Critique : La Tour Sombre, étrange adaptation de Stephen King

La Tour sombre

Un film tiraillé entre les romans et l'envie d'être autre chose.

Attentions, quelques éléments de l'intrigue sont dévoilés dans le texte qui suit.

Une tour qui sert de pilier entre les univers et un enfant très spécial potentiellement capable de la détruire : le carton d'ouverture de La Tour Sombre fait dans le minimalisme. Étonnant point de départ pour un projet casse-gueule. L'adaptation de La Tour Sombre (une série en huit tomes signée Stephen King) a connu un développement difficile depuis 2007, jusqu'à ce que Sony Pictures lance enfin la production. Le film en porte les stigmates et tente en même temps d'être une version Reader's Digest de la saga et un blockbuster fantastique. Compliqué.

Au départ, il y a Jake Chambers, un ado qui tous les soirs rêve d'un Homme en noir (Matthew McConaughey) capturant des gamins, d'une Tour Sombre et d'un pistolero. Incapable de donner du sens à ses visions - comme sa mère et son beau-père, qui croient à des problèmes psychologiques -, il finit par accepter de se rendre dans un institut spécialisé. Mais juste avant de partir, ses histoires d'univers parallèles et de fin du monde imminente le rattrapent…

La Tour Sombre : "Stephen King est le Hitchcock ou le Spielberg de la littérature"

La première partie pose plutôt intelligemment les enjeux et explore la rencontre entre Jake (Tom Taylor, assez impeccable) et le pistolero, Roland (Idris Elba, qui joue le taiseux sympathique sur une partition réduite). Un joli travail sur l'ambiance et la fluidité du récit et donnent l'impression que le réalisateur Nikolaj Arcel a réussi l'impossible.

Le show de McConaughey

Mais La Tour Sombre s'essouffle petit à petit vers sa moitié et commence sérieusement à dérailler quand il s'agit de revenir à New York, dans une partie de l'intrigue d'ailleurs absente des bouquins. Le film peine à créer de la dramaturgie et semble avoir déjà grillé toutes ses idées de mise en scène. Les enjeux sont censés être énormes (on parle de la fin de tous les univers !), pourtant on ne tremblera pas une seule fois pour les personnages.

La faute à un scénario bancal qui se force à résumer ce qui ne peut pas l'être, et tente de boucler le plus rapidement possible sa trame principale. Pour finalement en arriver à une conclusion molle et attendue, en forme de porte - timidement - ouverte à une suite. Entre deux, on aura tout de même eu droit à quelques gunfights efficaces et au show parfaitement huilé de Matthew McConaughey dans la peau d'une ordure. C'est à la fois beaucoup et pas grand-chose.

Est-ce que La Tour Sombre est une bonne adaptation des romans ? Non, mais on pouvait le sentir venir tant l'oeuvre est réputée inadaptable. Ce qui n'en fait pas pour autant un mauvais film : simplement un objet étrange et inabouti, qui ne fera en fait plaisir à personne (les fans de King comme ceux de blockbusters fantastiques). On sait qu'une série télé préquelle sur la jeunesse de Roland est déjà prévue. C'était peut-être par là qu'il fallait commencer. Voire éviter totalement le passage sur grand écran pour se cantonner au petit.

La Tour Sombre, en salles le 9 août. Bande-annonce :

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