Creed : le spin-off de Rocky met K.O.

Michael B. Jordan et Stallone dans Creed

Stallone n’a jamais été aussi touchant que dans ce post-scriptum à (la hauteur de) sa légende.

Un spin-off de Rocky ? Centré sur le rejeton d’Apollo Creed ? Et pourquoi pas « Paulie begins », l'origin story consacrée à Paulie ? De loin, Creed ressemble au genre de projet idiot que les studios usinent quand ils raclent leurs fonds de tiroirs. De près, c’est en réalité un « dream project » très perso porté par le réalisateur Ryan Coogler (coqueluche indé révélée par Fruitvale Station), un hommage à son papa qu’il rumine depuis de longues années. Un film qui s’envisagerait autant comme le point de départ d’une nouvelle saga que comme un post-scriptum à la légende. L’histoire du petit Creed, donc, Adonis, un gamin illégitime qui a grandi sans son paternel et veut devenir une superstar du ring à son tour. Qui doit pour ça faire la paix avec son patronyme écrasant et décide d’aller frapper à la porte du vieil ami et adversaire de son père, le grand Rocky Balboa… Ça a l’air terriblement cheesy énoncé comme ça, mais, dès les premières minutes du film, on comprend que Ryan Coogler est totalement sincère dans ses intentions, trouvant l’équilibre parfait entre film franchisé et feeling indé, entre rushs d’adrénaline et grosses embardées mélo. Michael B. Jordan est la star du film, il poursuit sa mise en orbite entamée avec Chronicle et Fruitvale Station, et parvient déjà à reléguer le raté 4 Fantastiques au rayon des mauvais souvenirs. Il est parfait. Il a la carrure et l’attitude.  

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Mais pourtant, par n'importe quel bout qu’on prenne ce film, on n’a d’yeux que pour Lui. Sly. L’Etalon Italien devenu le personnage secondaire de sa propre saga. Combien de fois Stallone pourra-t-il nous faire chialer en allant se recueillir sur la tombe d’Adrian ? En racontant des histoires du bon vieux temps dans son troquet désert, entouré de photos jaunies ? Il semblerait que ce soit sans fin… Près de dix ans ont passé depuis le « dernier » opus (Rocky Balboa, 2006), sa voix est décavée comme jamais, la silhouette est massive, colossale, idéalement mythologique (petit chapeau compris). Il a rarement été aussi touchant. Presque détendu, aussi, malgré la partition mélo chargée, comme s’il était heureux de confier les clés de la boutique à quelqu’un d’autre, de suivre les combats en dehors du ring, d’imaginer que la franchise puisse lui survivre. Jusqu’à présent, la quasi-totalité des premiers spectateurs de Creed sont sortis de la salle les yeux humides, avec les mêmes mots à la bouche : « Oscar du meilleur second rôle ». Imaginez l’opportunité géniale que ce serait pour l’Académie de lui remettre ce prix, quarante ans après la sortie du premier opus. Mais peu importe, après tout, que Sly gagne ou perde. On ne l’aime jamais autant que dans la peau de l’underdog. On se contentera pour l’instant d’hasarder que si Rocky Balboa était son Impitoyable, Creed pourrait alors bien être quelque chose comme son Gran Torino. Pendant la projection, on s’est soudain mis à penser à une vieille chronique de Philippe Garnier consacré à un album des Stones, Black and Blue, qui théorisait sur la discographie sans fin des rockers et s’achevait par ces mots : « Un jour, on s’aperçoit que c’est toute une vie qu’on a laissée derrière. » Dans quelques mois, en rangeant Creed à côté de notre intégrale Rocky sur l’étagère, c’est aussi ça qu’on contemplera – toute une vie qu’on a laissée derrière.

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Bande annonce de Creed, le 13 janvier dans les salles :

 

 

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