Cloverfield : retour sur J.J. Abrams
Alors que la promo de son nouveau film Super 8 a commencé, NT1 diffuse Cloverfield. Retour sur l’incroyable talent de son créateur, JJ Abrams
Si Cloverfield ne vous dit rien, on ferait bien de reprendre au début. Et au commencement, il y a J.J. Abrams. A 45 ans, J. J. est l’un des hommes les plus en vue d'Hollywood. Depuis une bonne dizaine d’années, ce storyteller surdoué a multiplié séries télé – Lost c’est lui – ou films à grand spectacle avec un même talent pour assurer son fix hebdo de pop culture aux spectateurs du monde entier. Armageddon (le scénario), Mission : Impossible III, Star Trek, Alias et Lost ont en commun d’être des paradis pour geeks. A Hollywood, où le geek est désormais so chic, J.J. est donc l’un des rois. Comics, SF, série B ou télés… Jeffrey Jacob Abrams a biberonné tous les classiques (les chef d’œuvre 70’s de Spielberg et Lucas) et a su mieux que personne recycler tous les mythes de cette culture dans des œuvres audacieuses et visuellement impressionnantes. Dans un texte écrit pour le magazine WiredAbrams définissait ainsi ce qui l'excitait, le fondement de son oeuvre : « Le mystère est partout. Y a-t-il un Dieu ? Mystère. La vie après la mort ? Mystère. »
Bloop, Bloop
Ca tombe bien, le mystère est au cœur de Cloverfield. Réalisé par son protégé Matt Reeves, ce film de monstre a, comme toute prod’ Abrams qui se respecte, un pitch très malin : Cloverfield raconte la destruction de New York par un monstre géant, mais en format caméscope puisque tout est filmé par un new-yorkais endurant. L'idée lui serait venue lors d'un voyage à Tokyo. Abrams aurait alors remarqué que tous les magasins de jouets proposaient encore des figurines Godzilla. Impressionné par l’omni-présence de ce monstre dans la culture japonaise, le cinéaste a pensé qu’il serait peut-être temps d’en imaginer une version US… Mais c’est à David Fury (producteur de Lost) qu’on doit l’étincelle : Fury lui parle du Bloop. Le bloop ? Un son d'ultra-basse fréquence, détecté dans l'Océan Pacifique durant l'été 1997, et dont l'origine reste inconnue. Seule explication des scientifiques ? Un animal marin, mais plus grand que la baleine bleue. De là au monstre qui ravage New York, il n’y a qu’un pas que Abrams franchit tranquillement.
La fiction au regard du réel
Une campagne marketing virale insensée plus tard, voilà donc Cloverfield. Comme c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, à partir de ce Bloop, Abrams et Reeves imaginèrent donc un film de monstre qui brasse les influences (Godzilla donc, un soupçon de Blair Witch) et convoque les figures tutélaires de leur panthéon personnel (surtout Spielberg pour ses films d’Aliens – et La Guerre des mondes plus que ET). Mais là où Cloverfield est vraiment réussi, c’est dans ses moments « documentaires », quand il « remake » le 11 septembre. C’est là que le film devient saisissant. Le principe de temps réel et de "pris sur le vif" provoque des shots d’angoisse et de vraie terreur. Du coup, au moment où le Japon se remet à peine d’un séisme et court la menace d’une catastrophe nucléaire, impossible de ne pas se prendre le film en plein visage. Et de ne pas voir comme un nouvel écho du réel à la fiction. En programmant ce film ce soir, Cloverfield se fait rattraper par Dame nature. On sait bien que ces films de monstres et de genre constituent la mythologie de l’époque. Qu'ils jouent souvent (Cloverfield particulièrement) un rôle de catharsis (ici post-09/11). Mais là, impossible de ne pas superposer les images apocalyptiques de Cloverfield à celles de Sendai ou de Tokyo déserté. Puissance du cinéma, génie de JJ : capturer notre époque à partir de la pop culture.
- Les plus populaires
- Les plus récents
- Les plus anciens
-
Les vainqueurs de la Quinzaine
25/05/2012 - 23h51 -
Robert Pattinson sur les marches !
25/05/2012 - 20h47 -
Nicole et Clive, la classe ultime
25/05/2012 - 19h12 -
Rencontre avec Ken Burns
25/05/2012 - 19h07 -
Fallait pas rater ça : l'essentiel de l'actu people en 5 clics !
25/05/2012 - 18h30