Le Parrain : les meilleures anecdotes de la trilogie

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Coppola a beaucoup souffert pour accoucher du Parrain. 

Alors qu'Arte a bouclé dimanche sa rediffusion du Parrain avec le 3 volet, nous vous proposons de (re)découvrir les anecdotes les plus passionnantes autour de la création de la trilogie culte de Francis Ford Coppola.

(Sauf indiqué, les citations proviennent du making of "The Godfather Family: A Look Inside")

 

Paramount ne voulait (vraiment) pas de Pacino…

Al Pacino était encore un tout jeune acteur au moment du Parrain, avec seulement deux films à son actif. Sa performance dans Panique à Needle Park avait tapé dans l’œil de Coppola, mais le studio n’était pas du tout convaincu par ce choix. "Al Pacino n’était pas une star, et ça dérangeait beaucoup les gens des studios, il ne ressemblait pas aux vedettes de l’époque", comme le résume le producteur et directeur de casting Fred Roos.

"Ils suggéraient que Ryan O’Neal ou Robert Redford feraient de bons italiens du Nord, Al était déjà gravé dans ma tête", se souvient Coppola. Mais, même une fois le tournage lancé, cette défiance se poursuivra. La Paramount, guère plus emballée par les premiers rushs, demande même à James Caan (Sonny Corleone) de faire des essais dans le rôle Michael. Et bien d’autres acteurs reviennent passer des auditions, comme Martin Sheen. Un affront pour Pacino qui se résigne à quitter le film : "J’ai compris qu’ils ne voulaient pas de moi, je me suis même dit : ‘je tournerai avec Francis une autre fois’."  

Puis, est arrivée la scène du restaurant où Michael tue Sollozzo. Pacino : "Ils m’ont gardé grâce à cette scène, j’ai buté un type et ça leur a plu, ils voulaient que je m’implique d’avantage, ils ont été servis (rires)." Pour le plus grand bonheur de Diane Keaton (Kay), qui avait une nette préférence pour Pacino.

 

… Ni de Brando

Aussi incroyable que ça puisse paraitre, le mythique interprète de Vito Corleone ne plaisait pas non plus à la Parmount. D’après Coppola, le président était même personnellement opposé à ce choix. Une version corroborée par James Caan : "à chaque fois qu’il parlait de Brando un des dirigeants disait : ‘redites son nom et je vous vire’." Ambiance.

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Ironie du sort, Coppola avait trouvé le cœur de son casting dès le début de la pré-production du film. Soit Marlon Brando, Al Pacino, Diane Keaton et James Caan, qu’il avait réunis une première fois pour leur parler du projet en leur payant tout simplement à manger. Ce qui fera dire à Caan : "ils ont dépensé 400 000 dollars dans les auditions alors que ça a aurait pu leur coûter quatre sandwiches".  

 

Coppola était sur un siège éjectable pendant Le Parrain I

Ces hésitations de la Paramount illustrent tout simplement le manque de crédit qu’avait Coppola à l’époque. Comme le cinéaste le dit lui-même : "J’étais un jeune réalisateur, j’avais peu tourné et j’avais l’occasion d’adapter ce roman. J’ai compris, quand le roman a connu un succès grandissant, qu’en fin de compte le projet était trop gros pour moi et qu’on ne me l’aurait pas confié 5 mois plus tard lorsque le livre est devenu culte".

Pour Coppola, ce fut une expérience douloureuse. Chaque jour, il s’attendait à ce qu’on lui retire le film. Et il devait sans cesse subir les retours négatifs du studio : "Dès le début de la production, j’ai compris qu’ils étaient déçus, le classicisme de ma mise en scène ne les a pas impressionnés. C’était un état d’angoisse permanente, je me demandais constamment quand j’allais me faire virer. Une fois, j’étais aux toilettes et j’ai entendu des techniciens dire : ‘ce type est nul, il ne sait pas où il va…’ Quand j’entends les gens aujourd’hui dire qu’ils adorent le film, je me dis que j’aurais aimé le savoir à l’époque : ça m’aurait encouragé".

 

Le film n’était pas assez violent pour le studio

Un des points de désaccord entre Coppola et la Paramount était le manque de violence du film. Le producteur Bob Evans en fit part indirectement à Coppola et avait prévu d’envoyer un "director of violence" sur le plateau pour y remédier.

Coppola décide aussitôt d’imaginer la scène de ménage entre Connie (la sœur de Michael) et son époux Carlo : "Le soir même, avec ma sœur Tally, et mon fils Gio, on est allés sur le plateau, Gio jouait Carlo – il avait 8 ou 9 ans - et Tally était là. Et ils joué la scène, Talia balançait la vaisselle et Gio tapait sa tante avec une ceinture. Donc quand vous voyez cette scène, dites-vous que le réalisateur l’a tournée parce qu’il savait qu’un réalisateur de la violence allait arriver."

 

La tête de cheval était une vraie

Le Parrain ne manque pourtant pas de scènes gore, comme celle dite de la tête de cheval que Jack Woltz retrouve dans son lit après avoir refusé d’engager Johnny Fontaine dans un film comme lui avait demandé Vito par l’intermédiaire de Tom Hagen.  

Et pour le coup, c’était trop pour le studio qui a dit : "Impossible. Pas une vraie tête de cheval." Problème, fabriquer une fausse tête était problématique, surtout pour obtenir un rendu suffisamment réaliste pour réussir la scène. L’équipe du film a fini par convaincre la Paramount qui a fait envoyer une vraie tête de cheval depuis Hollywood. Il faisait très chaud et la tête a été longtemps conservée dans la glace avant d’être placée dans le lit avec l’acteur John Marley, qui a bien mérité son cachet.

