De Safe au Musée des merveilles : retour sur la collaboration de Todd Haynes et Julianne Moore

Julianne Moore Todd Haynes Le musée des merveilles

L’actrice retrouve pour la quatrième fois le réalisateur de Carol. 

Dans quelques jours sortira Le Musée des merveilles, l’adaptation du roman éponyme de Brian Selznick, réalisé par Todd Haynes. Le réalisateur de Carol raconte ici l’histoire de deux enfants sourds à différentes époques. En 1927, Rose (Milicent Simmonds) fuit son domicile afin de rencontrer son idole, Lilian Mayhew, une actrice sur le point de retourner sur scène. En 1977, le jeune Ben (Oakes Fegley) rêve de rencontrer son père qu’il n’a jamais connu. Il découvre dans les affaires de sa mère des indices pouvant le mener directement à lui. Ces enfants s’apprêtent à mener un voyage en parallèle qui les mènera directement à New York. A travers la quête de ces deux personnages, Haynes s’intéresse de près à l’enfance, leur solitude, et les enjeux autour de la parentalité. Le cinéaste retrouve pour la quatrième fois Julianne Moore dans le rôle de la star des années 20 que recherche Rose. Un rôle sur mesure pour l’actrice mais assez différent par rapport à ses précédentes prestations dans l’univers de Todd Haynes.

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Tout commence en 1995 avec la sortie de Safe. Julianne Moore fut révélée en grande partie pour son interprétation de Carol White, une femme au foyer des années 90 qui n’a pas une minute à elle. En parfaite maîtrise de son quotidien, entre la décoration de sa maison, ses séances d’aérobic et ses déjeuners entre amies, Carol finit par développer des allergies étranges à tout ce qui l’entoure. En jouant avec les couleurs pâles, Haynes réussit à rendre paranoïaque son personnage, qui se décompose aussi bien psychologiquement que physiquement. Moore interprète une femme blanche, froide, allergique aux couleurs. Le spectateur se rend compte petit à petit qu’elle cherche à s’effacer en s’habillant en blanc couleur chair, pour ne faire qu’un avec sa peau. Elle réussira uniquement à retrouver la sérénité et la santé dans un centre de traitement New Age, complètement isolée de son mari (Xander Berkeley) et de ses amies. Dans ce film "clinique", l’actrice est troublante avec ce personnage dont le besoin vital est de devenir transparent pour pouvoir s’accomplir.

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Todd Haynes lui propose un rôle similaire dans Loin du Paradis (2002), qui lui a valu une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice. Julianne Moore incarne cette fois-ci Cathy Whitaker, une mère au foyer des années 50. Le cinéaste crée un personnage assez proche de celui de Safe : une femme qui gère parfaitement sa vie de famille, mais qui finira par s’exclure à cause de son mari homosexuel (Dennis Quaid). En se sentant de plus en plus seule, Cathy développera des sentiments pour Raymond, son jardiner noir (Dennis Haysbert), à une époque qui n’acceptait pas l’union entre deux personnes de couleurs différentes. Cathy doit sauver les apparences en cachant le secret de son mari et sa relation avec Raymond. Que ce soit dans Safe ou Loin du Paradis, Todd Haynes et Julianne Moore ont développé deux personnages passionnants qui finissent bannis par la société. Mais une certaine nuance esthétique s’impose entre ces deux rôles. Carol White est une femme malade qui évolue dans toutes les palettes du blanc pour s’effacer, tandis que Cathy Whitaker porte continuellement des couleurs chaudes comme le rouge et le bordeaux pour faire bonne figure devant ses amis. 

Todd Haynes : “Le Musée des Merveilles est avant tout un film pour enfants”

Todd Haynes se montre toujours surpris par le jeu de Julianne Moore. Après avoir rendu hommage aux mélodrames avec Loin du Paradis, le réalisateur avance dans ses projets, mais n’oublie pas pour autant son actrice. Il lui propose de jouer Alice Fabian dans I’m not There (2007), consacré à la vie du chanteur Bob Dylan, incarné par six acteurs différents. Un second rôle très éloigné de ses anciennes interprétations.  Ce personnage est librement inspiré de Joan Baez, une compositrice de musique folk, très intéressée par les morceaux de Bob Dylan. Hayne filme Julianne Moore dans un faux documentaire afin de raconter la période folk du chanteur, version Christian Bale.
Après Safe, Loin du Paradis, et une apparition dans I’m not There, Moore interprète une vedette de cinéma dans Le musée des merveilles. Le dernier long-métrage de Todd Haynes est avant tout une fable pour enfant. Il fait honneur au cinéma muet par sa mise en scène, notamment à travers le personnage de Rose, interprété par Millicent Simmonds qui souffre de surdité. "C’est toujours très spécial de travailler avec Todd Haynes. C’est un cinéaste tellement extraordinaire. Il arrive à représenter l’expérience humaine et l’émotion de nos vies d’un point de vue cinématographique", déclare Julianne Moore au micro d’Entertainment Weekly

Le musée des merveilles sortira dans nos salles le 15 novembre.  


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