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César 2011 : Retour sur un palmares très juste

26/02/2011 - 02h14
  • 42
César 2011 : Retour sur un palmares très juste

Retour sur les résultats de la 36ème cérémonie des César. Un palmarès digne de Salomon : juste et sage, contre tout ce qui avait été pronostiqué.


On a été un peu vite en besogne. Trop vite pensé que la 36ème cérémonie des César pourrait reproduire le schéma des César 2010, où un film d’auteur austère et puissant avait raflé la mise (9 César pour Un Prophète de Jacques Audiard). Problème : Xavier Beauvois n’est pas Audiard et ses Dieux ne sont pas son Prophète. On avait donc parié trop vite sur le sacre (Ô saint) des Hommes et des dieux. Or, on le sait, les voies du seigneur et des membres de l’académie sont impénétrables. Alors, OK, Beauvois ne repart pas bredouille (3 César : celui du meilleur film, de la meilleure photo et du meilleur second rôle pour Lonsdale); mais par rapport à ce que tout le monde lui promettait, c’est tout comme. Et la cérémonie a du coup gardé un gout de suspens jusqu'au bout... Beauvois ? Polanski ? Beauvois ? Polanski ?


Le véritable winner de cette soirée aura finalement été Roman Polanski. Cité à tout bout de champ (par Edgar Ramirez, par Jodie Foster...), gagnant (haut la main) des gros plans caméras dans la salle, le cinéaste rafle 4 statuettes. Celles du meilleur réalisateur, de la meilleure adaptation, de la meilleure musique et du meilleur montage.
Evidemment, on entend déjà une partie de la vox populi rejouer le match de l’année dernière et raviver la tension autour du cas Polanski. Un César de copinage ? L’autosatisfecit d’une profession qui s’était levé comme un seul homme pour défendre le cinéaste attaqué par les américains ? Impossible d’y échapper surtout que Polanski a fini The Ghost Writer en prison et que le film doit se lire entre les lignes comme l’autoportrait du cinéaste en homme traqué. Mais c’est manquer le plus important : The Ghost Writer est un bon film, réalisé par un grand cinéaste. Fantaisie parano-ludique où le magnétisme polanskien fonctionne à fond, The Ghost Writer est un film qui, de l’écriture à la griserie esthétique, de la direction d’acteur à la musique, affirme la supériorité du cinéaste. Même si on peut y trouver quelques défauts (le dénouement), pas la peine de tergiverser : ses César étaient vraiment mérités. Tout comme ceux de Beauvois. Des Hommes et des Dieux est un film en état de grâce (donc justement Césarisé) porté par la photo monstrueuse de Champetier (césarisée) et la présence joyeusement imposante de Lonsdale (Césarisé). Tout est à sa place. D'une justice imparable.


Justice aussi du côté des acteurs. Face aux monstres sacrés qu’on annonçait triomphants ce soir (Deneuve et Depardieu) c’est finalement la jeune génération qui aura été récompensée. Une fois encore, contre tous les pronostics. Sara Forestier est géniale dans Le Nom des gens et ce qu’elle y accomplit en terme de comédie est à des coudées au-dessus de l'interprétation de Catherine Deneuve dans Potiche. Eric Elmosnino est un Gainsbourg très convaincant. C’était la perf de l’année, et dans un biopic : l'exercice suprême pour un acteur. Un sans faute là aussi et des récompenses imparables.


Triomphe des jeunes talents, couronnement de Beauvois et Polanski, le prix pour Ramirez... tout est juste dans ce palmarès qui utilise le saupoudrage comme arme de diplomatie artistique. Trop ? Fake ? On peut penser que ça frôle parfois le risible, notamment pour les César techniques ou les courts-métrages : Logorama est un film d’animation génial, mais qu’on a déjà vu partout ailleurs (aux Oscars et à Cannes en 2010). Le César du meilleur costume attribué au seul film en costume ? Hmmm. Celui du meilleur son au film musical ? OK. C'est à ce moment là que les limites de l'exercice d'équilibriste se font le plus sentir. Là, également qu'on se rappelle que tous les films un peu provocants, différents, avaient été consciencieusement évacués des nominations. Vénus Noire ? une seule nomination, qu'on s'empresse d'oublier au palmarès. Enter the void ? Aucune.


Mais on commence à faire les difficiles. Car on doit surtout remarquer que ce qui avait été entamé l'année dernière avec le sacre de Tahar Rahim se perpétue cette année. Malgré le (faux) scandale des Petits Mouchoirs, les César prennent en compte l'arrivée d'une jeune génération (le symbole Leila Bekhti) et s'ouvrent sur un cinéma diversifié, engageant qui ne renie plus la comédie, consacrent des films d'auteur et des films populaires. Tout juste on vous dit.


Et c'est pareil pour la présentation. Ces dernières années les présentations catastrophiques de Valérie Lemercier en avaient embarrassé plus d’un (vous vous souvenez du zouk ? Et de Rabbi Jacob ?). Cette année, De Caunes a rempli son office, sérieusement. Ses blagues acerbes, provocs, et ses petits sketchs étaient bien sentis. OK, il a refait ce que Billy Crystal faisait pour les Oscars il y a 15 ans, ressortis ses vannes d'Eurotrash. Mais il l'a fait avec un certain talent et une belle aisance. Et s'il y a eu des ratés (le simili western et le sketch nul d'Elie Seimoun), ils n'ont jamais été catastrophiques, et ont finalement rythmé la soirée.


Dans cet océan de justesse, on saluera une dernière fois Sara Forestier. Ses blagues sur sa culotte et sur sa virginité, sa robe incroyable, son remerciement à Kechiche, le grand absent... Tout sonnait vrai. Pas juste cette fois, mais tranché. Inspiré. Elle aussi, mais d'une autre manière, a contribué à la réussite de ces César 2011.

