David Heyman : « Ce qu'on a fait dans Gravity n'avait jamais été fait avant »
Warner Bros

Le producteur dévoile les coulisses du tournage du film événement avec Sandra Bullock et George Clooney.

En 2014, Première rencontrait le producteur David Heyman à l'occasion de la sortie de Gravity en DVD et blu-ray. L'occasion de lui poser quelques questions sur la création du film, notamment sur ses effets visuels bluffants. Nous repartageons cet article, le blockbuster à succès étant programmé sur TF1 dimanche soir.

Qu’avez-vous dû inventer pour arriver à représenter le monde de Gravity ?
Il a d'abord fallu trouver comment créer l’illusion de l’espace, avec des plans de 30 minutes sans coupes qui ne permettent pas de se reposer sur le montage. Sandra n’aime pas voler, donc il n’était pas question de recourir à la “Vomit comet”, l’avion qui fait une courbe parabolique pour recréer l’apesanteur. Alfonso y est allé parce qu’il pensait que ce pourrait être utile pour quelques plans comme celui où elle est en position fœtale. Mais ça ne dure que quelques secondes, et ça rendait malade le chef op Emmanuel Lubeski. On a donc a été obligé de trouver d’autres techniques. Et ça a pris TRES longtemps. Finalement, nous avons mis au point ce que nous appelons la boîte à lumière, un cube de 3 mètres sur 3, fait de panneaux LED qui procurent la source lumineuse ainsi que la ligne du regard pour servir de référence aux acteurs. Dedans, il y a une piste sur laquelle est fixé un robot de 2 tonnes utilisé pour reproduire à l’identique autant que nécessaire des mouvements de caméra. Nous avons associé ça à un programme informatique, sachant que tout le film était prévisualisé, pour le faire bouger comme nous voulions. Ca a pris beaucoup de temps à mettre au point parce que ça n’avait jamais été fait avant. Le suspens a duré jusqu’à la veille du tournage.Une autre technique consistait à utiliser des câbles actionnés par des marionnettistes. Sandra travaillait avec eux pour figurer l’apesanteur à l’intérieur de l’ISS. Les seuls décors réels étaient l’intérieur du Soyouz et celui du Shenzu. Enfin, il y a la post production qui a demandé beaucoup de travail vu que la majorité de ce qu’on voit est en effets visuels. C’est une question de temps. Nous avons fini le film en Dolby atmos six semaines seulement avant la présentation à Venise.

Gravity est un chef-d'oeuvre universel

Parmi les remerciements on trouve les noms de James Cameron et David Fincher. Quelle a été leur implication ?
Alfonso les a consultés pour leur parler de son projet. Ils lui ont dit qu’il était fou, mais l’ont encouragé. En fait, les cinéastes forment une communauté, et Cameron et Fincher font partie de ceux qui poussent les limites de la technologie dans le cadre d’une histoire humaine. Jim et David ont conseillé Alfonso sur des questions de lumière, de design, et aussi de 3D.

Etait-il évident dès le départ que ce serait en 3D ?Lorsque le script m’est parvenu, son titre était Gravity, une aventure en 3D. Le film a été conçu ainsi pour de multiples raisons. L’espace infini, la profondeur de champ, le recours aux plans séquences qui évitent de couper entre un champ et un contre champ, tout a été conçu avec ces notions à l’esprit. La 3D devient un des personnages du film.
Propos recueillis par Gérard Delorme

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