Le Flic de Belleville
Capture d'écran/Metropolitan FilmExport

Le nouveau film de Rachid Bouchareb avec Omar Sy peine à faire exister l’idée d’un buddy cop movie à la française.

Le titre n’est pas trompeur : le nouveau film de Rachid Bouchareb se veut une relecture à la française (franchouillarde ?) des buddy cop movies du type Le flic de Beverly Hills et 48 heures. Il a d’ailleurs fait appel à Larry Gross -scénariste de 48 heures- pour l’aider à orchestrer l’association contre-nature d’un poulet français et d’un inspecteur ricain, enquêtant sur un trafic de cocaïne qui a entraîné l’assassinat du meilleur ami du premier. Direction Miami pour Baaba, le flic cool (Omar Sy dans la peau d’Eddie Murphy), qui va faire équipe avec Ricardo, le flic relou (Luis Guzman dans celle de Nick Nolte). Le concept est éculé, mais pourquoi pas ? Passé l’exposition plutôt efficace, qui montre Baaba dans son élément, à Belleville, coincé entre une mère possessive et une petite amie impatiente, les choses se corsent quand le héros se retrouve de l’autre côté de l’Atlantique. Le film oppose alors de façon schématique les méthodologies d’enquête (la désinvolture française vs le professionnalisme américain) et hésite à jouer à fond la carte du burlesque entre Omar l’athlète tchatcheur et Luis le petit gros râleur.

48 heures de moins
La force de 48 heures tenait au charisme complémentaire des acteurs, à ses scènes d’action musclées et à son méchant iconique. Rien de tout cela dans le film de Bouchareb, dont le récit paresseux avance au rythme d’indices semés grossièrement. Exemple : un avion passe dans le ciel avec une banderole indiquant une soirée française, bingo, c’est là que va se trouver le french DJ tueur ! Tout le scénario est à l’avenant, sans surprises (avec, pour faire sérieux, une réflexion light sur la corruption des républiques bananières), capitalisant sur la bonhomie d’Omar Sy visiblement content de passer des vacances au soleil, des chemises hawaïennes sur le dos.

 

Le flic de Belleville, en salles le 17 octobre 2018