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Le film événement du jour à Cannes, c'est Only God Forgives, de Nicolas Winding Refn. Malheureusement, son interprète principal, Ryan Gosling, n'a pu se rendre sur la Croisette à cause de son assurance sur How To Catch a Monster, sa première réalisation. Mais comme il est en couverture du dernier numéro de Première, on vous propose tout de même plusieurs exclusivités sur le film et sa conception. Vous avez lu la longue interview de l'acteur où il explique que le long-métrage parle en fait de l'impuissance masculine ? Notre critique d'OGF ? Place à la rencontre entre Winding Refn et un réalisateur qui aime autant les films coups de poing que lui, Gaspar Noé.Au sein du 435è numéro de Première, actuellement dans les kiosques, les deux hommes parlent de leur parcours et de leur amitié. Cela ne vous a sans doute pas échappé : le réalisateur d'Irréversible a rendu visite à Winding Refn sur le plateau d'Only God Forgives il y a quelques mois. Souvenez-vous, une photo de lui en compagnie d'un Gosling bien amoché avait fait le tour de la toile.Au cours de l'échange, on en apprend un peu plus sur ces fameuses prises de vue. Le réalisateur danois explique même que sa fille a été hantée par un fantôme lorsqu'il filmait à Bangkok ! Il avoue partager la même vision du cinéma que Gaspar Noé ("Plus que du cinéma, ce sont des expériences limites. Ce que j'adore chez lui, c'est qu'il repousse les bornes de ce qu'on peut faire à une époque où l'industrie est très frileuse") et ils livrent tous les deux avoir une folle envie de tourner un film mélangeant horreur et sexe.Rendez-vous dans les kiosques pour lire la suite, mais pour vous donner un avant goût de la rencontre, voici deux questions bonus totalement inédites, qui n'apparaissent pas dans le magazine.Gaspar, que penses-tu d’Only God Forgives ? G : Je le trouve extrêmement onirique, un peu comme les vieux films surréalistes. J’ai pensé à Bunuel mais aussi à Kenneth Anger et même un peu Lynch dans sa volonté de s’éloigner de la narration classique. Je le rapprocherais du Guerrier silencieux, qui est aussi une sorte de cauchemar éveillé, même si Only God Forgives est plus fétichiste et que la symbolique est plus évidente. Et puis j’aime beaucoup l’humour noir du film. Ma scène préférée, c’est celle de la mère à la fin, je n’en dirai pas plus… A votre avis, pourquoi Drive est devenu un film culte aussi vite ? N : La force de Drive, c’est que le héros n’est pas un mythe comme dans Le guerrier silencieux, mais un mec rivé à la réalité qui va devenir un héros par amour. Cela dit, les personnages du Guerrier silencieux, de Drive et d’Only God Forgives sont la même entité. Dans Le guerrier, il a un nom : One Eye. Dans Drive, il est défini par sa fonction : Driver. Et le lieutenant de police d’Only God Forgives lui, n’a ni nom ni définition. Il est juste « ça ». L’ADN de mes personnages s’épure de plus en plus !