Ian McKellen : "Gandalf, c'est l'ONU de la Terre du Milieu"

Le Hobbit : La Bataille des cinq armées

Le Hobbit 3 reviendra dimanche soir sur France 2.

A l'occasion de la diffusion de La Bataille des cinq armées, dimanche à partir de 20h55, nous republions notre entretien de Ian McKellen, l'interprète de Gandalf, qui a eu lieu quelques jours avant la sortie du film de Peter Jackson, en décembre 2014.

Alors, ça y est c’est fini ? Qu’ils disent. Mais on m’a déjà fait le coup. Sur Le Seigneur. Et même sur Le Hobbit : ça fait plus d’un an qu’on a fini le tournage et on avait fini par une fête. Les gens avaient l’air triste… On pleure beaucoup quand on se quitte dans ce métier. C’est une tradition. Depuis il y a quand même eu des avant-premières, des junkets...

Vu sous cet angle, c’est sur que c’est loin d’être la quille en fait. Toi, quand tu auras fini ton article, tu passeras à autre chose. Moi j’aurais le droit aux conventions de fans, aux DVD, aux BR, aux versions longues des DVD, aux coffrets collectors. C’est loin d’être la fin de Gandalf ! C’est un film que les gens aiment, qu’ils chérissent et un personnage particulièrement apprécié.

Vous avez l’air blasé… quel est votre rapport à Gandalf ? Je suis le père Noël dans la vitrine, mais je ne suis pas vraiment Santa Claus. Je ne suis pas Gandalf. Je fais juste semblant.

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Mais pour les enfants voire pour certains fans vous êtes vraiment ce magicien... Tu les prends vraiment pour des imbéciles ? Je le représente et les gens le comprennent. Quand on me demande un autographe, je dis toujours que je ne suis pas Gandalf et je demande à chaque fois pourquoi ils veulent mon autographe. Je peux pas signer Gandalf. Ce n’est pas moi. Et tu sais quoi ? Ils comprennent !

Qu’est-ce que vous pensez de lui ? Comme tous les rôles que je joue, je pense que c’est une vraie personne. Qu’il existe. Mais le problème du film - comme des livres d’ailleurs - c’est qu’on ne le voit jamais vivre. On ne le voit jamais pisser ou bouffer. Qu’est-ce qu’il cuisine ? Comment ? Où est son pyjama ? Est-ce qu’il ne dort pas nu d’ailleurs ? Quels bouquins trouve-t-on sur sa table de nuit ? Est-ce qu’il pue ? Est-ce qu’il sent bon ? Ca ferait un super film d’imaginer ça, mais là, c’est clairement pas le sujet. Du coup, ce n’est pas un personnage très compliqué à faire exister. Comme lui, je sais me battre à l’épée. Je sais monter à cheval. J’ai des connexions évidentes avec lui. Mais en dehors de ça… j’en pense rien. Je fais mon boulot. Mais au fond, je ne sais pas grand chose de lui. J’en sais plus sur le Roi Lear que sur Gandalf. Peut-être parce qu’il y a plus de choses à savoir sur Lear que sur Gandalf.

C’est-à-dire ? Lis la pièce !

OK, mais qu’est ce que ça veut dire ? Que j’ai des informations sur Lear que je ne possède pas sur Gandalf. C’est tout. Je ne sais rien de sa famille ou de sa vie sexuelle. Est-ce qu’il en a une.

Ou est-ce qu’il est gay ? Ahah. Bonne question ! Mais je ne crois pas. Par contre, je le sais pour Lear.

Bon, il est moins intéressant que Lear. Définitivement. Mais ce n’est pas un sacrilège. Pardon, mais il n’y a aucun enjeu pour le personnage, aucun sous-texte dans ces films. Quand je joue Gandalf, je suis A/ furieux B/ angoissé C/ amusé D/ soulagé. Au mieux, les 4 à la fois. Le spectre des émotions est relativement limité. Et tout est dans le livre. Ou dans le maquillage et les costumes. Dès que je mets le chapeau je deviens Gandalf. Il n’y a aucune étude psychologique sur ce personnage. Gandalf est une force. Un esprit. Il n’y a même pas de scène où on le voit faillir. Où on le voit avec des émotions complexes.

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Il a pourtant un rôle clé. C’est vrai. C’est l’ONU de la Terre du milieu, la police de la neutralité. “Et si plutôt que de nous battre nous discutions”. Mais bon… C’est pas très excitant l’ONU.

Quand vous dites ça, j’ai l’impression que c’est facile de jouer Gandalf ou Magneto. Pour Gandalf c’est un peu le cas. Magneto c’est plus difficile. Parce que lui, c’est un malade. En tout cas, psychologiquement il demande plus de travail. Tout est dans le discours aussi. La langue de Gandalf est plus complexe que celle de Magneto qui sort d’un comics. Magneto, ce ne sont pas ses dialogues qui sont dures à jouer, mais ses sentiments. En fait ces deux rôles sont inverses. Gandalf parle peu, mais dans de belles phrases performatives et lyriques.

C’est amusant à jouer ? Pas vraiment. C’est une responsabilité parce que les gens sont attachés à ces histoires. Mais c’est le talent de Peter d’avoir su respecter ces livres, de leur avoir donné vie sans jamais les trahir. Tolkien écrivait des histoires politiques, des gens qui se manipulent, qui s’aiment et se trahissent. Gandalf traverse ça, ces complots, ces intrigues sans jamais se mouiller, ni se révéler. Quand on m’a proposé le rôle je ne savais pas trop quoi penser de Gandalf. Mais j’ai vite compris que, comme je vous le disais, ce serait facile à jouer. Quand le matin je me prépare pour une scène jamais, JAMAIS, je n’angoisse. Impossible de se dire : “oh mon dieu, je dois jouer un nervous breakdown” ou “je dois tout donner dans cette scène, impossible de me planquer”.   

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Pas très excitant du coup. Pas comme Lear en tout cas. Avec Gandalf, what you see is what you get. Ce n’est pas un personnage très profond. C’est un être unidimensionnel, un être simple, émouvant. Mais pas très compliqué. C’est épique, c’est mythique, ce sont des archétypes et c’est d’ailleurs ce qui explique son succès. Mais jouer un archétype c’est pas dur. Comme je te disais, un bon chapeau et le tour est joué. D’ailleurs, je voulais que ce soit un chapeau magique. Que je puisse sortir un dentifrice, un grille pain électrique, un lapin… Mais bon. C’était pas dans le livre.

Interview Gaël Golhen

Bande-annonce du Hobbit - La Bataille des cinq armées :

 

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