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Des hommes et des dieux, champion du Box Office : les hommes sont tombés sur la tête ?

01/10/2010 - 15h59
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Des hommes et des dieux, champion du Box Office : les hommes sont tombés sur la tête ?

1,5 millions de spectateurs en trois semaines. Le film de Beauvois bouscule les catégories cinéma et les repères critiques. On fait le point.

C’est le "miracle" de l’année, la "divine surprise", la "révélation". Le succès public du dernier film de Xavier Beauvois fait les titres de la presse et l’émerveillement des mieux disants, fous de joie qu’un film "exigeant" écrabouille le box-office de France. Un film d’art, un film d’essai, un film d’auteur etc. Comme en plus il y a des moines, on sort l’artillerie du vocabulaire religieux et des références chics du cinéma mystique. On nous met du Dreyer dans les dents, du Thérèse dans les yeux, on nous re-démontre le Théorème de Pasolini, et on finit par cette contre vérité affolante : Des hommes et des dieux serait un succès "inattendu", parce qu’un exemple radical de film marginal, limite chiant, qui, grâce à un coup de bol inouï ou à un alignement astral aussi rare qu’une éclipse solaire, grâce aussi à sa qualité et à l’ouverture d’esprit inespérée du public serait sur le point de passer les 2 millions d’entrées en France.

Sauf que c’est même pas vrai.

Un film qui passe les 2 millions d’entrées, et peut-être même les 3, est forcément un film grand public. Pas grand public parce qu’il se trouve qu’il marche, mais grand public par NATURE. Oncle Boonmee, le film thaï à la Palme d’or d’ailleurs controversée précisément pour cette raison-là, en voilà un, de film "petit public", qui finira, Palme ou pas Palme, à 100 000 entrées. Et oui, ce sera grâce à un immense coup de bol et à des astres bienveillants.

Des Hommes et des Dieux n’est pas de ces films-là. Ce n’est pas parce qu’on y voit trois fois des moines prier deux minutes en plan fixe qu’il est "austère" ou "difficile" ou "ardu" ou "exigeant". Il raconte de façon très simple une histoire exemplaire, limite édifiante. C’est vrai, il n’y a pas de méga-stars (comprenez : ni Jean Dujardin ni Kad Merad ne jouent dedans) mais il est tout de même permis de remarquer que Lambert Wilson n’est pas exactement un inconnu, qu’il passe régulièrement sur les plateaux de TF1, et qu’il triomphait dans les films de Fabien Onteniente AVANT Franck Dubosc.

Comprenons nous bien. Des Hommes et des Dieux est un beau film, émouvant et bien fait, par des gens qui y ont mis du cœur, de l’envie et du talent. Mais il n’a rien du film "minoritaire" qu’on tend malhonnêtement en miroir à son (grand) public pour qu’il se sente fier d’avoir payé son billet. En vérité, je vous le dis, le film de Beauvois se place moins dans les pas de Rosselini ou sous le soleil de Pialat que dans le registre d’un film comme Au revoir les enfants de Louis Malle, dont personne, à l’époque, n’avait interprété le succès (et les César) comme une incongruité ou une "bonne nouvelle". Vous savez, Au revoir les enfants, le film qui se terminait par l’image d’un prêtre menotté, emmené par des vilains vers une mort certaine…

Guillaume Bonnet

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COMMENTAIRES
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Pas de rôle principal pour une femme ou un enfant et pas de jeune premier fringant, ça fait un casting a priori peu vendeur (en tout cas, on connaît peu de blockbusters avec un tel personnel). Pas d'effets spéciaux extraordinaires, pas d'images de synthèse, pas de musique originale (à peine quelques chants liturgiques chantés sans perfection et sans accompagnement et un seul morceau instrumental, classique en prime), c'est également plutôt rare dans les grands succès de ces dernières années. Pas de gags, pas d'amourettes, quasiment pas d'action, pas de suspens, pas de complot ou de machinations politiques (la situation de l'Algérie à l'époque, les forces en présences, les raisons et les responsabilités des uns et des autres sont à peine évoquées, et ne sont pas traitées), ce n'est pas le scénario le plus courant. Donc oui, on a le droit d'affirmer que le succès de ce film n'était pas prévisible car il repose uniquement sur des critères pas toujours pris en compte dans les prévisions : la beauté, la profondeur et la justesse ; bien des films qui manquent de ces trois qualités remportent du succès et il n'est jamais évident que celui qui les a mais qui n'a qu'elles puisse leur faire concurrence. Alors, ne boudons pas notre plaisir !
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Anonyme | le 05/10/2010 à 19h03 | Signaler un abus
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Je ne comprends pas l'intérêt de démontrer que ce film n'est pas un film austère, une surprise, un film d'art et d'essai... on s'en fiche un peu, des catégories, non ? A croire que même quand il n'y a aucune critique à faire, les journalistes aiment trouver un article négatif... Pourquoi ne pas comprendre son succès, parler religion, spiritualité... ça volerait plus haut !
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Anonyme | le 04/10/2010 à 08h33 | Signaler un abus
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7 hommes en prière, d'un courage tranquille, serein, bon, des hommes humains, trop humains, sublimement humains. Oh! que le terrorisme semble alors dérisoire, affligeant, primaire...Et comme l'on comprend, comme il devient évident que Rome,la grande Rome, l'immense Rome devint chrétienne d'avoir martyrisé tant et tant de chrétiens. Et comme l'on comprend aussi alors que le gouvernement algérien ait dû interdire les conversions en masse d'algériens au christianisme...
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Anonyme | le 03/10/2010 à 01h28 | Signaler un abus
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bande de débiles, aucun respect pour la vie humaine (je parle aux 2 commentaires ci-dessous), retournez lire votre coran au lieu d'éructer votre haine ici
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Anonyme | le 02/10/2010 à 14h06 | Signaler un abus
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