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L'acteur a pourtant effectué lui-même la majeure partie de ses cascades.

France 2 a choisi cette semaine comme film du dimanche soir The Ryan Initiative, cinquième épisode de la saga Jack Ryan. A sa sortie il y a 3 ans, Première avant rencontré son interprète principal, Chris Pine. Flashback.

Jack Ryan, Jack Reacher, Jack Bauer… Qu’est-ce qui fait que ce prénom aille aussi bien aux héros de thriller ? Avec John, c’est sans doute le prénom qui fait le plus « mâle anglo-saxon »… Je n’en sais rien, en réalité. (Rires.) La sonorité y peut être pour quelque chose. « Jack ! » Ca sonne violent, agressif.

Après le Capitaine Kirk, vous voilà dans la peau de Jack Ryan. Vous aimez visiblement vous mesurer à des personnages iconiques… Je ne cours pas particulièrement après ce genre de rôle. Je suis un acteur qui a besoin de bosser, je n’ai pas encore les moyens de faire la fine bouche donc je prends ce qu’on veut bien m’offrir. On m’a proposé Jack Ryan, c’était un job séduisant, et j’ai foncé.

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Vous vous êtes replongé dans les précédents films de la saga ? Non, j’ai préféré ne pas les revoir. Je les avais tous vus à leur sortie, donc j’avais une sorte de bibliothèque à dispo dans un coin de ma tête. J’ai repensé à ce que j’avais aimé chez chacun de mes prédécesseurs. Avec Alec, le personnage était très masculin, expéditif, sûr de lui. Très Baldwin. Harrison Ford lui a apporté ce qui fait son charme, cette dimension de héros réticent qui préfèrerait être en famille plutôt que de sauver le monde, qui conduit une coccinelle alors que sa femme roule en Porsche. J’aimais cette humilité, que j’ai retrouvée dans le script de The Ryan Initiative.

Avez-vous assuré la majorité de vos cascades dans le film ? J’en ai fait le maximum, oui. Pour les scènes de poursuite en moto, j’avais une doublure incroyable, le même mec qui avait doublé Daniel Craig dans les derniers James Bond. La Ducati que je conduis dans le film est un monstre, une des bécanes les plus lourdes et les plus rapides sur le marché. Franchement, je ne recommande à personne de tenter ne serait-ce que la moitié de ce que j’ai fait avec dans les moments où c’est moi qui suis derrière le guidon. Je ne recommencerais même pas moi-même si on me le demandait… J’ai voulu jouer les durs, mais je ne suis clairement pas aussi badass que j’aimerais le croire.

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On parlait de personnages iconiques… Avez-vous eu plus de facilité à vous glisser dans la peau de Jack Ryan que dans celle du Capitaine Kirk ? Un peu, oui, dans le sens où William Shatner avait laissé une empreinte assez indélébile sur le rôle de Kirk alors que Jack Ryan avait déjà été interprété par plusieurs comédiens différents. C’est aussi un personnage qui a toujours été plus ou moins en retrait, il est là pour faire avancer l’intrigue et ne prend jamais le pas sur l’histoire. Cherevin, le méchant incarné par Kenneth Branagh dans The Ryan Initiative, est aussi important que Jack Ryan à mes yeux.

Justement, vous avez des scènes assez démentes avec Kenneth Branagh, notamment celle où Ryan rencontre Cherevin dans son bureau… J’étais hyper nerveux à l’idée de la tourner, car il s’agit d’un pur duel verbal entre Kenneth et moi. Et il me met complètement à l’amende dans cette scène… Ça fonctionne bien dans le contexte du film, mais mon égo d’acteur a beaucoup souffert. (Rires.) Pareil avec Kevin (Costner), qui est un maître absolu. Dans la scène de « thérapie de couple », comme je l’appelle, où l’on débat de l’implication potentielle de Keira (Knightley) dans la mission, il croise ses jambes d’une certaine manière et fait ce truc avec ces mains à la Steve McQueen… Je le regardais en me disant : « Bon sang, l’enfoiré… » J’étais fasciné par sa précision, le détail qu’il met dans son jeu. C’est là que vous voyez la différence entre quelque qu’un comme moi et Kevin, qui a 25 ans de carrière derrière lui.

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Vous êtes toujours aussi dur avec vous-même ? Je peux être assez brutal, oui. Mais ça s’arrange avec le temps – et l’âge. Je me prends nettement moins au sérieux qu’avant.
Interview Mathieu Carratier

The Ryan Initiative de Kenneth Branagh, avec Chris Pine, Kevin Costner, Keira Knightley, sera diffusé ce soir sur France 2. Extrait :