Paramount Pictures

Fable caustique et humaniste, Downsizing véhicule pas mal d’influences plus ou moins apparentes. On vous éclaire. 

Dans un futur indéterminé, l’Homme peut être réduit à une taille microscopique, ce qui permettrait de mieux combattre la pollution galopante. Une poignée de personnes acceptent ainsi de rétrécir, confinées dans des micro-univers supervisés par le reste de l’humanité. Dystopie grinçante, Downsizing révèle la part lumineuse d’Alexander Payne, misanthrope confirmé (The Descendants, Nebraska) devenu fabuliste joyeux. Son film brasse plusieurs influences/références, idéales pour cette rubrique.

 

 

L’homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957)

Un brouillard radioactif impacte la masse et la taille de Scott Carey, qui finit par devenir microscopique, loin des yeux, loin du monde des humains. Si dans Downsizing le rétrécissement est choisi, les deux films partagent une réflexion plus large sur l’acceptation d’être soi quand vos valeurs et le regard que les autres posent sur vous changent brutalement. Pour Paul Safranek, le héros de Downsizing, et Scott Carey, le vacillement de leur mariage est à l’origine d’une vaste remise en question personnelle qui les amènera à apprivoiser pour le meilleur le nouveau monde qui s’offre à eux.

Promised Land (Gus Van Sant, 2012) Matt Damon est le trait d’union entre les deux films, mais pas seulement. Dans Promised Land, il est surtout question de la menace que fait peser sur la population d’une ville de campagne l’extraction potentielle de gaz de schiste que vante le personnage joué par l’acteur. Le message écolo est clair, tout comme dans Downsizing où Matt Damon est faussement d’emblée acquis à la cause –il décide de rétrécir non pas par conviction marquée mais par effet de mode. Dans les deux cas, le héros effectue un chemin ascendant vers une prise de conscience “verte”.

Les horizons perdus (Frank Capra, 1937)

Une poignée d’individus en péril trouvent refuge dans un eden mystérieux régi par des codes humanistes sans équivalent et jalousement protégés par ses habitants. Nonobstant l’ironie dont est friand Payne et dont Capra est dépourvu, Les horizons perdus et Downsizing ont en commun une aspiration à l’utopie et à la foi dans la nature généreuse de l’humanité qui, cela ne fait aucun doute, s’épanouirait naturellement dans un cadre apaisé.

The Lobster (Yórgos Lánthimos, 2015)

Bon, OK, il fallait oser le parallèle avec la fable barrée du grec Yórgos Lánthimos, où le surréalisme le dispute à l’humour noir –pour rappel, des gens sont enfermés dans un hôtel pour y trouver un partenaire en 45 jours, sinon ils sont transformés en animal de leur choix. Pourtant, par son unité de lieu, son ton doux-amer (entre farce grinçante et histoire d’amour compliquée), et son dénouement ouvert, The Lobster a plus d’un point commun avec Downsizing.  

Django Unchained (Quentin Tarantino, 2013)

Avant Downsizing, Christoph Waltz a tenu ses deux meilleurs rôles chez Tarantino. Dans Django unchained, il prenait le contrepied du nazi sadique d’Inglourious Basterds en campant avec une nonchalance assez cool un libérateur d’esclaves, mentor du héros noir. C’est dans ce rôle de sidekick sympathique et roublard qu’il excelle encore dans Downsizing où il tire le héros vers le haut en le poussant dans les bras d’une réfugiée asiatique énergique –et boiteuse. 

Prochainement au Cinéma