En Guerre, Deadpool 2, L’homme qui tua Don Quichotte : les films au cinéma cette semaine

Guide du 16 mai

Ce qu’il faut voir cette semaine.

LES ÉVENEMENTS

 

EN GUERRE ★★★☆☆ 
De Stéphane Brizé

L’essentiel
Stéphane Brizé et Vincent Lindon reforme le duo gagnant de La Loi du Marché pour un nouveau film de crise qui résonne avec l’actualité.

L’œil acéré, les gestes secs, le visage glabre taillé à la serpe : dans En guerre, Vincent Lindon compose un personnage à l’opposé de celui, moustachu, de La Loi du Marché, le visage fermé et la silhouette affaissée. Les deux films fonctionnent comme ça, en miroir. Après le chômage longue durée et la désocialisation, l’emploi menacé et la mobilisation. Après l’apathie de la défaite, l’énergie du désespoir.

Christophe Narbonne

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DEADPOOL 2 ★★★☆☆

De David Leitch

Il y a deux ans, Deadpool prenait le public plus ou moins par surprise : un film de superhéros sans super ni héros, vulgaire et agressif, où Ryan Reynolds en tueur immortel flinguait à tout va en lâchant des tonnes d'insultes - sans oublier de se moquer des autres films de superhéros au passage. Le film a cartonné grâce à cet effet de surprise, mais restait très peu convaincant avec son humour bas de plafond et son scénario extrêmement prévisible. Un comble pour un film qui se voulait subversif et original. 

Sylvestre Picard

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L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE (19 MAI)

De Terry Gilliam

 

Critique à venir…

 

 

PREMIÈRE A AIMÉ
 

MANHATTAN STORIES ★★★☆☆

De Dustin Guy Defa

Comment assumer une chemise de soirée quand on est en semaine ? Y a-t-il un code d'honneur dans l'arnaque au vinyle de jazz ? Est-il possible de concilier une personnalité bienveillante avec un job de charognard pour tabloïd local ? Si l'on est une femme, et que l’on trouve moins de déplaisir à mater des vagins que des pénis sur un smartphone, est-on pour autant lesbienne ? Peut-on décemment espérer se faire pardonner par sa copine lorsque, dans un accès de rage, on a fini par balancer des photos d’elle nue sur Internet ? Voilà le genre de questions que se posent une poignée de personnages croqués dans la Grosse Pomme. Des inquiétudes qui peuvent sembler triviales, voire complètement insignifiantes, mais qui posent en filigrane des dilemmes moraux plus universels : il s’agit de trouver sa place dans le chaos urbain, de se faire accepter par l’autre sans se perdre en chemin. Une quête modeste qui advient sans coup de manche, avec apaisement, un peu comme si Ira Sachs avait décidé de reprendre le Short Cuts d’Altman. Dustin Guy Defa a le bon goût de ne pas trop saucissonner cette mosaïque de destins épars dans une trame narrative volontariste et collective. Si les histoires coexistent et se recoupent parfois, elles semblent conserver en elles leur respiration propre, leur part d’accidentel. Une vibe organique et spirituelle (belle BO gospel) qui doit aussi beaucoup à l’excellent casting – mention spéciale à Michael Cera, hilarant en plumitif amateur de heavy métal.

Eric Vernay

 

TAD ET LE SECRET DU ROI MIDAS ★★★☆☆

D’Enrique Gato

Un archéologue très amateur accompagné de son sidekick, une momie inca délurée, part en quête du secret du roi Midas (évidemment) à travers l'Europe. Même si l'humour un peu redondant de ce cet Uncharted parfum Disney conçu en Espagne ne marche pas toujours, la qualité de l'animation, très vivante (la Momie est une vraie création joliment cartoonesque), montre que l'on gagne toujours à sortir de son territoire pour aller voir ce qui se passe ailleurs.

Sylvestre Picard

 

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

 

ET MON CŒUR TRANSPARENT ★★☆☆☆

De Raphaël Vital-Durand et David Vital-Durand

Un lac mystérieux, un accident de voiture, une femme qui meurt sur le coup, une enquête qui commence…  Adapté du roman éponyme de Véronique Ovaldé, ce thriller réunit des éléments traditionnels du film noir qu’il immerge dans une esthétique ouvertement onirique pour coller au point de vue de son héros, veuf aveuglé et lunaire qui ignorait tout de la vie secrète de son épouse. Grâce à des images créant un habile décalage entre réalité et irréalité, le duo de réalisateurs - venu du clip et de la pub -remonte le fil d’une vaste machination et d’un amour perdu. L’intrigue échoue pourtant à captiver sur la durée, la faute à une direction d’acteurs qui rend le couple originel peu crédible. Dommage donc que les louables efforts pour concevoir une atmosphère marquante n'engendrent qu'un si timide frisson.

Damien Leblanc

 

CORPO ELECTRICO ★★☆☆☆

De Marcelo Caetano

La vitalité récente du cinéma brésilien (une production qui explose malgré la récession et le climat social hypertendu) ne se traduit pas que par des chocs façon Aquarius ou Les Bonnes Manières. Plus de films brésiliens, c’est aussi plus de petits films brésiliens comme Corpo Elétrico, une tranche de vie dans la tradition locale du genre. À São Paulo, on suit le jeune Elias (Kelner Macêdo) de l’usine de textile où il travaille aux virées nocturnes où il s’oublie avec son groupe d’amis et d’amants. Ni fable politique queer, ni vraie coming-of-age story, c’est l’instantané d’une jeunesse dont la sexualité semble aussi libre que son rapport au monde est nonchalant. Reste la vigueur du naturel, entretenue par des acteurs impeccables, et cet arrière-goût mélancolique si particulier qu’on appellera saudade.

Michael Patin

 

PREMIERE N’A PAS AIMÉ

 

14 POMMES ★☆☆☆☆

De Midi Z

Shin-hong, un entrepreneur birman qui ne trouve plus le sommeil, se retrouve à devoir devenir moine pendant 14 jours et acheter 14 pommes sur les bons conseils d’un diseur de bonne aventure. Il ne devra en manger qu’une par jour pour l’aider à faire partir ses malheurs. Si vous vous attendez à un film sur la quête de spiritualité, vous serez décus. Au milieu de décors exotiques, ce documentaire quasi muet nous emmène à la rencontre d’hommes et de femmes sans vraiment nous apprendre grand-chose sur eux, si ce n’est leur précarité -certains sont obligés de fuir le pays pour travailler, en Chine ou en Malaisie, dans des conditions déplorables. Hors des sentiers battus, Midi Z, le réalisateur, révèle aussi un autre visage du bouddhisme, comme cette interdiction faite aux jeunes moines de toucher des vêtements féminins (ce qui entraîne un grand risque de malchance) ou encore leur propension à claquer l’argent de l’aumône au loto ! Trop long et confus, le film fini en eau de boudin… aux pommes…

Alexandre Bernard

 

Et aussi
Senses 5 de Ryûsuke Hamaguchi

No dormiras de Gustavo Hernandez

Des spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta

 

Reprises

L’affaire Thomas Crown de Norman Jewison


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