Carte Postale de Deauville. Jour 1 : Coppola sous la pluie
Le 37ème Festival du cinéma américain de Deauville, vient de s'ouvrir avec ses films, ses stars et ses tapis rouge… Tous les jours, retrouvez les coulisses de cette 37e édition.Aujourd'hui, Coppola et Drive
Bulletin météo
Samedi 3 septembre, 10h45. Une nuée de festivaliers débarque à la gare de Deauville. Venus pour le 37e Festival et le tapis rouge, ils trouvent le ciel gris et la pluie. « C’est un cauchemar », commente une Parisienne dans la file des taxis. Notre chauffeur promet que la purée de pois va se lever. Dix heures plus tard, sur le tapis rouge, on distinguera un rayon de soleil derrière les nuages.
Monstre sacré
Les adorateurs de Francis Ford Coppola ont rendez-vous avec le maître pour une conversation au centre des congrès de Deauville. Coppola ? Cinq Oscars, deux Palmes d’or et une paire de chaussettes mauves. Portées tire-bouchonnées dans des chaussures bateau. Une fan arrive en retard et se glisse discrètement au premier rang. C’est Chiara Mastroianni, membre du jury cette année. Elle n’a pas le temps de répondre à nos questions : « Je dois rejoindre mon fils », s’excuse la comédienne. C’est parti pour une heure et demie de discussion avec le réalisateur d’Apocalypse Now. Posé, ouvert, il se prête au jeu des questions du public. Certaines l’inspirent – on apprend que l’anniversaire surprise du Parrain II a été improvisé en catastrophe, un jour où Marlon Brando lui avait fait faux bond. D’autres sont déconcertantes : un fan, qui se dit producteur débutant, propose à Coppola un « petit cadeau ». Le réalisateur refuse, « sauf si c’est une bouteille de Cognac ou de Calvados ». Le jeune homme entame une diatribe sur la difficulté de débuter dans le cinéma en France. L’assistance échange des regards gênés, des rires nerveux fusent. Le maître met fin à cette complainte en saluant le rôle du ministère de la Culture et des subventions, inexistants à Hollywood. Cette master class, fut surtout l’occasion de découvrir certains petits secrets du réalisateur :
- Il appelle Robert De Niro « Bobby ».
- L’un de ses films préférés est Cendres et diamant, du Polonais Andrzej Wajda.
- Son Star Wars favori est L’empire contre attaque.
- Il a convaincu Brando de jouer dans Le Parrain en lui offrant du vin et des petits gâteaux italiens.
- Lors des réunions de famille, dans ses vignes d’Inglenook, en Californie, ils montent tous ensemble une pièce en un acte à laquelle tous participent, pour donner aux petits le goût du spectacle. La recette a fonctionné avec ses enfants, Sofia et Roman, et ses neveux, Nicolas Cage et Jason Schwartzman.
La Phrase du jour
"Le cinéma commercial refait toujours le même film". Francis Ford Coppola
People or not people ?
Samedi soir, 20h30. Les chanceux ayant récupéré une invitation affluent au CID. Sur le tapis rouge, on reconnaît Jacques Chancel ou Laurent Gerra, des habitués ; Henry Chapier, en chemise poussin et cravate bleu ciel ; les sœurs Carmen et Dolores Chaplin, juchées sur des talons périlleux… Le chorégraphe Angelin Preljocaj, nous accorde quelques minutes pour parler de son statut de membre du jury et de la danse, qu’il met entre parenthèse pendant le festival.
Drive crazy
Dans la salle bondée, le public réserve un accueil enthousiaste à Nicolas Winding Refn, venu présenter Drive, prix de la mise en scène à Cannes (sortie le 5 octobre). Le discours hilarant du jeune réalisateur danois ne prépare pas le public à la projection qui suit. Ryan Gosling (prix du « Nouvel Hollywood » du festival, mais absent car en tournage) y campe un chauffeur professionnel, héros nameless, cascadeur le jour et taxi pour braqueurs la nuit. Polar ultra-esthétique traversé de flashs de violence hardcore, Drive est une bombe portée par un Ryan Gosling intense, racé (ahhhh.... son manteau) et sous pression. Et, si le film joue à fond du changement de vitesse passant de la douceur aux coup de lattes, les spectateurs qui n'avaient pas accroché leur ceinture ne sont pas sortis indemne. Une mère et ses deux jeunes filles quittent la salle quand un type s'acharne sur sa victime à coups de fourchette. Dommage, elles ratent les scènes de torture avec marteau, rasoir et coup de talon. Quand les lumières se rallument, quelques huées se mêlent aux applaudissements. On a choisi notre camp !
Julie Coste
- Les plus populaires
- Les plus récents
- Les plus anciens
-
Robert Pattinson sur les marches !
25/05/2012 - 20h47 -
Nicole et Clive, la classe ultime
25/05/2012 - 19h12 -
Rencontre avec Ken Burns
25/05/2012 - 19h07 -
Fallait pas rater ça : l'essentiel de l'actu people en 5 clics !
25/05/2012 - 18h30 -
Alec Baldwin : conseils de couple
25/05/2012 - 18h04
