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Alors que les fans commencent à se mobiliser pour la sortie, le 16 novembre, de la première partie de Révélation, le quatrième et avant-dernier chapitre de la saga Twilight, Kristen Stewart a accepté de se livrer dans une interview exclusive publiée dans le dernier numéro de Première. En voici la version intégrale…Par Mathieu CarratierPremière : Le premier Twilight était une love story adolescente, le deuxième un triangle amoureux et le troisième pratiquement un film de guerre… Comment décrirais-tu Révélation ?Kristen Stewart : Il s’agit plus d’un drame familial. Contrairement aux épisodes précédents, tout le monde est uni dans celui-ci. Le début du film affiche un ton qui tranche radicalement avec les autres, ce dont la saga avait cruellement besoin selon moi. C’est drôle, léger, on voit enfin les personnages être heureux. Évidemment, ça ne va pas durer…J’avoue avoir un faible pour le premier film de la saga, mais j’ai l’impression que les deux suivants se contentaient d’étirer inutilement l’histoire…Je comprends ce que tu dis sur le 2 et le 3, et je suis d’accord : le premier avait un truc. Il était original et existait par lui-même. Révélation est très satisfaisant, j’ai l’impression qu’on y retrouve vraiment le livre, que la patte de Stephenie Meyer est là. Il s’agit aussi du point culminant de tout ce qu’on a construit depuis trois films. L’apothéose, avec toute l’excitation que ça implique.J’ai lu que Stephenie Meyer avait posé les bases de ce quatrième livre après avoir écrit le premier, ce qui expliquerait le côté un peu « remplissage » du deuxième et troisième…Je ne savais pas… Mais c’est vrai que ça ne serait pas aberrant, dans le sens où on pourrait directement passer de la fin de Fascination aux fiançailles dans le quatre. En même temps, je me souviens que Stephenie écrivait le quatrième livre pendant qu’on tournait le premier film. Quand je repense à cette époque, ça me paraît complètement fou : personne ne se connaissait, on était tous tellement différents… Je nous revois encore, acteurs, réalisateur, scénariste, arriver et dire (elle prend un air gêné) « bonjour tout le monde… » Maintenant qu’on est devenus aussi proches, ça fait tout drôle.Tu avais 17 ans quand tu as tourné le premier Twilight. En quoi ces quatre années passées sur la saga t’ont-elles changée ?Quand tu passes du temps sur un projet qui exige beaucoup de travail, tu dois te sentir investie, prête à le défendre corps et âme. C’est ce que je ressens pour chacun de mes films, et c’est pour ça que je les choisis. Twilight m’a permis de partager cet engouement avec un public nettement plus large. Comme tout ce qui atteint un tel niveau de popularité, la saga est beaucoup critiquée, et je me suis rendue compte que ça me rendait encore plus protectrice. L’expérience m’a aussi vachement ouverte. Quand j’étais plus jeune, je ressentais les choses de façon très forte mais je n’étais pas toujours capable de l’exprimer. J’ai fait des progrès énormes à ce sujet. Sur le plan du jeu d’acteur, chaque nouveau projet vous façonne, aide vos inhibitions à tomber petit à petit. J’étais une ado quand j’ai débuté, et je pense que vous devenez meilleur à mesure que vous apprenez à vous connaître, à prendre possession de votre corps. C’est en acquérant ce contrôle que vous pouvez ensuite le perdre lorsqu’une scène l’exige. Comme tous les films, Twilight m’a fait grandir. Peut être un peu plus vite que les autres.Entre deux Twilight, tu as joué dans Les Runaways ou Welcome To The Rileys. Des personnages forts et indépendants…Ce n’est pas un choix conscient. Vu que je suis quelqu’un de naturellement introvertie, j’imagine que je dois aussi compenser ça en incarnant ce genre de rôles. Mais je ne suis pas du tout opposée à l’idée de jouer des personnages plus faibles ou vulnérables. Ce serait même assez passionnant.Tant mieux. Sinon, Hollywood n’aurait pas forcément beaucoup de boulot à te proposer…C’est vrai que ces personnages forts sont rares. Vous remarquerez que, d’une manière ou d’une autre, une femme à l’écran a toujours besoin de l’aide d’un homme avant la fin du film. Il faut aussi que l’on soit adorable à tout prix, le spectateur doit nous aimer. Je ne pense pas être encore prête à le faire moi-même, mais je suis fascinée par les acteurs qui n’hésitent pas à incarner des personnages vraiment antipathiques.Combien de temps a duré le tournage des deux parties de Révélation ?Six mois, plus trois semaines de répétitions.Certaines journées ont dû te paraître un peu longues…C’était parfois répétitif, en effet, à tel point que j’avais parfois l’impression de retourner des scènes des épisodes précédents. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas essentielles à l’histoire, mais il y a des jours où je me sentais comme Bill Murray dans Un jour sans fin. Surtout lorsque nous étions à Baton Rouge dans la maison. On a tourné toutes les séquences en intérieur d’affilée, avant d’aller shooter les extérieurs. Des scènes intimes et émotionnelles, de dialogue, qu’on enchainait inlassablement… J’ai cru que ça ne s’arrêterait jamais. Surtout moi, qui a plutôt l’habitude des films indépendants qui se font en cinq minutes. Après, on est partis au Canada où il faisait évidemment un froid d’enfer. Au lieu d’être contents de se retrouver enfin à l’air libre, on n’avait qu’une envie : rentrer se réchauffer. Le plan de tournage n’aurait pas pu être pire. Même quand on a tourné la lune de miel au Brésil, c’était la saison des pluies !Quel genre de capitaine a été Bill Condon ?J’adore Bill. C’est vraiment quelqu’un qui vous invite dans son processus créatif. Il est toujours à l’écoute, mais on sent que c’est honnête. J’ai côtoyé des metteurs en scène qui se disent très ouvert, vous encouragent à leur faire part de vos suggestions alors qu’au fond, ils s’en foutent complètement. Rien à voir avec Bill. Je l’ai vraiment senti investi par le projet, là où certains auraient pu être là uniquement pour capitaliser sur le succès programmé du film. Au Comic-Con, j’avais fait une blague en disant « regardez, on a une pointure à la réalisation ! » Mais je suis foncièrement ravie que Twilight attire ce genre de talent aujourd’hui.Quels ont été les moments clés du tournage pour toi ?Ce sont les plus attendus par les fans du livre : le mariage, la première scène d’amour, l’accouchement… Pouvoir enfin les jouer s’est révélé hyper cathartique.Et le dernier jour ?Il y a eu deux derniers jours, en fait. Celui où nous avons fini de tourner le mariage avec toute l’équipe, qui était conforme à l’idée que je m’en étais fait. Je savais que tout le monde rentrerait chez lui le soir sans vraiment se rendre compte de l’importance du moment, avant de réaliser le lendemain que c’était bel et bien fini. Un peu plus tard, on s’est retrouvé à St Thomas, dans les Caraïbes, pour finir une scène que nous avions plus ou moins ratée au Brésil. Des plans avec uniquement Rob et moi, ce qui rendait l’instant encore plus spécial. On était sur la plage, face au soleil qui se levait… J’ai même attrapé Wick Godfrey, le producteur qui nous a accompagné depuis le début de la saga, pour le mettre à l’eau. C’était parfait. Tout ce qu’on pouvait espérer d’un moment comme celui-ci.