Delivrance Burt Reynolds
Warner Bros.

Hommage à l’acteur moustachu, superstar virile des années 70-80, décédé hier à 82 ans.

Il était l’incarnation d’une certaine idée de la virilité américaine, un action hero qui jouait des coudes avec Clint Eastwood et Charles Bronson dans les années 70, et dont le succès montra la voie aux gros bras de la décennie suivante, de Schwarzenegger à Stallone en passant par Bruce Willis et Harrison Ford. Une grande partie du pouvoir de fascination de Burt Reynolds reste assez mystérieuse vue de France, où la plupart des succès de l’acteur sont passés sous le radar, à commencer par le très culte Cours après moi shérif. Voici cinq films à binge-watcher ce week-end pour commémorer la mémoire du grand homme.

Délivrance (John Boorman, 1972)

Sur un air de banjo légendaire, un groupe de citadins se paume dans les Appalaches et fait face à un déchaînement de sauvagerie pure. Gros hit et sommet traumatique des seventies, à ranger entre Orange Mécanique et Les Chiens de Paille. Burt Reynolds joue le plus bourrin de la bande, un archétype macho. Le film fait de lui une star.

Plein la gueule (Robert Aldrich, 1974)

Dans sa carrière, passé John Boorman, Burt Reynolds n’aura finalement pas croisé beaucoup de grands réalisateurs. Il tourna quand même un doublé anthologique avec Robert Aldrich en 74-75 : le beau polar vénéneux La Cité des Dangers (starring Catherine Deneuve) et, juste avant, ce Plein la gueule génialement anar, mi-film de prison, mi-film de sport, qui porte bien son titre. Et qui fut remaké en 2005 avec Adam Sandler, sous l’intitulé tout aussi imparable Mi-temps au mitard.

Cours après moi shérif (Hal Needham, 1977)

Course-poursuite entre des contrebandiers d’alcool super cools et un shérif ronchon. Un petit air de Shérif fais-moi peur souffle sur Smokey and the Bandit (titre VO), deuxième plus gros succès de l’année 77 aux Etats-Unis, derrière Star Wars. LE film qui résume la persona Burt Reynolds (rigolarde, anar, macho) aux yeux du public américain.

L’équipée du Cannonball (Hal Needham, 1981)

Nouvelle association avec l’ancien cascadeur Hal Needham, réalisateur de Smokey and the Bandit, pour un nouveau film de courses-poursuites dingo. L’un des rares grands succès de Burt Reynolds en France, un classique des vidéoclubs eighties. Casting fou (Dean Martin ! Sammy Davis Jr ! Roger Moore ! Jackie Chan !), décontraction garantie.

Boogie Nights (Paul Thomas Anderson, 1997)

Après une traversée du désert et une reconversion télé dans les 90’s (la série Evening Shade), Burt Reynolds atteint l’âge où une nouvelle génération de cinéastes peut venir se prosterner à ses pieds. Sa rencontre avec Quentin Tarantino n’aura finalement pas lieu (Burt devait jouer dans Once Upon in Time in Hollywood, le prochain QT) mais il y aura quand même eu celle avec Paul Thomas Anderson, qui lui offrit son grand rôle crépusculaire, celui du producteur porno Jack Horner. La seule et unique nomination aux Oscars d’un acteur adoré du public, mais longtemps méprisé par la critique.