millions de $. Pire, si on examine le box-office US des adaptations de BD européennes, c’est une catastrophe : Astérix et Obélix contre César (1999) totalisait 1,64 million, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2001) 3,11 millions, Astérix aux Jeux olympiques (2008) n’est jamais sorti en salles, tout comme le Lucky Luke de James Huth (2009)… Autant dire que ce n’est pas l’argument massue pour le marché américain.

Un héros plongé dans un contexte particulier

Si les fans de Tintin louent la modernité des albums, comment nier qu’il est à jamais figé dans le temps ? Chaque album est rattaché à la période où il a été écrit, et de fait lié à ses topoi. Il faudrait donner des cours d’histoire européenne au public américain pour qu’ils puissent être resitués dans leur contexte. Et si les comic-books ont toujours su se mettre au goût du jour (avec les liftings, les reboots et autres nouvelles sérialisations), le phénomène est impossible avec Tintin puisqu’une clause testamentaire d’Hergé empêche que la BD soit reprise par de nouveaux auteurs.

Un anti-blockbuster par excellence

Il y aura toujours des tintinophiles pour certifier les influences cinéphiles de la saga. On peut admettre qu’un album comme L’Affaire Tournesol ou Le sceptre d’Ottokar, ont quelques airs hitchcockiens (l’ambiance de complot et de paranoïa). Mais essayez d’imaginer un studio hollywoodien aujourd’hui donnant les commandes d’un blockbuster pour teenagers à Sir Alfred. On remarquera d’ailleurs à quel point le Tintin de Spielberg repose sur un rythme frénétique et des scènes d’actions qui ont plus à voir avec le cinéma de Michael Bay (la poursuite en side-car, le combat de grues) qu’avec Hergé. On peut du coup se poser légitimement la question du choix des albums choisis (le diptyque Le Secret de la licorne/ Le trésor de Rackham le rouge, plus une louche du Crabe aux pinces d’or) quand Vol 714 pour Sydney et son incursion dans la S.F auraient probablement plus parlé aux ados. A moins que Spielberg ait voulu surfer sur la vague d’un Pirates des caraïbes

Tintin, impolitiquement correct

Si le personnage de Tintin est sur le papier très lisse, il à posé des soucis aux ligues de bonnes mœurs américaines bien avant d’être porté à l’écran : ses premières éditions américaines connurent quelques soucis. Dialogues du Capitaine Haddock censurés, interdiction de publication de Tintin au Congo (soupçonné de relents colonialistes), critiques de la vision du capitalisme dans Tintin en Amérique… Dans un pays étouffant sous la chape de plomb du politiquement correct, il suffirait qu’un journal américain rappelle qu'un procès sur le racisme potentiel de Tintin au Congo se tiendra en Belgique au printemps 2012, ou ressorte du placard les rumeurs d’antisémitisme qui courent au sujet d’Hergé (Le Soir, journal ou était employé Hergé, collaborait avec le régime nazi pendant l’occupation allemande de la Belgique…), pour que Tintin se retrouve au cœur d’une polémique que même Mel Gibson ne souhaiterait pas.

Pas de performance pour la Performance capture.

Au moment où Le Secret de la licorne a été mis en chantier, l’industrie hollywoodienne croyait encore au miracle de la performance capture. Entre temps, seul Avatar s’est avéré économiquement à la hauteur, les recettes en déclin des autres tentatives (Le drôle de Noël de Scrooge, Milo sur Mars) ont abouti à une sanction sans appel : l’arrêt des projets en performance capture chez l’un des plus gros studios, Disney, qui a même ordonné la fermeture d’ImageMovers, la structure de Robert Zemeckis dédiée à cette technique. Il reste donc à voir si les spectateurs du Secret de la licorne, ne vont pas continuer à faire la moue devant cette forme hybride entre dessin animé et film live. Sans compter la réticence actuelle du public américain pour débourser les quelques dollars supplémentaire demandés pour les projections en 3D (le cas récent de la ressortie du Roi Lion n’est qu’une inexplicable exception). Ne pas oublier non plus que la performance capture à le désavantage de rendre la promotion du film assez difficile, le public ne pouvant faire le lien entre les comédiens et les personnages.