 

La scène du jardin a été écrite par Robert Towne

A l’approche de la fin du tournage du Parrain, Coppola réalise qu’il manque une scène de transmission entre Vito et son fils Michael. Problème, elle n’existe pas dans le livre de Mario Puzzo, et le Coppola est à cours d’idée. Il va alors appeler le scénariste Rober Towne à la rescousse. Ce dernier lui pond la scène du jardin en une nuit, et elle est filmée le lendemain, le dernier jour du tournage.

Le Parrain : l'histoire secrète de la scène du jardin entre Vito et Michael Corleone

Robert Towne, subjugué par la qualité du film, refuse d’être crédité et dit tout simplement à Coppola : "tu me remercieras quand tu gagneras l’Oscar". Bingo, quelques mois plus tard il reçoit une statuette pour le scénario du Parrain et s’acquitte de sa promesse en citant Towne lors de son discours.

Coppola a songé à Scorsese pour diriger Le Parrain II

Coppola l’évoquait en 2009, dans un entretien accordé à Esquire :  il avait proposé à Paramount d’engager Martin Scorsese pour mettre en scène Le Parrain II, comme son ami George Lucas le ferait quelques années plus tard en abandonnant la réalisation de L’Empire contre-attaque à Irvin Kershner.

"La fin était claire, Michael c’était lui-même corrompu. C’était fini. Donc je ne comprenais pas pourquoi ils voulaient faire un autre Parrain. J’ai dit : ‘Ce que je vais faire c’est vous aider à développer l’histoire. Et je vous trouverai un réalisateur, et je le produirai’. Ils m’ont dit : ‘très bien, quel réalisateur ?’. J’ai répondu : ‘un jeune type, Martin Scorsese’. Ils ont dit ‘hors de question’. C’était encore un débutant."

 

De Niro a joué Vito jeune grâce à son casting pour Sonny

Si Robert De Niro a marqué les esprits en incarnant Vito Corleone dans les flashbacks du Parrain II, décrochant au passage l’Oscar du meilleur second rôle, il a bien failli tenir un autre rôle dans le premier Parrain. Celui de Sonny Corleone. "Il avait été impressionnant lors des auditions pour le rôle de Sonny, mais c’était vraiment le Sonny tueur, et on ne pouvait pas vendre ça", raconte Coppola. "Pour le Parrain II, je m’en suis souvenu et je me suis dit qu’il pourrait jouer un jeune Brando". 

De Niro joue le jeu à fond. Pour le physique, il se met des prothèses dans la bouche, comme Brando, mais plus petites, puis prend du poids. Et il passe trois mois en Sicile pour apprendre le dialecte local. En effet, la quasi-totalité des dialogue du jeune Vito dans Le Parrain II sont en sicilien. Ce qui rend encore plus précieux l’Oscar remporté par De Niro : il fait partie des six seuls acteurs (avec Sophia Loren, Christoph Waltz, Roberto Benigni, Benicio Del Toro, et Marion Cotillard) à avoir remporté ce prix pour un rôle qui n’est pas en langue anglaise.

Pour l’anecdote, notons aussi que De Niro et Brando sont les deux seuls acteurs à avoir remporté un Oscar pour le même rôle, Brando ayant eu le meilleur acteur pour Le Parrain I.

 

Brando devait jouer dans Le Parrain II

Coppola espérait avoir Brando pour une scène de flashback où l’on verrait Vito Corleone fêter son anniversaire, entouré de sa famille. Si James Caan a pu revenir incarner Sonny, le retour de Brando a lui capoté au dernier moment. Coppola a improvisé en transformant la scène en anniversaire surprise. La caméra reste dans la salle à manger alors que Vito sonne à la porte et est accueilli par ses proches. "On sent la présence de Brando sans le voir, ce qui le rend encore plus mythique que si on l’avait vu à l’écran", juge le producteur Fred Fuchs.

 

Le premier montage du Parrain II était très différent

Suite à une première projection "catastrophique" à San Francisco, quelques semaines avant la sortie, le montage du Parrain II a été largement remanié. Coppola : "On a fait beaucoup de changements. On a testé le nouveau montage à San Diego et ça fonctionnait beaucoup mieux. La double narration était un peu dure à suivre".

Comme l’explique le monteur Walter Murch, "au départ chaque histoire interrompait l’autre plus souvent, au lieu de 12 allers-retours, il y en avait 20. On a préféré laisser chaque histoire se développer plus."  

 

Sofia Coppola joue dans Le Parrain III, mais aussi le I

Le Parrain est une saga familiale, et Coppola était pour le moins au diapason. Outre sa sœur Tallia, qui joue la fille de Vito Corleone, le réalisateur a fait figurer son fils Gio dans Le Parrain, ainsi que sa fille Sofia Coppola, qui est le bébé de la scène du baptême à la fin du premier film. 18 ans plus tard, la future réalisatrice reprendra du service pour incarner Mary Corleone, la fille de Michael et Kay.

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Sofia a été castée par son père après que Winona Ryder soit tombée malade (officiellement), puis que Rebecca Schaeffer, qui devait la remplacer, soit tuée par un fan. Ce choix fut très critiqué, tant la jeune femme peine à convaincre dans le film. Sa performance lui valut d’ailleurs deux Razzie Awards.

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