Frances McDormand : "Mon modèle c’est John Wayne"

Woody Harrelson et Frances McDormand

22 ans après Fargo, elle triomphe aux Golden Globes et pourrait décrocher un nouvel Oscar. 

Dans cette ère post-Weinstein, le triomphe de 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance, film qui met en scène un personnage de femme forte et indépendante, pourrait sonner comme un message au patriarcat, une victoire "politique". Mais n’allez pas dire ça à Frances McDormand, qui a été récompensée d’un Golden Globes pour son interprétation de Mildred Hayes. L’actrice a d’ailleurs recadré le débat en recevant son prix : "les femmes dans cette salle ce soir ne sont pas des pique-assiettes, nous sommes là pour notre travail".

Golden Globes 2018 : le discours féministe (mais pas politique) de Frances McDormand

Il faut dire que Frances McDormand, révélée en 1996 par Fargo, n’a jamais envisagé son rôle de façon genrée. Bien au contraire. Dans l’esprit de la comédienne, Mildred est un homme comme les autres. Ce qu’elle expliquait très bien au dernier festival de Venise, où le film était présenté en avant-première mondiale :

"Quand j’ai commencé à chercher des icônes du cinéma sur lesquelles modeler ma performance, je n’arrivais pas à trouver de femmes. Il y avait bien Pam Grier, dans ses films blaxploitation des années 70, mais ses personnages combattaient les hommes par la sexualité, ce qui n’est pas du tout le cas de Mildred. La seule référence possible, à mes yeux, c’était John Wayne. J’ai repensé à La Prisonnière du désert, où il joue un type extrêmement raciste, pour lequel on finit par éprouver une immense empathie. Le même genre de relation que le spectateur peut nouer avec Mildred. J’ai donc décidé de suivre ses pas… même si je ne chausse pas du 43 !"

Frances McDormand est remontée dans le trailer de 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

À la gauche de McDormand, Sam Rockwell, qui joue l’idiot du village dans le film, jubile : "Tu marches même comme lui !" L’actrice confirme : "Ah t’as remarqué ? Je fais super bien John Wayne. Dommage que Martin ait coupé les plans où je lui ressemble le plus…"

Quelques heures plus tard, au micro de Première, McDonagh revient sur la querelle cinéphile qui l’a opposé à son actrice. "J’ai juste coupé un plan avec la silhouette de Frances dans l’embrasure d’une porte, en contre-jour, très John Ford. C’était un peu too much. Mais plus globalement, le problème que j’avais, c’est qu’à mes yeux, John Wayne est un gros connard fasciste. Une immense star, bien sûr, mais quand même un sale type. Désolé, hein ! Mais j’étais coincé : impossible d’aller contre le désir de Frances. Je la regardais marcher, bouger, et je voyais bien qu’elle pensait à lui..."

Retrouvez l’intégralité de notre portait de Frances McDormand dans le numéro de janvier de Première, déjà disponible.

PREMIÈRE N°481 : Black Panther est en couverture


PROCHAINEMENT AU CINÉMA

Premiere en continu

Le guide des sorties

Nos top du moment

Actuellement en kiosque

Nos dossiers du moment

Bandes-annonces

The Greatest Showman
Sugarland
Oh Lucy !