Sauvé par l’Europe ?

Chose rare pour une grosse production américaine, l’Europe a le privilège de la sortie des Aventures de Tintin : le film ne sort aux USA que pour Noël, soit deux mois après la France. Si l’on sait depuis belle lurette que les blockbusters doivent leur rentabilité aux recettes effectuées en dehors des Etats-Unis, c’est la première fois qu’Hollywood sait que le succès d’un film va reposer quasi-intégralement sur sa carrière à l’étranger. Le film ne peut compter que sur la réputation et le nom de Spielberg pour le box-office américain, atout qui, au vu de la méconnaissance de Tintin dans son pays, et des enjeux économiques du film, pourrait ne pas être suffisant. En France, il semble que l’objectif (atteindre plus de 5 million s d’entrées) soit raisonnable. Avec un démarrage puisssant mercredi dernier (491 540 entrées) ce score est envisageable. Quoiqu’en démarrant plus fort, Harry Potter et les reliques de la mort 2ème partie n’a atteint "qu’à peine"  6,4 millions d’entrées (selon les derniers chiffres connus, datant de septembre dernier). Les signes sont un peu moins forts dans d’autres endroits, notamment … en Belgique ! Si Le Secret de la Licorne a marché dans sa patrie d’origine (510 000 dollars de recettes pour le premier jour d’exploitation), dans la partie flamande, le film s’est fait laminer par Code 37, extension pour le cinéma d’une série télé très populaire. Nul n’est donc prophète en son pays. Même pas Tintin. Une autre question reste en suspens : Le Secret de la Licorne sortant dans 43 pays, de l’Autriche à l’Ukraine, avant d’arriver sur les écrans américains, d’ici combien de temps sera-t-il piraté et trouvable sur le Net ?

