Les effets spéciaux de Benjamin Button
Digital Domain/Warner Bros

Comment Digital Domain a réussi à vieillir et rajeunir Brad Pitt ? Voici les détails.

L’Étrange Histoire de Benjamin Button reviendra dimanche soir sur TF1 Séries Films, et douze ans après sa sortie au cinéma, le film de David Fincher est toujours aussi impressionnant. Le scénario d'Eric Roth et Robin Swicord s'inspire librement d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald dans laquelle un homme (joué par Brad Pitt), vit à l'envers : il naît vieux et rajeunit au fil du temps. Sa romance avec Daisy (Cate Blanchett) va être bouleversée par le déroulement de cette vie à contre-temps.

Pour réussir cette poignante histoire d'amour, le réalisateur a pu profiter d'effets spéciaux hors normes, concoctés par Eric Barba et Steve Preeg, de Digital Domain, la société d’effets spéciaux de James Cameron. Comment ont-ils réussi à vieillir Brad Pitt pendant près d'une heure de film, avant de le rajeunir ? Le site officiel de la boîte spécialisée en effets spéciaux numériques partage un making-of présentant les différentes étapes de création, et détaillent au passage quelques anecdotes.

L'étrange histoire de Benjamin Button : Brad Pitt et Cate Blanchett s'aiment contre le temps

On apprend ainsi qu'en tout, le visage de Brad Pitt a dû être modifié numériquement durant 52 minutes du film. "Fincher a lancé un sacré challenge à l'équipe pour réussir ce qui est aujourd'hui considéré comme le Graal des effets spéciaux : réussir à créer un humain numériquement qui soit complètement crédible", précise l'article en introduction de la vidéo. Pour concevoir Benjamin Button de 87 à 63 ans, l'équipe chargée des VFX s'est donc inspirée des expressions de l'acteur, dont tous les mouvements du visage ont été enregistrés dans une salle spéciale, remplie de caméras qui tournaient autour de lui afin de l'avoir sous tous les angles. Une fois sa performance enregistrée, les scènes ont été jouées par d'autres comédiens sur le plateau : trois "doublures corps" chargés de le représenter à différentes étapes de sa vie. Les visage de Brad a alors été transposé sur ceux des doublures, puis les images ont demandé encore beaucoup de travail aux équipes techniques : "Il y a eu 325 plans à retoucher au cours desquels il interagit avec des acteurs en gros plan, est montré nu ou dans des situations demandant énormément de modifications : il a fallu retravailler ses cheveux, ses yeux, sa peau, l'animation de l'ensemble, la lumière en fonction de ses mouvements..."
Cet énorme travail a payé : en plus du succès critique et public de Benjamin Button, le film a reçu 3 Oscars : meilleure direction artistique, meilleur maquillage et meilleurs effets visuels.

Quelque temps plus tard, les équipes de Captain America ont réutilisé le même procédé pour créer le jeune et maigre Steve Rogers, et aujourd'hui, ce type de rajeunissement/vieillissement numérique est devenu courant à Hollywood. Si la technique coûte cher, son rendu est de plus en plus réussi, les créateurs d'effets spéciaux réussissant à présent à éviter l'effet d'"uncanny valley", cette sensation désagréable que l'on ressent face à quelque chose qui imite l'humain mais ne l'est pas tout à fait (un robot, par exemple).

Pour en savoir plus, voici d'autres articles qui parlent de ce type d'effets visuels :

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