Gaël Golhen

En savoir plus
Des Hommes Et Des Dieux
The Ghost-Writer
Gainsbourg (Vie Heroique)
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COMMENTAIRES
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justes les césars? ET POLISSE? et qui est donc cette MEILLEURE ACTRICE? QUID DE Karine Viard? c'est vraiment désolant!
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Anonyme | le 25/02/2012 à 00h08 | Signaler un abus
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justes les césars? ET POLISSE? et qui est donc cette MEILLEURE ACTRICE? QUID DE Karine Viard? c'est vraiment désolant!
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Anonyme | le 25/02/2012 à 00h06 | Signaler un abus
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Cérémonie nulle à tous niveaux,palmarès,présentateur,sketches...et vulgarité...la petite culotte da l'actrice (?),ça valait le coup de préparer une niaiserie parfaite...sorry Ms Foster
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Anonyme | le 05/03/2011 à 20h50 | Signaler un abus
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@ 20h09 du samedi 26 février.. : ça c'est du condensé incisif ! et bien rédigé en plus !!! et donc...suis bien d'accord itou avec l'analyse ..tout est dit, et "bien dit" !
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Anonyme | le 03/03/2011 à 00h04 | Signaler un abus
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L’artiste et… l’homme Et le César du meilleur réalisateur est remis à… Roman Polanski. L’occasion de récompenser le talent du cinéaste et de passer sous silence une fois de plus les agissements de l’homme, qui a drogué et violé une gamine de 13 ans. Le talent, la célébrité et le fric n’autorisent pas à commettre des crimes et à bénéficier d’une quelconque impunité face à la justice. Or pour de tels actes, Polanski a écopé de 40 jours de prison (moins que pour un vol de scooter !) et d’une gentillette assignation à résidence, événement dénoncé par des ministres ( !) et des membres du showbizz (Johnny Depp...) qui n’ont pas hésité à se servir de leur pouvoir et de leur notoriété pour dénoncer un « complot » ou un « piège ». Défendriez-vous de tels actes s’ils avaient été commis non par un cinéaste mais par un « simple » plombier, électricien ou… SDF ? Seriez-vous aussi indulgent s’il s’en était pris à votre fille, votre petite amie ou votre mère ? Loin d’être un fait divers ignoble parmi d’autres, cette histoire illustre parfaitement l’issue des conflits entre célébrités et anonymes, riches et pauvres, hommes et femmes, et nous rappelle que les droits des femmes (êtres humains ?) sont encore loin d’être respectés.
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cassio0 | le 02/03/2011 à 14h46 | Signaler un abus
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Valérie Lemercier en a embarrassé plus d'un ? Première nouvelle. Les Césars sans la grande Lemercier ne sont pas les Césars. Ses entrées fracassantes, ses blagues décapantes, ses chorégraphies, ses provocations pour bouger un public coincé et sa présence... De caunes est bien gentil, mais il ne lui arrive pas à la cheville. Je vote pour un retour de Valérie et Gad l'année prochaine ! Sinon, je suis d'accord pour le reste.
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Anonyme | le 28/02/2011 à 00h30 | Signaler un abus
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Polanski...ce qui me désole c'est que tout ces acteurs qui ont signé la pétition pour défendre l'impardonnable qu'un etre humain puisse faire mais la c'est un homme du cinéma et attention ne touchons à ce monde là par contre toutes ces selébrités représentent parfois des assos qui défendent des victimes qui ont subi les memes horreurs qu'un violeur fait subir a ses victimes oui mais la c'est polanski il fait appelle a des acteurs pour ses films et ça change tout! honte a eux tous. regarder la video ou V lemercier prend la défense de celui ci je la trouve vraiment hautaine . ils seront pas pret de signer des petitions pour une meilleur justice pour nous tous on a pas le chance d'avoir les médias ni leur notoriété pour s'exprimer.et oui mais nous autre nous allons qu'au cinéma!!!!...
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Anonyme | le 27/02/2011 à 17h09 | Signaler un abus
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Polanski a eu son César pour des raisons politiques ok mais son film est aussi excellent avec une mise en scène parfaite alors faut pas non plus être aussi raleur !!!! sinon ce n'est pas les contribuables qui donnent leur revenu, ils ne sont pas des fonctionnaires à ce que je sache !!!!!!!!!! faut arreter la démagogie, ce n'est pas le cnc qui donne les salaires !!!!!!!!!
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Anonyme | le 27/02/2011 à 16h47 | Signaler un abus
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Il ne faut pas oublier que le cinéma français reste une "grande famille" ! On soutient forcément les membresde sa famille et il est mal vu et même déplacé de nuire à l'un d'entre eux. Surtout que beaucoup veulent entrer ou rester dans la famille car cela rapporte beaucoup. Alors on est prêt à faire de grand sourire devant les objectifs, avaler des couleuvres sur le soit-disant mérite de l'une ou l'autre, s'écraser devant le verdict des votes et sauver la famille en primant le génie dévoyé. Qui sait il pourra peut-être me prendre dans son prochain film ... The show must go on! et n'oubliez braves gens de venir voir nos films car nous ne faisont pas tous ces sacrifices pour la beauté de l'art et surtout pas de gaité de coeur (personne aurait aimé que cela soit sa fille qui passe un salemoment avec Polanski), mais il faut bien profiter de cette notoriété à bon compte, la vie est si courte ...
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Anonyme | le 26/02/2011 à 22h53 | Signaler un abus
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20h09 bien dit !
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Anonyme | le 26/02/2011 à 22h05 | Signaler un abus
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