Ils ont aimé
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
Si Tintin fait un flop aux usa, on pourra considérer comme définitivement mort et enterré l'espoir de les voir s'ouvrir aux autres pays/cultures : même Spielberg n'aura -dans ce scénario, pas suffit à leur faire découvrir le héros de Hergé.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 08/11/2011 à 19h59 | Signaler un abus
Votre réponse...
Spielberg a pris un nouveau risque incroyable, comme il est l'un des rares à pouvoir le faire. De plus, il fait partie de ces réalisateurs qui ont une chance exceptionnelle, et je parie qu'une fois de plus il s'en sortira avec les honneurs du public. Les américains vont aller voir le film pour lui, et pour la performance qu'il vient d'accomplir. Et par la même occasion ils vont découvrir Tintin. Ça c'est le scénario auquel je crois, même si un insuccès est évidemment toujours possible. Verdict à Noël.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 05/11/2011 à 15h19 | Signaler un abus
Votre réponse...
Pour ceux qui crois que le film sera un succès aux USA, erreur Watson, Tintin n'a pas du tout le stéréotype du héros américain, de plus l'histoire s'est déjà vu dans plusieurs autres films i.e. retrouver un truc à partir de fragments de carte c'est d'un gnagna
  • 0
  • 0
Anonyme | le 05/11/2011 à 04h38 | Signaler un abus
Votre réponse...
"Le Soir, journal ou était employé Hergé, collaborait avec le régime nazi pendant l’occupation allemande de la Belgique…" Et Ford qui était un antisémite reversant tous les bénéfices de ses ventes en Allemagne au parti Nazi, il s'en souvienne les ricains quand il s'achète leur bagnole ?
  • 0
  • 0
Anonyme | le 05/11/2011 à 00h50 | Signaler un abus
Votre réponse...
Aux states, ils iront voir le dernier Spielberg. Point barre. Le petit reporter belge, ils s'en foutent de toute façon. Heureusement qu'il n'a pas choisi Tintin en Amériques car c'est un ramassis de préjugés et de stéréotypes sur les ricains des années 30.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 03/11/2011 à 17h04 | Signaler un abus
Votre réponse...
Bon article
  • 0
  • 0
Anonyme | le 02/11/2011 à 20h15 | Signaler un abus
Votre réponse...
Très bon article qui souligne les difficultés auxquelles va se heurter le film de Spielberg sur le marché américain mais qui transforme peut-être excessivement un défi en aporie. Spielberg lui-même, conscient de la méconnaissance de Tintin aux USA, a répondu clairement et constructivement sur ce point. Cela revient pour lui à lancer le Secret de la Licorne ex nihilo comme il le ferait pour n'importe lequel de ces films ou comme le fait PIxar, avec une gigantesque campagne marketing qui ne repose pas sur l'argumentaire de l'adaptation mais sur les qualités intrinsèques du film. L'approche "aporique" est donc très largement européenne. Et c'est également en Europe que l'on trouve le plus grand vivier qualitatif d'éditions originales de Tintin http://www.we-art-together.fr/galerie.php?id=39 Quant au politiquement incorrect, il est vrai que les premières éditions de Tintin en langue américaine (éditions Golden Press) avaient déjà exercé une censure sur les aspects politiquement incorrects pour cette nation (l'alcoolisme de Haddock notamment), c'est sans doute pour cette raison que Spielberg a de lui-même forcé la caricature physique de Haddock en supprimant chez lui une certaine élégance qui s'affirmera après le dyptique Licorne/Rackham. Spielberg a largement tenu compte du marché américain sans pour autant rendre son adaptation dissuasive pur le marché européen. Gageons de son succès.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 01/11/2011 à 14h57 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ce que je ne comprend pas c'est que l'article dit qu'Hergé aurait empêcher toute création future autour de son personnage. Donc est-ce que ce film reprend exactement l'histoire de la BD, auquel cas cela rentrerait dans les clous, ou est-ce que Spielberg a eu une dérogation d'Hergé ? Dans tous les cas, l'intention d'Hergé était peut-être de garder Tintin 100% pour lui, ce qui serait assez lamentable, mais d'un autre côté, ça évitera qu'on utilise Tintin dans tous les sens à faire des adaptions ridicules pour presser le citron jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à en tirer, quitte à ternir irrémédiablement la notoriété du personnage. Au moins Spielberg, c'est une valeur sûre.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 01/11/2011 à 14h38 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ce que je ne comprend pas c'est que l'article dit qu'Hergé aurait empêcher toute création future autour de son personnage. Donc est-ce que ce film reprend exactement l'histoire de la BD, auquel cas cela rentrerait dans les clous, ou est-ce que Spielberg a eu une dérogation d'Hergé ? Dans tous les cas, l'intention d'Hergé était peut-être de garder Tintin 100% pour lui, ce qui serait assez lamentable, mais d'un autre côté, ça évitera qu'on utilise Tintin dans tous les sens à faire des adaptions ridicules pour presser le citron jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à en tirer, quitte à ternir irrémédiablement la notoriété du personnage. Au moins Spielberg, c'est une valeur sûre.
  • 0
  • 0
Anonyme | le 01/11/2011 à 14h34 | Signaler un abus
Votre réponse...
Pourquoi il ne marcherait pas aux USA ? Parce qu'il est inconnu (ou méconnu) là-bas ? Argument bête, très bête même. Avant que Nemo, Indiana Jones, Wall-E, ou que sais - je encore, ne sortent au ciné , personne ne les connaissait et vous voyez le résultat ?
  • 0
  • 0
Anonyme | le 01/11/2011 à 13h52 | Signaler un abus
Votre réponse...
Cannes live !
  • La Quinzaine des Réalisateurs récompense Noémie Lvovsky, Gael Garcia Bernal et Merzak Allouache Les vainqueurs de la Quinzaine 25/05/2012 - 23h51
  • Robert Pattinson sur les marches ! 25/05/2012 - 20h47
  • Nicole et Clive, la classe ultime 25/05/2012 - 19h12
  • « L’Histoire des US a toujours évité de se confronter au racisme » : rencontre avec le documentariste Ken Burns Rencontre avec Ken Burns 25/05/2012 - 19h07
  • Louise Bourgoin à l'amfAR Fallait pas rater ça : l'essentiel de l'actu people en 5 clics ! 25/05/2012 - 18h30
> Tout le Festival de Cannes