Critique Plonger : Mélanie Laurent en apnée

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Pour son quatrième film, Mélanie Laurent signe l’histoire ambitieuse d’une dépression amoureuse avec l’océan en toile de fond.

Depuis Les adoptés, sa première réalisation, Mélanie Laurent recherche l’équilibre délicat entre mélodrame, passion et tension dramatique, le tout enrobé d’un formalisme chic un peu surfait. Elle y était à peu près parvenue avec Respire, récit d’une amitié amoureuse entre deux adolescentes tournant au cauchemar. Elle récidive avec Plonger qui narre la passion dévorante entre une photographe, Paz (Maria Valverde, envoûtante), et César (Gilles Lellouche, solide), un ex-grand reporter de guerre. Dès le long prologue, un flashback sur la rencontre amoureuse entre les deux protagonistes, Laurent met le paquet en termes de cinéma : instantanés de vie bruts montés façon puzzle, effets flous/nets visant la sidération, gros plans capturant la passion naissante… On n’est pas loin de l’imagerie pub mais Laurent assume cette grandiloquence visuelle qui a le mérite de susciter l’attention, à défaut de la combler complètement.

Mélanie Laurent ose
L’intéressant avec Mélanie Laurent, c’est qu’en dépit d’une séduction apparente (via l’image), ses films sont tout sauf aimables. Elle met en scène une nouvelle héroïne ambivalente dont la quête d’absolu (son art) prend le pas sur tout, y compris sur son histoire d’amour, y compris sur son enfant à naître. On a du mal à s’attacher à cette Paz dépressive que des hommes jugeront hystérique (c’est le cas du personnage de Gilles Lellouche) et que des femmes trouveront irresponsable (pour son manque de sentiment maternel). Là encore, en jouant sur les maux et sur les mots (cette artiste incomprise qui se pique soudain d’écologie, n’est-ce pas elle ?), Mélanie Laurent s’expose aux moqueries et aux commentaires inconvenants. C’est aussi ce qu’on aime chez elle, ce courage d’aller au charbon et jusqu’au bout de ses idées. L’absence de Paz dans le dernier tiers du film (centré sur César, qui n’accepte pas sa disparition mystérieuse) remet d’ailleurs tout en perspectives : et si elle avait eu raison de ne rien sacrifier à son idéal ? Entre Le Grand bleu et 37°2 le matin, entre la mythologie simpliste et le baroque too much, Plonger se mouille et tente une synthèse impossible. Ca vaut le coup de se jeter à l’eau.


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